Le cycliste Hugo Houle, à gauche, a déjà avisé les Catherine Leblanc du Tour de Beauce et Martin Rancourt de Beauce Art qu'il entend enlever les grands honneurs de l'éreintante compétition.

Du Giro d'Italie au Tour de Beauce

«Mon but, c'est de gagner la course!» prévient Hugo Houle. Le réservoir de confiance rempli après son deuxième Giro d'Italie, le cycliste de Sainte-Perpétue s'amène au 31e Tour de Beauce gonflé à bloc.
«Je vais arriver là prêt, et pas rien que sur une jambe», assure le membre de l'équipe Pro Tour française AG2R La Mondiale, dont il devra toutefois se passer sur les routes beauceronnes, du 15 au 19 juin. C'est au sein d'une formation nationale canadienne réunissant vétérans et espoirs qu'il rivalisera avec les Chris Horner (Lupus) et autres Ryan Roth (Silber).
En lice pour les Jeux olympiques, Houle estime toutefois que l'épreuve québécoise, plus vieille course par étapes en Amérique du Nord, n'influencera pas les choix des décideurs de Cyclisme Canada en vue de Rio.
«Ils ont déjà tout ce qu'il leur faut pour décider, croit-il. J'ai connu un bon début de saison et ensuite un bon Giro, où j'ai prouvé ma forme. La Beauce, c'est plus une démarche personnelle. On est chanceux d'avoir une telle course et c'est la seule par étapes de ce niveau au Québec.
«Je veux transmettre aux jeunes ce que j'ai acquis en Europe, en inspirer certains comme j'ai été inspiré moi-même et peut-être permettre de produire d'autres Hugo Houle», affirme-t-il.
Cicatrice
Houle en sera à son cinquième Tour de Beauce. La dernière fois, en 2013, il en garde une cicatrice bien visible sur la hanche gauche. Une sévère chute au pied d'une descente dès la première étape, à Lac-Etchemin, lui avait arraché quelques lambeaux de peau et sonné la fin de son Tour. L'année précédente, en 2012, Houle avait fini deuxième au classement cumulatif.
Quant à l'épreuve olympique, il l'estime aussi prestigieuse que les grands tours de France, d'Italie et d'Espagne, mais «pas mal moins souffrante» parce que courue sur une seule journée, souligne celui qui vient de terminer dimanche les 3463 km en 24 jours du Giro. Il se dit maintenant «en droit de demander à l'équipe de participer au Tour de France» à compter de l'an prochain. 
Pour Rio, en août, Houle lutte pour l'une des trois places canadiennes avec Ryder Hesjedal, Svein Tuft, Micheal Woods, Christian Meier et Antoine Duchesne, Québécois de la Française Europcar qui prendra le départ du Critérium du Dauphiné la semaine prochaine.
Critérium en haute-ville
En plus des étapes classiques dans la campagne beauceronne, au mont Mégantic et au centre-ville de Saint-Georges, le Tour de Beauce revient à Québec pour une 25e année. Cette fois avec un critérium le samedi 18 juin en après-midi, travaux routiers obligent sur les plaines d'Abraham et dans la côte de Sillery.
«Les travaux nous ont forcés à ça, mais si le format est intéressant, pourquoi ne pas le garder?» lance le directeur général du Tour de Beauce, Francis Rancourt. Les coureurs rouleront 35 fois une boucle créée par le quadrilatère du boulevard René-Lévesque, de la rue Claire-Fontaine, de la Grande Allée et de l'avenue Honoré-Mercier.
Plusieurs autres cyclistes québécois pédaleront la Beauce encore cette année, dont Pierrick Naud (Rally), Guillaume Boivin (Cycling Academy), Bruno Langlois (Garneau), dont ce sera le 19e Tour de Beauce, et de nombreux membres de la relève.
Braver les montées de Charlevoix en apéritif
<p>Antoine Duchesne</p>
Avant d'accéder au Tour de Beauce, plusieurs cyclistes québécois se seront fait mal dans les côtes du Grand Prix de Charlevoix. La compétition ralliant espoirs et vétérans se tient justement en fin de semaine dans les hauteurs de cette belle région.
Quatre étapes seront courues de vendredi à dimanche. Vendredi soir à Baie-Saint-Paul, les concurrents les plus aguerris s'échineront sur un circuit de 1,2 km, dont ils feront 35 fois le tour, pour un critérium de 42 km.
Puis un contre-la-montre de 15,7 km les attend samedi matin dans la Vallée du Gouffre, sur le chemin Saint-Laurent, avant de s'attaquer à l'ascension de la côte Sainte-Croix, en après-midi. Un parcours de 12 km atteignant jusqu'à 24 % d'inclinaison ! Le tout se conclut par une étape routière classique de 126 km, dimanche.
Au fil des ans, les Hugo Houle (AG2R), Antoine Duchesne (Europcar) et David Veilleux (retraité) se sont tous fait les jambes dans les montées du Grand Prix de Charlevoix avant d'atteindre les rangs professionnels européens.
L'an dernier, c'est justement un cycliste de montagne, Antoine Caron, qui avait cumulé le meilleur temps au total des quatre étapes. Chez les femmes, Catherine Ouellette avait été la plus rapide.
Grands Rendez-Vous cyclistes de Charlevoix
Le Grand Prix lance les Grands Rendez-Vous cyclistes de Charlevoix, toute une saison d'événements sur deux roues. Dimanche, les amateurs pourront justement se comparer à l'élite en reprenant l'étape de 126 km pour un granfondo ou encore se contenter de 83 km.
Les championnats canadiens de vélo de montagne, du 14 au 17 juillet, constitueront l'autre moment fort de l'été cycliste charlevoisien, en plus d'un enduro, un raid et deux coupes régionales de cross-country.