Joé Juneau et le chef de la communauté d’Uashat mak Mani-Utenam Mike Mckenzie ont annoncé que le programme de Développement hockey école initié par l’ex-hockeyeur de la LNH sera implanté sur la Côte-Nord.

Développement hockey-école: le programme initié par Joé Juneau implanté sur la Côte-Nord

BAIE-COMEAU — Le programme de Développement hockey-école, initié par Joé Juneau il y a maintenant 13 ans, s’implante sur la Côte-Nord. L’ex-hockeyeur professionnel était mardi à Uashat, communauté innue enclavée dans la municipalité de Sept-Îles, pour en faire l’annonce.

Le programme est dès maintenant lancé dans les deux écoles primaires innues du territoire, soit l’école Johnny Pilot d’Uashat et l’école Tshishteshinu de Mani-Utenam, située un peu à l’est de Sept-Îles. Les jeunes ciblés sont ceux de niveau novice et atome déjà inscrits au hockey mineur et les jeunes de deuxième et troisième années intéressés par le hockey. Soixante-six jeunes sont inscrits, dont la moitié qui n’avait jamais joué au hockey.

«Les premiers contacts ici datent déjà de sept ou huit ans», a souligné l’orgueil de Pont-Rouge. «Je suis revenu en janvier 2018 avec deux équipes de Kawawachikamach. Florent Vollant et des amis de Mani-Utenam m’ont alors invité à présenter le projet aux élus, ce qui a été fait le lendemain, et ç’a rapidement avancé. Florent reconnaît l’importance de ce programme auprès des jeunes», a-t-il ajouté pour expliquer l’arrivée du programme sur la Côte-Nord.

Uashat mak Mani-Utenam est devenue la huitième communauté autochtone à se joindre au programme Développement hockey-école, qui s’étend depuis 2 ans après 11 années à être peaufiné au Nunavik. Bien d’autres endroits voudraient se joindre au mouvement, mais Juneau demeure sélectif. «Il faut que la communauté embarque à fond et respecte les objectifs», fait-il valoir, refusant de faire les choses à moitié.

Évidemment, l’amélioration de la rétention à l’école, la diminution de l’absentéisme et l’augmentation des bons comportements font partie des objectifs visés par le programme développé par Juneau. «Ce n’est pas seulement du hockey, c’est aussi du développement communautaire et social. Le sport devient un outil de développement social», soutient celui qui a récolté 572 points en 828 matchs dans la Ligue nationale avec Boston, Washington, Buffalo, Ottawa, Phoenix et Montréal.

«C’est le développement humain et communautaire qu’on veut développer avec ce programme», confirme le chef de la communauté innue, Mike Mckenzie. «On veut aussi créer un sentiment d’appartenance aux deux écoles primaires, comme on l’a développé depuis une dizaine d’années avec le programme sports-études à l’école secondaire.»

Engagé dans ce programme depuis 2006, Joé Juneau a toujours le feu sacré. «Moi, personnellement, je ne me tanne pas. Le temps passe et démontre que le programme fonctionne. On peut témoigner des succès récoltés. Mais je ne peux pas être partout et heureusement, j’ai une bonne équipe autour de moi.»

Joé Juneau ne peut être partout, peut-être, mais il fait son gros possible. En effet, il s’est engagé pour la prochaine saison à passer au moins deux fois à chacun des endroits où son programme est implanté. «Je ne peux pas tout le temps, mais je vais essayer cette année», a-t-il lancé.

En théorie, le programme Développement hockey-école est dirigé sur place par un enseignant en éducation physique, «mais avec la pénurie d’enseignants, ce n’est pas évident. L’important, c’est d’avoir un individu passionné de hockey et qui veut s’en servir comme outil d’éducation. Par la suite, c’est à moi de le former et de m’assurer que le programme est bien compris», a-t-il conclu.