Jaromir Jagr  et Mark Messier en décembre 2006. Le Tchèque de 44 ans est sur le point de ravir à Messier le deuxième rang des meilleurs marqueurs de l'histoire de la LNH.

Devancé par Jagr: une formalité pour Messier

Jaromir Jagr est sur le point de devancer Mark Messier au deuxième rang des meilleurs marqueurs de tous les temps dans la LNH. Simple question de temps. «Dans ma tête, il m'a déjà dépassé il y a longtemps», affirme même le célèbre numéro 11.
Jeudi midi, Messier a donné une conférence téléphonique au sujet de celui qui n'était plus alors qu'à quatre points de ses 1887 en carrière - Jagr a récolté un point en soirée contre les Jets -, statistique qui en faisait toujours le suivant de son ancien coéquipier Wayne Gretzky, auteur de 2857 points.
Jagr rejoindra Messier en presque 100 matchs de moins. Tout en ayant passé trois ans dans la KHL, de 2008 à 2011, où il a récolté 146 points en 155 matchs. «C'est un peu un anticlimax parce qu'avec tout le temps qu'il a passé outremer et les points qu'il a amassés là-bas, je peux présumer où il serait s'il était resté dans la LNH. Jaromir a cumulé des totaux impressionnants dans les rangs professionnels!» indique Messier, pour expliquer qu'il considère déjà avoir cédé le pas à Jagr.
«Moi aussi j'ai eu cette chance avec mes débuts pros dans l'AMH, mais j'ai juste amassé 11 points [en 52 matchs]! Disons que je n'ai pas été aussi productif que lui loin de la LNH», rigole celui qui a inscrit 694 buts et 1193 aides en 1756 rencontres régulières de la LNH. Vingt-cinq saisons où Messier dit ne jamais s'être considéré comme un marqueur d'élite au même titre que les Gretzky ou Lemieux de ce monde.
Vingt-cinq saisons où Messier a surtout joué contre Jagr, durant 13 ans et demi, mais aussi avec lui, dans la deuxième moitié de sa dernière campagne. En janvier 2004, Washington a expédié Jagr à New York en retour d'Anson Carter. Ce printemps-là, ni les Rangers ni les Capitals n'ont fait les séries.
«En termes de résultats, ça n'avait pas très bien été, mais individuellement, je n'ai eu aucun problème avec lui. Même si on entendait plusieurs choses à son sujet, j'ai toujours donné le bénéfice du doute à un nouveau gars qui entre dans le vestiaire et j'aimais obtenir mes informations de première main. Jaromir était un bon gars, un bon coéquipier et j'ai aimé notre temps passé dans la même équipe.»
Treize ans comme vice-roi
Le règne de Messier comme vice-roi aura quand même duré plus de 13 ans. Il a doublé Gordie Howe en novembre 2003. «Je suis le premier surpris d'être deuxième, en plus depuis tout ce temps. Quand j'ai rattrapé et dépassé Gordie, je n'en revenais pas! C'était vraiment spécial, ne serait-ce que pour ce qu'il représentait dans notre maison, mon père et moi l'admirions tellement», explique Messier, qui a fini sa carrière avec 37 points de plus que Monsieur Hockey.
Jagr a besoin de trois points pour égaler son illustre prédécesseur, quatre pour le battre. Messier passera peut-être la prochaine semaine à Sunrise, en Floride, où les Panthers accueillent Buffalo, mardi, Boston, jeudi, et Detroit, vendredi.
«Quand ça va arriver, c'est certain que je voudrai lui parler. J'aimerais même être là en personne, si possible. Je veux le féliciter pour le deuxième rang, mais surtout pour être devenu cette inspiration pour la nouvelle génération.»
Car au-delà du talent de Jagr, Messier insiste sur la passion et le dévouement nécessaires pour durer aussi longtemps. «On peut dire que Jaromir est né avec le talent, le physique, la génétique, mais tous ces succès n'arrivent pas sans le travail qui vient avec. Des gars qui jouent 15 ans, il y en a et c'est bien, mais c'est une autre affaire d'en jouer 10 de plus», reconnaît le joueur de centre qui a disputé son dernier match en carrière à l'âge de 43 ans.
Entrée fracassante dans la LNH
Jagr, lui, en aura 45 en février. L'explosif et chevelu numéro 68 a réalisé une entrée fracassante dans la LNH en 1990, avec les Penguins de Pittsburgh. Aux côtés de Mario Lemieux, Kevin Stevens et Tom Barrasso, le jeune Tchèque a joué un rôle-clé dans les conquêtes de la Coupe Stanley à ses deux premières saisons.
Et autant un Gretzky avait son bureau derrière le filet rival, autant Jagr a vite établi sa domination à proximité de la rampe et dans les coins de la zone adverse. «Il a peut-être été le meilleur joueur de coins de patinoire dans l'histoire de la LNH», avance Messier. Vrai qu'à 6'3'' et 230 livres, de la vitesse et des mains, l'ailier tchèque est toujours demeuré une énigme pour les défenseurs adverses.
«Il peut transporter la rondelle, mais même durant ses meilleures années, le meilleur de son jeu a toujours été à l'intérieur de la ligne bleue. Il a cette capacité de te battre dans un espace restreint et devient très difficile à contenir, encore plus depuis qu'on empêche l'accrochage.»
Des 13 meilleurs marqueurs dans l'histoire de la LNH, Jagr est le seul à ne pas être canadien, Stan Mikita et Teemu Selanne arrivant 14e et 15e.
Mark Messier a dit...
• «Quand Wayne a dépassé Gordie, cela n'a en rien diminué la carrière de ce dernier»
• «Que je sois deuxième, troisième, cinquième ou 20e, c'est un grand honneur de juste faire partie de ce cercle-là»
• «En ce moment, la LNH aligne le plus grand nombre de jeunes joueurs qui pourraient avoir un impact réel sur l'histoire de notre sport»