Ancien culturiste, Steve Baker a détenu le record Guinness du plus grand nombre de push-ups, soit 85 en 56 secondes.

Des push-ups aux marathons

Steve Baker est une force de la nature. C’était déjà visible dans les années 90, lorsqu’il a détenu le record Guinness pour les push-ups à un bras. Ça l’est encore davantage à la lumière de son plus récent exploit : courir 12 marathons en sept mois… à 59 ans.

Le natif de Thetford Mines a terminé ses 12 travaux, dimanche, à Magog, au cours d’un 42,2 kilomètres ardu, dans les pentes de l’Estrie. Il avait amorcé son défi en avril, au marathon de Boston, trois ans et demi après avoir commencé le jogging. Sa course à Magog était sa cinquième en autant de fins de semaine.

Il commence à courir, fin 2013, pour se débarrasser de ses «poignées d’amour», une nouveauté pour celui qui a toujours été mince et musclé. Au départ, son défi est plus modeste : courir un marathon, un seul. Ça s’est avéré trop peu pour lui. Et pourtant, il s’admet une tendance paresseuse!

La course, un effort

«Moi, honnêtement, j’aime mieux m’écraser devant la télé et regarder un film», reconnaît le sympathique résident de Québec. «[La course], ce n’est pas vraiment un besoin pour moi. Ça me donne des effets positifs, mais ça me demande vraiment un effort.»

En fait, sa simple aisance avec ce sport est étonnante. Car même si son passé de culturiste et de roi des push-ups est plutôt loin derrière, Baker continue de traîner une masse musculaire impressionnante. Il n’a pas le physique typique d’un coureur.

Une forme «née» à la suite d’une mauvaise expérience, à 16 ans. «Je me suis fait donner une volée quand j’étais jeune, raconte-t-il. C’est là que j’ai commencé à faire des poids et haltères. Pour me venger. Mais ce n’est pas dans ma nature de me battre. Quand je suis devenu assez fort pour le faire, ça ne m’intéressait plus.» Le propriétaire du gymnase où il s’entraîne le pousse vers le culturisme. D’abord gêné, Baker devient champion.

Plusieurs années plus tard, sa force lui permet de faire tomber deux records Guinness. En 1994, à Lévis, il effectue 82 pompes en 60 secondes. Quatre ans plus tard, en Californie, il abaisse sa propre marque avec 85 réussites... à l’âge de 40 ans. «En fait, je suis tombé après 56 secondes. J’étais pas capable d’en faire plus», raconte Baker. Son exploit sera présenté aux bulletins de nouvelles des plus grandes chaînes américaines. (voir vidéo)  «J’étais top shape», se souvient-il, présentant au Soleil une photo de lui sur une plage californienne, où il semble tout droit sorti de l’univers de Baywatch (et qui aurait rendu David Hasselhoff jaloux).

L’idée des push-ups lui est venue… de Sylvester Stallone. Dans Rocky, l’acteur a immortalisé les pompes à une main lors d’une scène d’entraînement devenue mythique. Le talent de Baker lui aura permis de voir son nom imprimé pendant six ans dans l’un des livres les plus vendus de la planète, mais aussi de démontrer son savoir-faire devant 4000 personnes à Monsieur Olympia, l’une des plus prestigieuses compétitions de culturisme au monde.

Inspiré par son idole: Patrick Charlebois

Le défi des 12 marathons a aussi été inspiré par une idole, Patrick Charlebois, qui en a couru sept en sept jours sur sept continents, au début de l’année. Après avoir assisté à l’une de ses conférences, Baker se met en tête de relever un défi à la hauteur de ses moyens : sept marathons en sept mois dans sept villes.

«Mais je me suis dit : tant qu’à être entraîné pour sept, je vais en ajouter. Dans ma tête, ce n’était plus assez un gros défi. En fait, j’en aurais fait plus que 12, mais les autres étaient trop loin», explique Baker, un ingénieur de formation présentement en recherche d’emploi, père de trois enfants dans la vingtaine.

Il jogge beaucoup pour garder la forme, mais pas question de se rendre malade avec les saines habitudes alimentaires. Il admet manger très sucré et boire du vin, parfois trois jours avant une course. Ce qui ajoute une touche à l’aspect surhumain de ses réussites. Baker court d’ailleurs tous ses marathons habillé d’un t-shirt aux couleurs de Superman, une façon de se faire reconnaître, sans se prendre au sérieux. Il ne tente pas de battre les temps des meilleurs de sa catégorie, mais son record personnel — 3 h 33 min 28 s — en rendrait plusieurs jaloux.