Patrick Roy n'a pas mâché ses mots envers la Ligue canadienne de hockey.
Patrick Roy n'a pas mâché ses mots envers la Ligue canadienne de hockey.

Dossier européen: Patrick Roy ne mâche pas ses mots envers la LCH

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
En même temps qu’il se réjouissait de l’arrivée des deux joueurs finlandais à Québec, mercredi en point de presse, Patrick Roy ne mâchait pas ses mots envers la Ligue canadienne de hockey, entité nationale qui gère les trois ligues de hockey junior majeur au pays.

Si les Remparts ont mis tous les efforts pour parvenir à faire rentrer Viljami Marjala et Aapo Siivonen au pays ces derniers temps, c’est parce qu’ils ne sentaient pas avoir l’appui nécessaire de la LCH dans ce dossier.

«Je ne le cacherai pas, je suis extrêmement déçu de la Ligue canadienne. Quand tu fais un repêchage européen, ça te prend un plan et une plus grande vision que celle démontrée. Le commissaire de la LCH, c’est pas fort, vraiment pas fort. Il aurait dû y avoir un lobbyiste pour aider toutes les équipes à avoir leurs joueurs. À partir du moment où Victoriaville, Blainville et Shawinigan les ont, désolé, mais c’était à nous de trouver une façon de les amener ici et c’est ce qu’on a fait», disait l’entraîneur-chef et directeur général des Diables rouges en parlant de Dan MacKenzie, grand patron de la LCH.

Il n’en voulait surtout pas à la LHJMQ ni à l’adjoint au commissaire, Martin Lavallée.

«Ce serait facile de lui lancer des flèches, mais notre Ligue n’est pas responsable. Pour moi, la LCH a manqué de respect envers notre ligue. Si ç’a avait été en Ontario, est-ce que les gars seraient déjà arrivés, oui ou non? On va le savoir assez vite parce qu’ils commencent bientôt. Je souhaite me tromper…», ajoutait Roy.

Deux semaines

Pendant que rien ne bougeait du côté de la LCH, les Remparts de Québec n’auront eu besoin d’attendre que deux petites semaines avant de voir les Finlandais Viljami Marjala et Aaop Siivonen obtenir la permission de s’amener au Canada grâce à l’intervention d’un cabinet d’avocats de Toronto.

À ceux qui y verraient encore un avantage à leur égard ou un tour de passe-passe, l’entraîneur-chef et directeur général de l’équipe parlait plutôt d’une débrouillardise qui pourrait rendre service aux autres équipes de la LHJMQ.

«Ça faisait deux mois qu’on discutait avec la Ligue et le dossier n’avançait pas à la vitesse qu’on espérait. Comme la majorité des équipes le font, on essayait de trouver une façon de les faire rentrer au pays. On a pris une chance sur le permis de travail, et ç’a bien fonctionné. On n’est pas les seuls, Victoriaville a ses deux joueurs, Blainville-Boisbriand a le sien et c’est la même chose à Shawinigan. Il n’y a pas de secret, car la seule manière de rentrer, c’est avec le permis de travail. On ne peut pas le faire sur un visa de visiteur ou d’étudiant, c’est quasiment impossible. À leur réveil [mercredi], certains clubs étaient peut-être fâchés contre nous, mais s’ils avaient pu, ils auraient fait la même chose. On a reçu plusieurs appels, on est là pour les aider, même si ça revient plus à la Ligue qu’à nous, mais si ça permet aux autres d’équipes d’avoir leurs joueurs et à notre ligue d’être encore meilleure, pourquoi pas?» expliquait Roy à propos de la démarche ayant favorisé l’arrivée des deux joueurs.

Pas des travailleurs

En marge du point de presse annonçant la suspension des activités des 12 équipes québécoises de la LHJMQ jusqu'au 28 octobre, le commissaire Gilles Courteau a réitéré la position de la Ligue à l'effet que les joueurs de hockey junior au Canada n'étaient pas des travailleurs.

«On ne peut pas considérer aucun joueur de la LHJMQ comme étant un employé, le statut qu'on a obtenu des instances gouvernementales du Canada et des États-Unis est celui d'athlète amateur étudiant, pas celui de travailleur. On va continuer le même travail qu'on fait depuis le mois d'août avec les agences gouvernementales, c'est un dossier qui demande beaucoup d'attention, et c'est ce qu'on a partagé avec nos membres, aujourd'hui [mercredi]. Nous avons quelques joueurs européens qui sont ici avec des permis de travail, mais il faut clarifier le tout avec nos aviseurs légaux à l'effet qu'ils ne sont pas des employés. Nous sommes dans une nouvelle mode où l'on reçoit beaucoup de procédures judiciaires, il faut faire en sorte que rien ne se fera à l'encontre de la clarification du statut du joueur qu'on a obtenu, il a quelques années», disait Courteau à ce sujet.


« Je ne le cacherai pas, je suis extrêmement déçu de la Ligue canadienne. Quand tu fais un repêchage européen, ça te prend un plan et une plus grande vision que celle démontrée. Le commissaire de la LCH, c’est pas fort, vraiment pas fort. Il aurait dû y avoir un lobbyiste pour aider toutes les équipes à avoir leurs joueurs »
Patrick Roy

Via un contact, les Remparts ont été mis en relation avec une firme d’avocats de Toronto spécialisée en immigration il y a 15 jours. Celle-ci a préparé le dossier, sans aucune garantie de réussite, d’où le silence complet de l’équipe jusqu’à ce que Marjala et Siivonen aient franchi le contrôle douanier à l’aéroport, à Montréal.

«Il y avait des frais qu’on aurait pu perdre, on a été chanceux que ça fonctionne», ajoutait Roy à propos des frais encourus qui n’avaient rien d’exorbitant.