Dominic Larocque est devenu jeudi le deuxième athlète handicapé (l'autre est Dean Bergeron) depuis 1956 à remporter le titre d'athlète par excellence de la grande région de Québec. Il a également été nommé partenaire-coéquipier international de l'année.

Dominic Larocque, athlète par excellence de Québec

En plus de 60 ans d’histoire de ce prix, Dominic Larocque est seulement le deuxième sportif handicapé à gagner le titre d’athlète par excellence de la grande région de Québec.

Jeudi soir, à L’Ancienne-Lorette, le gardien de but de l’équipe canadienne de hockey sur luge est reparti du Complexe Capitale Hélicoptère avec deux trophées.

Larocque a d’abord été nommé partenaire-coéquipier international par excellence pour sa médaille d’argent aux Jeux paralympiques de PyeongChang, en février dernier, et sa médaille d’or au Championnat du monde de 2017.

«Le deuxième, c’est totalement une surprise! Il y a plein de super bons athlètes en nomination et les sports paralympiques, on est moins vus et on s’attend moins à ce genre de remerciement», a commenté la vedette de la soirée, à la fois fier et étonné.

Larocque est caporal au sein du Royal 22e Régiment, à Valcartier. L’armée a poussé le natif de Valleyfield à s’établir dans la région de Québec, à Shannon, en 2005.

En 2007, il a été déployé en Afghanistan. C’est là que son véhicule a sauté sur une bombe. Il se réveille trois jours plus tard à l’hôpital et après quelques semaines, les médecins doivent se résoudre à lui amputer la jambe gauche au-dessus du genou.

Avec Dean Bergeron

Depuis la première récompense officielle d’athlète de l’année à Québec décernée à Jacques Amyot en 1956, seul le sprinteur de fauteuil roulant Dean Bergeron avait obtenu ce haut prix régional. Bergeron était revenu des Jeux paralympiques de 2008 avec trois médailles, dont deux d’or.

Larocque a maintenant deux médailles paralympiques. Celle en bronze de Sotchi — où il était attaquant! —, puis celle en argent de PyeongChang. La défaite en finale face aux États-Unis, encaissée en prolongation par-dessus le marché, lui est restée en travers de la gorge.

«J’en rêve encore! On a frappé le poteau d’un filet désert quand il restait une minute à la troisième période, soupire-t-il encore. On s’était bien préparés, c’était professionnel. La preuve, on a blanchi tous nos autres adversaires dans le tournoi et les Américains, qu’on avait battus 3-0 peu avant, jusqu’à moins d’une minute de la fin, Mais c’est ça la game», s’est-il remémoré.

Les Canadiens ont dominé leurs rivaux 43-2 au pointage total, dans le tournoi paralympique. 

À bientôt 31 ans, il obtiendra en octobre sa libération médicale de l’armée, après une dizaine d’années de travail de bureau comme graphiste. Ce qui, comme civil, lui permettra de se concentrer davantage sur le hockey. À l’aube d’un retour aux études, l’heure de la retraite sportive n’a pas sonné pour celui qui rêve encore à l’or.

Larocque succède au sommet de la pyramide sportive régionale à Alex Harvey, qui l’an dernier a haussé sa récolte à cinq titres, deuxième dans l’histoire derrière les six de Caroline Brunet.

Chapeau les filles!

Au rayon du sport individuel international, le fondeur Harvey a été devancé cette année par la planchiste Laurie Blouin. La médaillée d’argent en slopestyle aux JO se plaignait jeudi de ses souliers à talons hauts, qui la faisaient souffrir. Plus que toutes les blessures qu’elle a subies au fil des années sur sa planche. Comme sa chute à PyeongChang, à l’entraînement, dont elle porte encore la marque sur la joue gauche.

Les lauréats ont d’ailleurs été surtout des lauréates, avec trois des cinq principaux prix remis à des femmes, les deux autres appartenant à Larocque.

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Miha Fontaine, nommé découverte masculine de l’année, jeudi, est fier de suivre les traces de son père Nicolas, ancien champion du monde et médaillé olympique de saut en ski acrobatique.

MIHA FONTAINE SUR LES TRACES DE SON PÈRE

Ah, la candeur de la jeunesse! «C’est la première année que j’entends parler du Gala de l’athlète, mais je pense que je suis sur la bonne voie!» a lancé Miha Fontaine au micro, après avoir récupéré le trophée de découverte masculine de l’année.

Il est déjà plus grand que son père, l’ancien champion du monde et médaillé olympique de saut en ski acrobatique Nicolas Fontaine. Un grand garçon de 14 ans avec de belles taches de rousseur et le sourire du vainqueur.

«Merci aussi à mes coéquipiers, parce que tu ne peux pas vraiment faire de compétition tout seul», a ensuite lancé le jeune skieur acrobatique champion canadien de sa catégorie d’âge en saut et au combiné saut et bosses.

Il vient d’être sélectionné au sein de l’équipe du Québec en saut, pour la saison prochaine. Ce qui devrait être sa dernière où il fera encore de la bosse. Il suivra donc d’encore plus près les traces dans la neige dessinées par son père, qui deviendra officiellement son entraîneur.

«Ça ne me dérange pas d’être toujours comparé à lui. Mais j’écris mon histoire en m’inspirant de la sienne», affirme Miha avec assurance aux journalistes présents au gala.

Une troisième arrive

Posté derrière, le paternel s’invite alors dans la conversation. «Il ressort toutes mes vieilles affaires du garage, mes vieux suits, mes dossards... Et quand il arrive avec ça, ses chums lui demandent s’il en reste pour eux!» sourit Nicolas, comme quoi le vintage a toujours la cote auprès des adolescents d’aujourd’hui.

La famille est établie à Lac-Beauport. En plus de diriger l’équipe du Québec de sauts, Nicolas Fontaine agit aussi à titre de vice-président du complexe de rampes d’eau Acrobatx Yves-LaRoche, à la station Le Relais, à deux pas de la maison.

Une troisième Fontaine, Charlie, 12 ans, est sur le point d’entrer à son tour dans un programme ski acrobatique-études. Son grand frère a d’ailleurs été nommé athlète de l’année du programme sports-études de l’école La Seigneurie, seulement en première secondaire. Le paternel lui prête toutefois une moins grande volonté de performance que son frérot.

Côté féminin, la relève est assurée sur gazon par Élisabeth Tsé, joueuse de soccer très prometteuse d’à peine 15 ans. Tsé fait partie du programme de l’équipe canadienne, elle est d’ailleurs en tournoi international à l’extérieur, et évolue au sein du Dynamo de Québec dans la Première Ligue de soccer du Québec.

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42 ANS DE STATISTIQUES

Un en un pour Serge St-Michel. Après 42 ans dans le hockey mineur, 22 saisons au sein du Blizzard du Séminaire Saint-François et quatre candidatures infructueuses comme bénévole de l’année dans la ligue midget AAA, le statisticien frappe pour 1,000 au Gala de l’athlète. Jeudi, il a été nommé bénévole de l’année dans la région de Québec. Originaire du quartier Saint-Roch, l’homme d’aujourd’hui 64 ans a commencé avec le pee-wee C, dans ce qui s’appelait à l’époque la zone Champlain. Celui qui a fait carrière comme technicien en information fiscale au ministère du Revenu du Québec a grimpé jusque dans le midget AAA, l’équipe s’appelant alors les Gouverneurs de Sainte-Foy. St-Michel a depuis passé 10 entraîneurs, et est surtout passé des stats compilées à la main sur des feuilles 8”1/2 X 14” au système pleinement informatisé, il y a quatre ans. La poliomyélite lui a handicapé une jambe dès l’âge de huit mois, ce qui ne l’a toutefois jamais empêché de s’adonner à sa passion, le sport, et même d’y jouer, comme au hockey bottine ou au ballon-balai.

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Kim Lamarre et sa grand-mère Ginette Séguin

GIGI SE SOUVIENT DE CORTINA

Kim Lamarre a l’habitude des galas pour ses propres performances. Mais jeudi, la skieuse en slopestyle de Lac-Beauport médaillé des Jeux olympiques de 2014 accompagnait sa grand-mère. Ginette Séguin, 84 ans, a reçu le prix hommage Jacques-Amyot remis par la Société d’histoire du sport de la capitale nationale. «Je ne m’attendais pas à ça. Mais ils m’ont dit que pour gagner ce prix-là, il faut être vieux et vivant!» a lancé aux journalistes la dame toujours aussi allumée et droite. En 1956, à Cortina d’Ampezzo, en Italie, la skieuse alpine de 21 ans a participé à trois épreuves olympiques. Elle en garde la fierté d’avoir été choisie et ne plus skier juste pour elle, mais pour le Canada en entier. «Elle m’a dit : “Les honneurs, on ne dit pas non à ça”», a confié Lamarre, qui continue d’être inspirée par sa grand-maman Gigi.