La Coupe Dunsmore a été une victoire d’équipe pour le Rouge et Or. Mais le botteur de dégagement Dominic Lévesque a brillé, avec 3 de ses 11 dégagements retournés.

Dominic Lévesque: «Je viens de leur fermer la trappe»

«J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup entendu du monde qui disait que je n’avais pas ma place ici et que je n’étais pas un bon botteur. Je viens de leur fermer la trappe!»

On a surtout louangé l’inébranlable défensive du Rouge et Or dans la victoire de 14-1 de samedi contre les Carabins de Montréal, en finale du Québec. Avec raison.

Mais la position de terrain a été un enjeu crucial durant tout cet après-midi hivernal au stade de l’Université Laval. Et le botteur de dégagement Dominic Lévesque a sans contredit été le héros obscur de ce triomphe.

«Dominic a fait une super job à contrôler la position de terrain toute la partie. C’est l’une des belles performances de sa carrière», a souligné après la rencontre l’entraîneur-chef Glen Constantin, pour qui les exploits de son numéro 25 sont loin d’être passés inaperçus.

Non seulement Lévesque a surpassé son vis-à-vis montréalais Louis-Philippe Simoneau sur les dégagements, avec 37,5 verges de moyenne contre 36,8. Simoneau a été le meneur en saison au Québec, et de loin, avec 41,9 contre 39,5 pour Lévesque, deuxième.

Mais samedi, c’est surtout que seulement 3 des 11 dégagements du Rouge et Or ont été retournés, contre six en huit de l’autre bord. Sur les 11 coups de pied de Lévesque, l’attaque des Carabins a repris le ballon à 10 reprises à sa ligne de 27 ou plus loin, sept fois à sa ligne de 20 ou mieux et même trois fois aux lignes de 8, 7 et 4.

Difficile pour les visiteurs d’amorcer leurs séquences offensives d’aussi loin, opposés à une défensive aussi solide et dans des conditions météorologiques difficiles.

En deuxième demie, Montréal a concédé deux touchés de sûreté et, lors de sa seule percée au-delà de la ligne médiane au cours des deux derniers quarts, ne s’est pas approché à plus de 30 verges de la zone des buts.

«Les gars devant moi m’ont bien protégé et la position de terrain a eu un impact important sur le match, alors je suis vraiment fier de ça», a affirmé un Lévesque très souriant, avouant en quatre ans avoir apprivoisé le vent qui souffle dans différentes directions au creux de la cuvette formée par le stade du PEPS.

Ce qu’il a aussi dû apprivoiser, depuis son arrivée chez le Rouge et Or en 2015, c’est les critiques. À sa première saison à l’UL, il avait vu sa tentative de placement de 19 verges bloquée sur le dernier jeu du match de la Coupe Dunsmore, offrant un deuxième titre en deux ans aux Carabins.

Un doute qui persiste

Un an plus tard, malgré la victoire du Rouge et Or, ses cinq placements ratés sur six en finale de conférence avaient insinué le doute dans l’esprit de certains. Le botteur David Côté est ensuite arrivé en renfort l’an dernier, pour s’occuper des bottés de précision et d’envoi.

«Ceux qui ont dit que je n’étais pas assez bon, ç’a juste été une source de motivation. Je me suis dit : “OK, je vais vous montrer le contraire.” Je suis vraiment content de ça. Et même si je ne fais plus les placements et les bottés d’envoi, je sais que je suis capable», conclut Lévesque avec conviction.

Samedi, le match de la Coupe Dunsmore s’est soldé par un écart supérieur à trois points pour la première fois en six ans.

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COUPE UTECK: RATTRAPER UN AN EN UNE SEMAINE

Le secondeur Adam Auclair (2) a réussi le seul touché du match, un échappé récupéré et retourné sur 77 verges lors de la finale pour la coupe Dunsmore samedi dernier.

Après une semaine haute en émotion en vue du troisième match en deux mois et d’une sixième finale de conférence consécutive contre Montréal, le Rouge et Or passe en mode tout autre pour affronter Saint Francis Xavier, une équipe dont il ne connaît à peu près rien.

«Notre préparation devra être en accéléré. On a une année au complet à rattraper! On ne les a pas vus, on ne connaît pas ce qu’ils font. Je ne pourrais même pas te dire qui est leur meilleur joueur», s’est exprimé l’ailier défensif Mathieu Betts, après la rencontre de samedi.

«On va avoir de l’étude supplémentaire à faire, encore plus de vidéo», a pour sa part prédit le secondeur de couverture Adam Auclair, vedette de la victoire de 14-1 contre les Carabins avec un retour d’échappée sur 77 verges pour le seul touché.

«Je ne dis pas qu’on n’a pas fait de vidéo pour Montréal, on en a fait en maudit! Mais on va en faire encore plus cette semaine», indique Auclair.

Le plaqueur Vincent Desjardins, auteur de l’un des deux sacs infligés aux Carabins, se souvient de la visite des X-Men durant la saison 2015, sa première à l’Université Laval. Blessée, la recrue n’avait pas disputé le match.

«J’ai vu quelques-uns de leurs jeux cette semaine et ils sont capables de courir le ballon. Ils ont l’air physiques», révèle Desjardins, comme quoi l’absence totale de connaissances sur une autre équipe n’existe jamais chez le Rouge et Or.

Et ce ne sont pas des paroles en l’air. Même s’ils alignent le joueur par excellence de la conférence Atlantique en Kaion Julien-Grant, un receveur de passes de quatrième année de Toronto, les X-Men font du jeu au sol leur pain et leur beurre d’arachides.

Dans le match du Loney Bowl samedi, gagné 33-9 contre Saint Mary’s, l’attaque de St. F.X. a tenté 50 courses et huit passes. Dont cinq à Julien-Grant, qui en a capté trois, en plus de retourner trois bottés et de porter trois fois le ballon.

Mais le demi offensif Jordan Socholotiuk a été plus occupé avec 34 courses pour 179 verges de gains, ce qui lui donne 421 verges en 58 portées sur deux matchs éliminatoires jusqu’ici.

Finissant de cinquième année, Socholotiuk a été le seul universitaire au Canada à récolter plus de 1000 verges au sol (1009) cette saison, étant de loin le porteur de ballon le plus sollicité avec 186 portés.

Nombreux échappés

Mentionnerons toutefois que Saint Mary’s a échappé le ballon à neuf reprises dans ce match, en perdant la possession cinq fois en plus de subir deux interceptions.

Blessé en fin de calendrier régulier, le quart-arrière régulier des Huskies Kaleb Scott est revenu au jeu pour la finale de conférence, en vain. 

St. F.X. était classé dans le top 10 canadien pour la première fois de la campagne, la semaine dernière, au septième rang, palmarès où le Rouge et Or s’est maintenu en deuxième place toute l’année.

Laval a affronté St. F.X. à deux reprises dans l’histoire, chaque fois en saison régulière, l’emportant 64-0 (2015) et 51-8 (2007). 

La dernière fois qu’une équipe de l’Atlantique a atteint la Coupe Vanier, c’était en 2007.