Saul «Canelo» Alvarez et Gennady Golovkin, qui entretiennent une relation extrêmement tendue, se sont regardés dans le blanc des yeux une dernière fois avant leur combat de samedi soir.

Des retrouvailles haineuses entre Alvarez et Golovkin

LAS VEGAS — Un nul controversé, des retrouvailles reportées pour cause de dopage et, depuis, des échanges d'insultes salées: Gennady Golovkin et Saul Alvarez ont toutes les raisons de se détester avant de s'expliquer samedi à Las Vegas dans le combat de boxe le plus attendu de l'année.

Têtes d'affiche des poids moyens, ils n'ont pas eu à se forcer pour faire monter la tension, l'intérêt des annonceurs et les prix des billets pour assister au combat à la T-Mobile Arena.

«C'est plus qu'un combat ou que du business, c'est une vraie guerre entre nous», prévient Golovkin (38-0-1, 34 K.-O.), d'habitude si placide.

«C'est certainement l'adversaire le plus antipathique et le plus tricheur que j'ai jamais affronté, comme tout son entourage du reste», insiste le Kazakh, champion WBA et WBC.

«C'est devenu plus personnel entre nous, je le déteste», confirme Alvarez (49-1-1, 34 K.-O.) qui menace : «Je me suis entraîné comme jamais pour le mettre K.-O. samedi».

En tout juste un an, la rivalité entre les deux meilleurs moyens — et, pour beaucoup d'observateurs, les deux meilleurs boxeurs toutes catégories confondues — en activité, est devenue l'une des plus marquantes du siècle.

Test positif

Cela a débuté dès la fin de leur premier combat, finalisé après deux années d'âpres négociations, qui s'était soldé le 16 septembre 2017, déjà à Las Vegas, par un nul contesté (113-115, 114-114, 118-110) tant Golovkin, invaincu jusque là, avait dominé et pris de vitesse Alvarez.

Après avoir généré des recettes de 100 millions $ grâce aux ventes de télévision à la séance et de 27 millions $ grâce à la billetterie, le deuxième opus a rapidement été finalisé et devait avoir lieu le 5 mai 2018.

Mais, coup de théâtre, ce combat a dû être annulé, Alvarez étant suspendu six mois après un contrôle antidopage positif au clenbutérol.

Le Mexicain, surnommé «Canelo» en référence à sa chevelure rousse, avait expliqué la présence de cette substance dans son organisme par la consommation de viande de bœuf traitée avec cette hormone de croissance dans les élevages de son pays.

L'explication n'avait pas convaincu Golovkin, privé du plus gros chèque de sa carrière, alors qu'il n'avait touché «que» 3 millions $ pour leur premier duel.

«GGG», établi en Californie et entraîné par un Mexicain, Abel Sanchez, n'a toujours pas digéré ce rendez-vous manqué, même s'il a donné une seconde chance à Alvarez.

«Je ne crois pas à ces histoires de viande contaminée, des experts ont déterminé qu'il s'agissait de dopage, pas de consommation de viande contaminée», a-t-il rappelé mercredi en arrivant à Las Vegas.

Il assure avoir eu accès à des photos montrant des traces de piqûres, causées selon lui par l'injection de produits dopants, sur le corps d'Alvarez.

«On ne peut pas nier qu'il s'agit de traces de piqûres sur les mains et les biceps [...] partout sur tout le corps, sur l'estomac aussi», a-t-il avancé.

Derby d’insultes

Depuis l'annulation du deuxième combat, les entourages des deux boxeurs s'insultent allègrement.

Sanchez s'est moqué ouvertement d'Alvarez en le qualifiant de trouillard qui n'avait fait que courir sur le ring face à la puissance de Golovkin lors de leur premier duel.

«Ce que dit Sanchez m'importe peu, parce qu'il se considère comme un grand entraîneur alors qu'il ne connaît pas la boxe», lui avait répondu aussitôt Alvarez.

Maintenant que les mots sont dits, tout est en place pour la grande bataille. Vendredi, les deux boxeurs ont fait le poids, Golovkin faisant osciller le pèse-personne à 159,6 lb, deux onces de plus que son rival.

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LEMIEUX VEUT EN FINIR VITE

David Lemieux

David Lemieux n'a pas l'intention de veiller bien tard, samedi, quand il affrontera Gary O'Sullivan. Le Lavallois déteste l'Irlandais et il compte bien «régler rapidement ce dossier».

Les deux pugilistes se sont insultés à qui mieux mieux plus tôt cette semaine lors de la conférence de presse des combats préliminaires du gala de samedi. «Vous sentez ça? C'est la peur que je sens, et ça doit venir de ce ‘‘gros tas de merde’’ assis là-bas, a d'abord lancé O'Sullivan (28-2, 20 K.-O.). Le combat de samedi va être à l'image de nos carrières : je suis en ascension et il est sur son déclin.»

«S'il parle tant, c'est qu'il a peur, a répondu Lemieux (39-4, 33 K.-O.). Tu vas te faire passer le K.-O.»

Les deux hommes se sont même bousculés lors du face-à-face, à un point tel que le président de Golden Boy, Eric Gomez, et Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management, ont dû s'interposer. «Je ne l'aime pas ce gars-là et j'ai hâte de lui faire savoir», a ajouté Lemieux lors d’un entretien téléphonique.

«Il est solide, ça risque de durer quelques rounds, mais je ne pense pas qu'il va durer tout le combat», a-t-il ajouté.

«Il faut que David soit vigilant, a nuancé Estephan. Mais ce que j'ai revu de David pendant le camp, dans la dernière semaine et [jeudi], à la conférence de presse, c'est un gars en santé, un gars hyperconcentré, qui n'aime vraiment pas O'Sullivan et qui est très motivé. J'ai peur pour la santé de O'Sullivan. Je pense que David va lui faire très mal.»  La Presse canadienne