Mais selon le fabricant, son enquête montre que ces flacons «n’étaient pas correctement fermés» manuellement. Berlinger réitère dans une vidéo contenue dans le courriel ses instructions pour une fermeture adéquate.

Dopage: doutes sur la fiabilité des flacons, l’AMA ouvre une enquête

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a annoncé dimanche qu’elle avait lancé une enquête pour déterminer si les flacons de nouvelle génération utilisés pour les contrôles antidopage après le scandale des JO-2014 de Sotchi (Russie) étaient bien infalsifiables.

L’AMA a expliqué dans un communiqué qu’elle avait été alertée le 19 janvier par les responsables du laboratoire de Cologne qui ont découvert que «les flacons pouvaient être ouverts manuellement après congélation».

«L’enquête porte sur la nouvelle génération de flacons de sécurité dit BEREG-Kit Geneva et recommandera des mesures adéquates, si besoin, pour maintenir l’intégrité du processus du contrôle antidopage», a précisé l’instance mondiale de lutte contre le dopage basée à Montréal.

L’AMA a aussitôt contacté le fabricant de ces flacons, le groupe suisse Berlinger, qui lui a indiqué le 27 janvier «avoir réalisé des tests qui n’ont pas permis de répliquer le problème mis en avant».

Dans un courriel envoyé vendredi aux organisations antidopage, dont l’AFP a eu connaissance, la société Berlinger confirme avoir été alertée par des laboratoires d’un «petit» nombre de cas de flacons «toujours ouverts ou pas complètement fermés».

Mais selon le fabricant, son enquête montre que ces flacons «n’étaient pas correctement fermés» manuellement. Berlinger réitère dans une vidéo contenue dans le courriel ses instructions pour une fermeture adéquate.

«Un problème qui a pu être rencontré sur ces nouveaux flacons, c’est qu’ils doivent bien être fermés jusqu’au bout, mais il semble que cette difficulté soit résolue», a indiqué à l’AFP une source dans l’antidopage, qui a tenu à rester anonyme.

«Inquiétudes»

L’AMA, contactée par l’AFP, n’a pas indiqué si les flacons en question devaient être utilisés lors des JO-2018 de Pyeongchang (9-25 février), renvoyant vers le Comité international olympique (CIO).

A moins de deux semaines des JO-2018, cette alerte interpelle.

«L’AMA reconnaît que si cette situation devait être confirmée, elle soulèvera des inquiétudes et des questions, mais nous voulons assurer les sportifs et les autres parties prenantes que l’AMA est déterminée à explorer cette question à fond avec Berlinger», a-t-elle indiqué.

Les flacons qui servent à entreposer les échantillons prélevés sur les sportifs jusqu’à leur analyse, ont été conçus en 2017 en réponse aux révélations du rapport McLaren sur le dopage d’Etat en Russie.

Après les révélations de l’ancien directeur du laboratoire de Moscou, Grigori Rodchenkov, l’avocat canadien Richard McLaren avait mis en évidence que durant les JO-2014 de Sotchi, les autorités russes avaient mis au point un dispositif pour desceller des flacons sans laisser de traces à l’oeil nu.

Cela leur permettait de substituer aux échantillons prélevés sur des sportifs russes dopés des échantillons «propres». A la suite de cette vaste manipulation, le CIO a retiré 13 des 33 médailles remportées par la Russie à Sotchi.

La Russie est bannie des Paralympiques 

La Russie ne sera pas autorisée à prendre part aux prochains Jeux paralympiques de Pyeongchang en raison de son passé de dopage.

Le Comité international paralympique a toutefois révélé que de 30 à 35 athlètes russes seront autorisés à participer à cinq sports en tant qu’athlètes neutres aux jeux, qui se dérouleront du 8 au 18 mars.

Cette position est semblable à celle adoptée en vue des Jeux olympiques du mois prochain. L’équipe russe a été exclue, mais 169 athlètes russes ont été invités à y participer.

«Nous ne récompensons pas la Russie, mais nous permettons aux athlètes que nous croyons ‘propres’ de concourir sous un drapeau neutre», a déclaré le président du CIP, Andrew Parsons.

L’équipe russe sera absente des Jeux paralympiques pour une deuxième fois consécutive. Le pays avait également été exclu des Jeux paralympiques de Rio de Janeiro en 2016. Depuis lors, il y a eu suffisamment d’améliorations pour justifier la présence des Russes en tant qu’athlètes neutres après des tests antidopage supplémentaires, a déclaré Parsons.

«Bien que le (Comité paralympique russe) demeure sous le coup d’une suspension, ils ont fait des progrès significatifs et nous devons le reconnaître, a déclaré Parsons. Nous sommes maintenant plus confiants que le système antidopage en Russie n’est plus compromis et corrompu. Nous avons également été témoins de changements comportementaux et culturels.»

Les Russes qui seront autorisés à concourir doivent avoir subi des tests supplémentaires et suivi un cours d’éducation antidrogue.

Aucun athlète impliqué «sciemment ou inconsciemment aux nombreuses enquêtes antidopage en Russie» ne peut y prendre part, a soutenu M. Parsons.

L’équipe des «athlètes paralympiques neutres» sera environ la moitié de l’équipe russe qui était présente à Sotchi en 2014.

Les athlètes paralympiques neutres seront autorisés à prendre part aux épreuves en ski alpin, en biathlon, en ski de fond, en surf des neiges et en curling. Ils porteront des uniformes sans aucun emblème national, et les partisans n’auront pas le droit de brandir des drapeaux russes.

Les Russes ont été autorisés à concourir en tant qu’athlètes neutres dans certaines épreuves qualificatives avant les jeux avant une décision finale, mais cela était trop tard pour que la Russie se qualifie en vue du tournoi de hockey. Avec Associated Press