Jean-François Caron et Jimmy Paquet se préparent à se mesurer à 10 autres colosses au Festival des hommes de Warwick, importante étape de la série Arnold Strongman Classic, dont la grande finale aura lieu en mars prochain, en Ohio.

Deux gars de Québec parmi les «Arnold»

Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre en même temps les deux hommes les plus forts au Canada. Et qu’on se sent aussi maigrichon à 200 livres.

Jean-François Caron et Jimmy Paquet ont accueilli Le Soleil dans le gymnase où ils s’entraînent, à Lac-Saint-Charles, pour discuter de leur présence au Festival des hommes forts de Warwick, du 5 au 8 juillet.

Cette compétition fait partie de la prestigieuse série Arnold Strongman Classic — oui, en l’honneur d’Arnold Schwarzenegger. Elle est désormais un incontournable pour ceux qui veulent se qualifier pour la grande finale, disputée en mars, en Ohio. «Les gars, ce n’est pas parce que ça leur tente de venir à Warwick : ils n’ont pas le choix», souligne Caron, qui aura 36 ans vendredi.

Lui a le choix. Et ça le tente. Il fait partie des cinq athlètes déjà qualifiés, en vertu de sa victoire en Afrique du Sud, en mai. Mais pas question de rater ce rendez-vous. 

«C’est très important. J’ai toujours participé à la compétition de Warwick», souligne Caron, un colosse de 6’2’’ et de 320 livres, septième homme de l’histoire à soulever une charge de plus de 1000 livres. «De pouvoir performer en avant des Québécois, c’est tout une opportunité pour moi.» Caron le fait plusieurs fins de semaine par année, lors de différents événements. Mais Warwick demeure la compétition la plus relevée en sol canadien.

Tir du camion, tir du baril, tir de la brouette ou de la pierre d’Atlas font partie des 10 épreuves auxquelles devront se soumettre les 12 athlètes en action.

Présenter Caron et Paquet comme les ultimes forces canadiennes n’a rien d’exagéré. Le premier est septuple champion en titre de l’Homme le plus fort au Canada, un record ravi à Hugo Girard. Le deuxième a fini derrière son mentor lors des deux dernières présentations de la compétition.

Cinquième au monde

Caron se démarque aussi sur la scène mondiale : il a terminé cinquième lors des trois dernières tenues de l’Homme le plus fort du monde (World’s Strongest Man), où s’affronte la crème de la crème internationale, dont le gagnant de 2018 aux Philippines, Hafthor Bjornsson, aussi connu pour jouer le rôle de Ser Gregor Clegane dans Game of Thrones.

Bjornsson ne sera pas à Warwick, mais ses dauphins lors des «Mondiaux», le Polonais Mateusz Kieliskowski (2e), les Américains Brian Shaw (3e) et Martins Licis (4e), ainsi que Caron (5e), «s’amuseront» dans les Bois-Francs. Voilà pourquoi le Québécois vise d’abord un podium : la compétition sera féroce. Quatre fois sacré Homme le plus fort du monde, Shaw est une légende dans le milieu. Seuls les membres du top 6 repartiront avec une bourse, dont 10 000 $ au gagnant.

Caron se dit remis d’un «gros mois de mai», où il a décroché sa cinquième place au World’s, puis sa victoire en Afrique du Sud. «Ç’a été difficile de revenir à l’entraînement par la suite. Très fatigué. Je te dirais que c’est la chose la plus dure que j’ai faite jusqu’à présent dans ma carrière. Les trois, quatre jours après mon retour, j’étais étourdi, je me demandais ce qui se passait», raconte Caron, qui dit avoir perdu 20 livres dans la chaleur suffocante des Philippines.

«Petit» à 275 livres

Jimmy Paquet, lui, est un «petit» homme fort. À 6’1’’ et quelque 275 livres, il réussit malgré tout à faire sa place dans ce milieu où se démarquent des montagnes de 6’8’’ et de 400 livres. «Dans ma tête, je pèse 400 livres», lance-t-il.

Le nombre élevé d’épreuves disputées à Warwick lui sera profitable, croit l’athlète de 25 ans, natif d’Inverness. «Des gars peuvent se blesser, et même s’il ne se blesse pas, un gars plus fort peut ne pas avoir l’énergie pour passer à travers 10 épreuves. Ça m’avantage à cause de mon endurance», affirme Paquet, «découvert» par Caron après sa première compétition, où il avait terminé bon dernier. À Warwick, il espère une place parmi les six premiers.