Le garde Samuel Thomassin part jeudi pour New York, où il participera au mini-camp des recrues des Giants de la NFL.

Dopage: Samuel Thomassin victime d’une erreur

Après avoir échoué un test antidopage en novembre, le joueur de ligne offensive étoile du Rouge et Or Samuel Thomassin est blanchi de toute accusation et part pour le mini-camp des recrues des Giants de New York l’esprit en paix.

Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) a publié la décision mercredi, révélant du coup toute l’histoire jusque-là demeurée privée.

Le titre du communiqué établit que Thomassin «n’a commis aucune faute». Il est donc exonéré de tout blâme et la suspension de deux ans qui lui était d’abord infligée est annulée.

«J’avoue que ç’a été un gros stress pendant plusieurs mois, surtout que je devais demeurer concentrer sur le processus de repêchage professionnel. Mais j’ai eu du super bon soutien de la part du Rouge et Or et de l’Université Laval. Je suis content que les choses soient terminées», a brièvement commenté Thomassin au téléphone, renvoyant pour le reste à la décision rendue par l’arbitre L. Yves Fortier, mandaté par le Centre de règlement des différends sportifs du Canada (CRDSC).

Thomassin part jeudi pour New York, où il participera au mini-camp des recrues des Giants de la NFL, invitation reçue mardi. Il compte aussi parmi les meilleurs espoirs au repêchage de la LCF, le circuit canadien tenant sa sélection ce jeudi soir.

Erreur sur la fiole

Le 3 novembre, après le match de demi-finale de conférence contre le Vert & Or de Sherbrooke, au PEPS de l’Université Laval, Thomassin a été contrôlé positif au dexaméthasone (DEX), «un glucocorticoïde interdit lorsqu’administré par injection intramusculaire», précise le CCES.

Le garde de 6’ 5” et 330 lb a bel et bien reçu une dose de DEX par injection intramusculaire, mais par erreur. Le médecin de l’équipe, Dr Germain Thériault, croyait plutôt lui avoir injecté du Kétorolac Trométhamine (Toradol) à la mi-temps pour soulager une douleur à l’épaule droite.

DEX et Toradol se présentent dans un flacon du même format de 1 ml et de même couleur de verre brun. Le Dr Thériault tient les deux médicaments dans la pharmacie de l’équipe, puisque du DEX est commandé chaque année pour le tournoi de tennis féminin tenu au PEPS en septembre, la Coupe Banque Nationale. Ce produit peut être appliqué sur la peau des joueuses en toute légalité.

«Aucun intérêt»

On apprend aussi que Thomassin «n’avait aucun intérêt à recevoir de la DEX compte tenu de ses propriétés anti-inflammatoires moins efficientes que le Toradol et l’absence de propriétés analgésiques».

«Les résultats d’analyses supplémentaires obtenus du Laboratoire» de contrôle du dopage INRS-lnstitut Armand-Frappier «à la demande de l’Athlète [Thomassin], le 18 février 2019, confirment qu’il n’y a aucune trace du médicament Toradol et/ou de ses métabolites dans les échantillons d’urine de l’Athlète recueillis lors du contrôle antidopage», indique de plus le rapport. Ce qui confirmerait la méprise.

Le Dr Thériault, qui compte une quarantaine d’années d’expérience en médecine sportive, ajoute avoir réalisé plus tard qu’«aucun vial unidose (1 ml) de verre brun ne se retrouvait dans la pharmacie de l’équipe» et, qu’en conséquence, «le vial unidose (1 ml) de DEX acquis le 15 août 2018 a donc nécessairement été utilisé entre son achat et le 19 décembre 2018».

L’arbitre Fortier conclut à une «confusion involontaire et accidentelle» de la part du médecin et à «l’absence de faute ou de négligence» de la part du joueur.