Quelques minutes après le but d’Artemi Kniazev en deuxième période, Raphaël Lavoie a placé les Chicoutimiens en plein contrôle, redirigeant la passe de Christophe Farmer pour son 36e but de la saison, son 18e depuis son acquisition par les Sags.

Les Sags battent le Drakkar 5-1 lors du match vintage [PHOTOS] 

Après avoir confirmé leur premier titre de division depuis 2002 samedi, les joueurs des Saguenéens ont fait honneur à leur uniforme d’époque orange pour compléter une fin de semaine parfaite, dimanche, avec la 950e victoire de l’organisation à domicile, au compte de 5-1 face au Drakkar de Baie-Comeau lors du match vintage pour souligner le 40e anniversaire de la Corporation de recherche et d’action sur les maladies héréditaires (CORAMH).

Les Sags ont atteint le plateau à leur 1640e rencontre devant leurs partisans et, ironie du sort, lors du match spécial où ils avaient ressorti l’uniforme orange qu’ils ont porté de 1979 à 1984. Depuis 1973, ils montrent une fiche à domicile de 950 victoires, 538 défaites, 75 nulles et 60 revers en temps supplémentaire. Les Sags ont maintenant remporté les huit premiers affrontements face au Drakkar cette saison et n’ont permis qu’un seul but lors de leurs cinq derniers matchs, cinq victoires.

« Nonobstant l’adversaire, c’est un match où on a continué de jouer de la même manière que dernièrement. On donne peu de chances de marquer. On en avait permis seulement quatre après deux périodes. On se concentre sur nous, que ce soit Rimouski samedi ou Baie-Comeau. On voyait ça un peu comme un piège. Les joueurs ont démontré de la maturité pour s’assurer de bien se préparer et s’assurer que même si on avait joué un gros match hier, on recommençait à zéro », a noté dans son point de presse l’entraîneur-chef Yanick Jean, convenant que le jeu de ses troupiers commençait vraiment à ressembler à ce qu’il veut voir en séries.

«Ce n’est pas juste les buts, c’est aussi le nombre de chances de marquer de l’adversaire, a-t-il repris, rappelant les dix chances de marquer la veille pour l’Océanic.  Il n’y a pas de secret. Il faut que tes bons joueurs se présentent et c’est ce qui se passe match après match. En équipe, on joue bien dans notre structure, beaucoup plus serré qu’il y a un mois. On a fait un énorme progrès dans les deux dernières semaines. On veut continuer de bâtir et ne pas faire de pas de reculons.»

Les deux équipes se sont étudiées de longues minutes en début de rencontre avant que le jeu s’anime en deuxième moitié de l’engagement initial. Lentement, mais sûrement, les locaux ont imposé leur rythme, passant beaucoup de temps en zone adverse. Vladislav Kotkov a finalement brisé l’égalité en fin d’engagement, coupant habilement dans l’enclave avant de déjouer tout aussi habilement le gardien Lucas Fitzpatrick qui n’a pu que regarder la rondelle franchir la ligne rouge. 

Après deux supériorités numériques plutôt laborieuses, les Sags ont frappé à leur troisième occasion avec l’avantage d’un homme. Le plomb d’Artemi Kniazev sur réception a été plus rapide que les réflexes de Fitzpatrick, battu du côté de la mitaine. L’attaque massive des Sags semble maintenant pleinement en marche, ayant produit au moins une fois lors des 11 derniers matchs, fonctionnant à plus de 30 % au cours de cette période. Quelques minutes plus tard, Raphaël Lavoie a placé les Chicoutimiens en plein contrôle, redirigeant la passe de Christophe Farmer pour son 36e de la saison, son 18e depuis son acquisition par les Sags. Tout comme l’attaque massive des Sags, Lavoie fonctionne à plein régime depuis un mois, ayant obtenu dimanche un point dans un 16e match de suite. Au cours de cette séquence, il montre une récolte de 24 points. 

En fin de période, une séquence bizarre a mené à un but du Drakkar qui a été refusé après révision. Voyant que son filet avait été déplacé, Anthony Pagliarulo a quitté vers le banc des siens et le jeu s’est poursuivi quelques secondes avant que les visiteurs marquent dans une cage déserte, mais sans dommage pour les Sags. Ce n’était que partie remise pour les représentants de la Côte-Nord qui ont finalement cassé la glace, en tout début de troisième, quand Xavier Fortin, oublié dans l’enclave, a habilement déjoué Pagliarulo.

Le Drakkar a ensuite obtenu quelques bonnes chances, sans réussir à s’approcher encore plus et les Sags se sont assurés de fermer la porte avec deux autres buts rapides. Le tir du défenseur Michael Pellerin a été partiellement bloqué, mais Vladislav Kotkov a fait le reste du travail au retour. Puis l’attaque massive chicoutimienne a de nouveau fait mouche. Les trois étoiles, Rafaël Harvey-Pinard, Raphaël Lavoie et Artemi Kniazev, ont uni leurs efforts, ce qui a mené à une frappe du capitaine dans la partie supérieure.

« Marquer le quatrième but rapidement nous a aidé, a laissé tomber le pilote des Bleus. Quand tu as donné quatre buts en quatre matchs, même si l’adversaire en marque un, je ne pense pas que personne paniquait. Par contre, on a donné des chances de qualité et on a manqué des couvertures défensives après ce but. En général, on n'avait aucune raison de paniquer», d’indiquer Yanick Jean, soulignant le travail du gardien Anthony Pagliarulo qui a rebondi après un passage à vide, ayant remporté ses deux dernières décisions, permettant seulement deux buts.  

« Ce ne sont pas nécessairement des matchs faciles. Quand tu n’as pas de chances contre toi, oui tu as les devants mais par seulement un ou deux buts. Je pense qu’il a fait quelques bons arrêts à de bons moments pour lui donner confiance », de souligner le pilote des Bleus qui a bien aimé l’ambiance pour ce match spécial, ayant encore son manteau de circonstance lors de son point de presse. 

« Comme d’habitude, les gens de l’administration font un travail incroyable dans la préparation de ces événements. C’est le fun de pouvoir leur rendre aussi avec une bonne performance », a-t-il exprimé. 

Le Drakkar au bout du rouleau

La fatigue s’est fait sentir dans le camp du Drakkar pour cette rencontre qui tombait à un bien mauvais moment. 

Avec la reprise du match qui devait initialement être avoir lieu un mois plus tôt, les joueurs de la Côte-Nord se retrouvaient donc à disputer un troisième match en trois soirs pour conclure un voyage qui avait débuté à Gatineau et poursuivi à Blainville samedi. Le Drakkar concluait du même coup une séquence de cinq matchs en huit jours, face à une puissance du circuit.  

«À la fin de la journée, on sait la différence en terme de talent de Chicoutimi, mais aussi de l’expérience. Je peux dire que même si on a perdu 5-1, il y a certains aspects qu’on a aimé du match. On n’a pas baissé les épaules, ce qui nous était arrivé quelques fois dans les dix derniers matchs. On n’a pas lâché. Je ne suis pas d’accord avec toutes les punitions, mais on n’a pas baissé les bras. C’est sûr et certain qu’on était fatigués. On a plusieurs jeunes qui jouent plusieurs minutes à l’attaque. On n’a pas le choix de les jouer. Tu ne peux pas arriver l’an prochain avec de l’expérience si tu ne joues pas », de pointer l’entraîneur-chef Jon Goyens, convenant qu’un retour à Chicoutimi mercredi n’était pas non plus l’idéal pour les études des joueurs. 

Même si ses protégés ont perdu un huitième match en autant de duels face aux Sags, qu'ils pourraient bien revoir au premier tour éliminatoire, Jon Goyens a plaidé que ses troupiers avaient tout de même offert des performances de qualité face aux champions de la division Est, s’inclinant deux fois en temps supplémentaire. Les Sags font toutefois preuve de plus d’opportunisme.  

« C’est la différence, d’estimer Jon Goyens. Nous, c’est une chance et ça revient l’autre bord. Eux, c’est une chance et deux ou trois retours pour rattraper le momentum. Au moins, on n’a pas baissé les épaules et les jeunes prennent de l’expérience», de faire valoir l’entraîneur-chef recrue avec le Drakkar. 

«On a battu Moncton après Noël, a-t-il rappelé. Ce n’est pas une potion magique ou un des mes discours qui va changer quelque chose. Ce n’est pas un film. On doit minimiser nos erreurs, garder le jeu devant nous, être disciplinés dans notre plan de match pour se donner une chance une période à la fois. Je sais que c’est cliché et plate un peu, mais on ne sait jamais.»

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POINTES DE PLUME

• Plusieurs clins d’oeil au passé ont été faits tout au long de cette soirée spéciale au profit de la Corporation de recherche et d’action sur les maladies héréditaires (CORAMH), que ce soit avec la musique d’époque ou encore avec la présentation de publicités d’antan sur l’écran géant. Les entraîneurs des Sags portaient également le manteau de circonstance. La vente de forfaits comprenant notamment l’un des 24 chandails autographiés par le joueur qui le portait ainsi que Guy Carbonneau a permis de remettre à l’organisme la somme de 27 500 $. 

• Même s’il a été blanchi dans un revers par blanchissage des Voltigeurs 4-0 à Moncton, l’ancien attaquant des Sags William Dufour fera assurément partie de l’équipe de la semaine dans Ligue de hockey junior majeur du Québec. Échangé aux Voltigeurs dans la transaction ayant amené Dawson Mercer à Chicoutimi, le joueur de 18 ans a réussi ses deux premiers tours du chapeau en carrière, vendredi et samedi, amassant neuf points. Depuis son arrivée à Drummondville, Dufour a retrouvé confiance avec 33 points en 28 rencontres. 

• Parlant des Wildcats qui ont été surpris samedi par les Remparts, ils ont cinq points d’avance sur les Sags en tête de la conférence Est, mais les Chicoutimiens ont un match en main. 

• Les Sags devaient de nouveau se débrouiller sans six réguliers, soit les attaquants Dawson Mercer, Xavier Labrecque, Justin Ducharme et Hendrix Lapierre, ainsi que les défenseurs Patrick Kyte et Félix-Antoine Drolet. 

• Les deux rivaux ont de nouveau rendez-vous sur la patinoire du centre Georges-Vézina, mercredi soir. Le dixième et dernier duel entre les Sags et le Drakkar sera ensuite disputé dimanche prochain, à Baie-Comeau. 

• Le juge de lignes Olivier Cimon travaillait dans un 500e match en carrière, dimanche, ce qui a été souligné en fin de rencontre.