Eugenie Bouchard s'est inclinée en deux manches, 6-3, 6-0, contre la Lettone Anastasija Sevastova, jeudi.

Diminuée, Bouchard s'incline en deux sets

Le parcours de la Montréalaise Eugenie Bouchard (57e mondiale) aux Internationaux de tennis de France s'est terminé de façon abrupte jeudi, alors qu'elle s'est inclinée 6-3 et 6-0, contre la Lettone Anastasija Sevastova (19e).
Le duel n'a duré que 59 minutes et Sevastova a été particulièrement expéditive lors du deuxième set, qu'elle a gagné en seulement 18 minutes. Bouchard a alors commis neuf erreurs directes et n'a récolté que huit points, comparativement à 25 pour la 17e tête de série.
Sevastova n'a concédé qu'un point à son service lors du deuxième set. Au total, Bouchard a inscrit seulement dix coups gagnants et 22 erreurs non provoquées.
Bouchard s'est présentée à Roland-Garros même si elle était ennuyée par une blessure à une cheville qui l'a empêché de participer au tournoi de Nuremberg la semaine dernière. Elle a d'ailleurs confirmé sa présence tardivement.
Sevastova a semblé vouloir profiter de cette blessure alors qu'elle a multiplié les amortis. «Je n'avais pas le sentiment de bien me déplacer, certainement pas à 100 % de mes capacités, et ç'a nui à la qualité de mon jeu», a reconnu la Québécoise de 23 ans.
«Les amortis font partie de son jeu, peu importe la facilité de mes déplacements et je savais que je devais être prête pour ce genre de coups. Mais j'avais de la difficulté à me rendre à la balle», a renchéri Bouchard.
Elle a mal amorcé son duel disputé sur le court numéro 2, le même où elle avait gagné son match de premier tour 2-6, 6-3 et 6-2 contre la Japonaise Risa Ozaki (72e mondiale). Arpès avoir perdu les deux premiers jeux, Bouchard s'est toutefois ressaisie, brisant le service de Sevastova lors du quatrième jeu pour créer l'égalité, avant de perdre le sien aussitôt après. Elle a eu l'occasion de créer de nouveau l'égalité, mais n'a pas su la saisir.
«J'ai eu quelques occasions au début du premier set, mais j'ai commis trop d'erreurs directes et elle a bien varié son jeu, rendant les choses encore plus difficiles pour moi», a analysé Bouchard, dont la priorité sera de soigner sa cheville endolorie.
«J'ai tout fait pour participer au tournoi et je suis contente d'avoir gagné un match, mais hier [mercredi], c'est à peine si j'ai pu m'entraîner. J'ai besoin de temps maintenant pour me remettre de cette blessure.»
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Del Potro gagne le match... et le coeur des amateurs
Juan Martin Del Potro, qui a été blessé plus souvent qu'à son tour, réconforte son adversaire Nicolas Almagro qui a abandonné en raison d'une blessure au genou gauche.
L'Argentin Juan Martin Del Potro ne sortira peut-être pas vainqueur des Internationaux de tennis de France, mais il y a probablement gagné le coeur des amateurs de tennis, jeudi.
Sur le court no 2, Del Potro semblait sur le point d'abandonner, perclus de douleurs aux adducteurs. Mais c'est son adversaire Nicolas Almagro qui a renoncé à 6-3, 3-6, 1-1 lorsque sa blessure au genou gauche s'est réveillée. Penché plusieurs pieds derrière la ligne de fond, l'Espagnol n'a absolument pas réagi à un service de l'Argentin. 
Après quelques secondes d'hésitation, Del Potro a marché vers le filet, l'a enjambé et s'est dirigé vers son adversaire, qui s'était laissé tomber au sol, en pleurs. Il est resté accroupi auprès de l'Espagnol pendant environ deux minutes, tapant doucement sur le ventre de son adversaire, qu'il connaît depuis les rangs juniors.
«J'ai essayé de trouver les bons mots, je lui ai dit d'essayer de retrouver son calme, de penser à sa famille, son bébé, aux belles choses en dehors du tennis.
«S'il y a quelqu'un qui comprend ces moments-là, c'est moi», a expliqué «Delpo», qui a effectué un retour remarquable l'an passé sur le circuit après deux saisons quasiment blanches et trois opérations du poignet gauche, en gagnant la médaille d'argent lors des Jeux de Rio et la Coupe Davis.
Almagro s'est finalement relevé pour se diriger vers son siège. Les deux joueurs se sont ensuite donné une chaleureuse étreinte près de la chaise de l'arbitre en chef. Almagro a été transporté vers un hôpital.  AP et AFP
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Navratilova furieuse contre Margaret Court
Martina Navratilova en 2013
La légende du tennis Martina Navratilova a qualifié de «malsains et dangereux» les propos de l'ancienne étoile australienne de la discipline Margaret Court, qui a estimé que le tennis était «plein de lesbiennes» et que les enfants transgenres étaient victimes d'un lavage de cerveau «comme en Allemagne nazie».
«Lier les LGBT aux nazis, aux communistes, au diable? Ce n'est pas correct», a écrit Navratilova, elle-même homosexuelle, dans une lettre adressée publiée par des journaux australiens. «En fait, c'est malsain et dangereux. Les enfants souffriront plus à cause de cette stigmatisation et de ce dénigrement constant de notre communauté LGBT. On sait désormais qui est Court : une joueuse de tennis incroyable, et une raciste et une homophobe», a déploré celle qui a remporté 18 tournois du grand chelem au cours de sa carrière.
Âgée de 74 ans et lauréate de 24 titres du grand chelem - un record - Court est devenue pasteure. Elle avait déjà soulevé de nombreuses critiques lorsqu'elle avait assuré boycotter la compagnie aérienne Qantas en raison de son soutien en faveur du mariage homosexuel. Pour Navratilova, la Margaret Court Arena des Internationaux d'Australie devrait être renommée Evonne Goolagong Cawley, du nom d'une autre légende du tennis australien.
Aujourd'hui âgée de 60 ans, Navratilova a «pardonné depuis longtemps» à Court d'avoir dit d'elle, il y a 27 ans, qu'elle était un mauvais exemple à cause de son orientation sexuelle. Mais «diaboliser» les personnes LGBT et nier leurs droits est inacceptable, a-t-elle affirmé. «Beaucoup trop se suicideront à cause de ce genre d'intolérance, ce genre de dénigrement et oui, ce genre de harcèlement. Ce n'est pas correct.»  AFP