La Lituanie a marqué son entrée dans le Tournoi pee-wee avec une victoire convaincante de 7-4 contre le Mexique.

Des pee-wee pas venus en touristes

Vous les croiserez cette semaine dans le Vieux-Québec, à la chute Montmorency ou à Valcartier. Mais même s’il s’agit de la première participation de leur pays au Tournoi pee-wee de Québec, les petits hockeyeurs de la Roumanie et de la Lituanie ne sont pas venus ici en touristes.

Les deux équipes l’ont prouvé dès leur entrée en scène à l’aide de victoires convaincantes de 7-1 pour la Roumanie, dimanche soir contre l’Australie, et de 7-4 pour la Lituanie, lundi matin contre le Mexique. Les deux formations concourent dans la catégorie Internationale B.

Cela en fait les 32e et 33e pays à se joindre à l’histoire du plus important tournoi de hockey mineur au monde. On compte 19 pays en lice juste pour cette 60e présentation.

Sans être des puissances, la Roumanie et la Lituanie possèdent une tradition de hockey minimale plus enracinée que dans certains pays ayant participé aux Pee-wee de Québec avant, comme l’Afrique du Sud (1999), le Maroc (2006), les Émirats arabes unis (2008) et l’Australie (2011). «En Roumanie, le hockey a perdu en importance dans les dernières années. Ça s’est étiolé à cause du manque d’infrastructures et de la perte d’intérêt du gouvernement», explique l’entraîneur adjoint Olivio Achim. «Mais il s’est bâti de nouveaux arénas récemment et plusieurs jeunes commencent à jouer. On espère que c’est un renouveau pour les générations futures.» Rencontré à la porte des vestiaires au Centre Vidéotron, l’homme admet ne jamais avoir joué au hockey lui-même. «J’étais un joueur de handball. Mais j’ai un fils dans l’équipe, Cristian. Ils ont construit un nouvel aréna dans notre ville, à Brasov, et ça lui est venu naturellement. Il patine depuis l’âge de quatre ans.»

Achim n’est pas sans se rappeler une équipe nationale roumaine de hockey plus prestigieuse. La Roumanie avait accédé au top huit mondial, le Championnat du monde élite, après avoir gagné le groupe B en 1976. L’expérience de 1977 a toutefois été ardue avec sept revers en sept matchs, dont des raclées de 18-1 contre l’URSS et de 13-1 face à la Tchécoslovaquie, mais de seulement 7-2 devant le Canada.

L’équipe nationale roumaine a remporté les honneurs en division 2A du Mondial en 2017 sous la gouverne d’un Québécois, Martin Lacroix, et est maintenant en division 1B (niveau 3 mondial).

D’un Lacroix à l’autre

L’équipe de la Lituanie aussi profite du savoir-faire québécois, alors que l’ancien adjoint du Canadien de Montréal Daniel Lacroix est derrière le banc. Avec deux ex-joueurs de la LNH dans la quarantaine, Danius Zubrus et Darius Kasparaitis, les Lituaniens ont gagné la division 1B l’an dernier et grimpent cette année en 1A (niveau 2 mondial).

«Le tournoi était tenu chez nous et de voir du hockey en vrai, les gens ont trouvé ça fantastique. Mais à la télé, ils n’aiment pas ça», affirme Sarunas Kuliesius, l’entraîneur-chef des pee-wee et adjoint de Lacroix avec l’équipe nationale senior.

Lui-même âgé de 42 ans, il a fait partie des programmes de l’équipe nationale durant 20 ans. «Dans le temps, il y avait 13 ou 14 attaquants et ils en prenaient 12. Une fois, j’avais eu une fracture de la jambe et deux semaines après, l’entraîneur m’a appelé pour participer au Mondial. Je ne pouvais pas mettre de poids sur ma jambe, mais j’y suis allé pareil!

«Mais ce n’est plus comme ça, maintenant. Au dernier camp avec Dan, on avait 17 ou 18 attaquants. On aurait pu tous les prendre et ça n’aurait pas été si pire», raconte celui qui évolue encore en championnat roumain et qui a par le passé joué en Suède, en Angleterre et en Biélorussie.

L’équipe pee-wee est basée à Vilnius, mais réunit pour l’occasion des joueurs de cinq villes. La formation roumaine de Brasov est également une sélection.

Leur parcours aux Pee-wee se poursuit mercredi (19h15) pour la Lituanie, contre Chicoutimi, tandis que les petits Roumains affrontent Angers jeudi (10h30).