Lui-même ancien champion du Tour de France, Greg LeMond dit ne plus avoir foi dans les résultats de la prestigieuse compétition.

Des vélos «dopés» depuis 1998

Un ingénieur hongrois qui a inventé un moteur miniature pour vélos affirme que de tels artifices sont utilisés par certains coureurs professionnels depuis 1998, à tel point que la légende Greg Lemond n'a plus foi dans les résultats du Tour de France.
Les deux hommes ont fait part de leurs suspicions sur la triche dans le cyclisme lors d'une entrevue à la chaîne américaine CBS, qui diffusera l'intégralité de l'entretien dans son émission 60 Minutes, dimanche. L'ingénieur hongrois Istvan Varjas, lui-même ancien coureur, y parle des vélos truqués, équipés d'un petit moteur caché dans le cadre de la bicyclette, qui permet au coureur de fournir moins d'efforts pour pédaler.
Après des décennies durant lesquelles le cyclisme a été gangrené par les affaires de dopage, les rumeurs dans le milieu sur ce procédé se sont fait de plus en plus insistantes ces dernières années. Et d'autant plus après qu'une jeune coureuse flamande a été prise sur le fait, avec un vélo équipé d'un moteur, lors des Mondiaux de cyclo-cross en avril dernier.
Mais Varjas a affirmé à CBS que dès 1998, il avait mis au point un moteur adaptable dans un cadre de vélo. Un acheteur anonyme lui a versé 2 millions $ pour le lui acheter pour que pendant 10 ans, il ne parle à personne de son invention, ne la développe pas et n'en vende à personne d'autre.
L'ingénieur estime que son moteur a été utilisé pour tricher dans des courses cyclistes, mais il s'est défendu en soulignant que même s'il était certain que son moteur servirait à des tricheurs, «si cela rapporte beaucoup d'argent, pourquoi pas?»
Davantage de contrôles
L'ancien coureur américain Greg Lemond, trois fois vainqueur du Tour de France, a appelé quant à lui à davantage de contrôles sur les vélos par les organisateurs des courses. «Il est possible de régler ce problème», a-t-il insisté dans la même émission. «Mais je n'y crois plus jusqu'à ce qu'ils règlent le problème, jusqu'à ce qu'ils arrivent à se débarrasser des moteurs. Je ne crois plus dans aucune victoire sur le Tour de France.»
Varjas a montré comment fonctionne son moteur dans un magasin de Budapest. Il est possible de mettre en route l'assistance au pédalage avec un petit commutateur, ou les modèles les plus perfectionnés peuvent aussi entrer en action quand le rythme cardiaque du coureur dépasse un certain seuil.
Jean-Pierre Verdy, ancien directeur du département des contrôles à l'Agence française de lutte contre le dopage, a lui aussi fait part de son inquiétude. «On me parle de l'utilisation de moteurs depuis trois ou quatre ans. Il y a un problème. En 2015 tout le monde se plaignait et j'ai dit que quelque chose devait être fait».