Le premier ministre adjoint russe Vitaly Moutko a accusé les organisations antidopage de se mêler de politique.

Dopage: la Russie «est l'un des pays les plus propres du monde»

Le plus haut dirigeant sportif de la Russie, le premier ministre adjoint Vitaly Moutko, prétend que son pays «est l'un des plus propres du monde».
Celui qui supervise toutes les politiques touchant le sport en Russie a fait cette déclaration après que des dirigeants antidopage eurent réclamé que la Russie soit interdite de toutes compétitions internationales.
À la suite d'une réunion tenue cette semaine, les dirigeants de 19 organisations antidopage ont également exigé qu'on retire à la Russie le droit d'accueillir des événements sportifs internationaux, notamment la Coupe du monde 2018 de football.
Moutko a accusé ces organisations de se mêler de politique. «Les gens censés se charger de tests sur des échantillons d'urine ont commencé à mettre de la pression sur ceux qui prennent des décisions politiques», a-t-il déclaré à l'agence russe R-Sport. «Les sports russes sont parmi les plus propres du monde.»
L'Agence antidopage britannique est responsable de la collecte des échantillons en Russie et le nombre de tests positifs au pays a chuté en 2016. L'Agence antidopage russe demeure suspendue à la suite d'allégations de corruption.
Le ministre des Sports de la Russie, Pavel Kolobkov, a accusé les agences antidopage étrangères de tenter d'usurper le pouvoir des organisations sportives internationales.
«Les fédérations et les comités olympiques, comme vous le savez, sont ceux qui développent les sports», a indiqué Kolobkov à l'agence de presse nationale Tass. «Alors, je demanderais aux gens de faire leur travail et de ne pas se substituer aux différentes organisations sportives.»
Accusée de camouflage
Ces demandes de sanctions accrues font suite à la parution, en décembre, de la deuxième partie du rapport de l'enquêteur de l'Agence mondiale antidopage Richard McLaren, dans lequel la Russie est accusée d'avoir camouflé des cas de dopage de ses athlètes et d'avoir manipulé les échantillons collectés lors des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014.
Le gouvernement russe dément avec véhémence avoir encouragé le dopage.
Les agences antidopage des États-Unis, de l'Allemagne et du Japon font partie de celles ayant recommandé de plus amples sanctions contre la Russie. 
Tout en exigeant une suspension des équipes nationales, ces agences ont précisé que des athlètes russes pourraient prendre part à des compétitions comme athlètes neutres s'ils peuvent prouver qu'ils sont propres, comme c'est actuellement le cas en athlétisme. 
Les agences antidopage nationales n'ont pas le pouvoir d'exclure les équipes russes ou d'exiger que des compétitions devant avoir lieu en Russie soient déplacées. Mais certaines, comme l'Agence antidopage américaine, disposent d'une forte influence au sein de la communauté sportive internationale.  AP