Le Circuit québécois de canot à glace, qui compte cette année 350 canotiers et canotières, sera composé de sept épreuves dont la première, la Course de la Banquise, aura lieu à Porteuf samedi.

Des canotiers plus en sécurité sur le fleuve Saint-Laurent [VIDÉO]

«L’idéal, c’est de s’entraîner sur des lacs environnants, mais ils sont peu accessibles. Et le fleuve reste le fleuve.»

À sa 38saison de course, Jean Anderson en connaît un rayon ou deux sur le canot à glace. L’homme de bientôt 60 ans approche la centaine de victoires en carrière. Anderson et son équipage du canot Château Frontenac-Le Soleil revendiquent en plus 25 triomphes dans la mère des épreuves, celle du Carnaval de Québec, un record.

Mais ce sport ancestral ancré dans les racines hivernales québécoises ne cesse néanmoins d’évoluer. «Quand j’ai commencé, en 1982, la majorité des embarcations étaient en bois, explique Anderson. Les bateaux avaient 21 pieds et pesaient 325 lb en compétition, plus de 400 lb pour les bateaux d’entraînement. Aujourd’hui, c’est 28 pieds de long et tout juste 255 lb, tout en fibres de carbone.»

L’aspect sécurité aussi continue de s’améliorer. Le fleuve Saint-Laurent étant ce qu’il est, la dangerosité de l’activité ne fait pas de doute et l’Association des coureurs en canot à glace du Québec, dont Anderson préside le conseil d’administration, tente toujours de dénicher de nouvelles façons de rendre son sport plus sécuritaire.

Le décès en décembre 2017 du canotier expérimenté Daniel Malenfant sur le fleuve a été un coup dur pour la communauté du canot à glace. Le rapport du coroner publié il y a quelques jours a permis de prolonger certaines avenues.

Anderson soumet quatre éléments qui ont été ou seront améliorés. «Une chose très importante, c’est le port de la radio VHF [très haute fréquence]. On oblige la radio VHF, mais beaucoup d’équipes la gardent dans un sac, dans le canot. Avec les études qu’on a faites du naufrage, on pense qu’il n’était pas certain de se rendre à la nage jusqu’à la rive et qu’il s’est dit que la première chose à faire était l’appel de détresse. Alors il est resté au canot pour prendre la radio, mais le temps d’ouvrir le sac, on a des mitaines, le sac fermé...»

«Il faut vraiment avoir la radio sur soi et pouvoir faire l’appel de détresse rapidement, poursuit le vétéran canotier. Parce qu’après le naufrage, il est quand même resté 53 minutes dans l’eau. Normalement, on peut rester conscient une heure et 10 ou quart, avec une bonne ceinture qui nous garde la tête hors de l’eau.»

Ceinture de sécurité

Les ceintures de sécurité sont aussi sous la loupe des canotiers, toujours à la recherche du produit «le mieux adapté pour le canot à glace», affirme-t-il. Des bénévoles de l’Association ont aussi réalisé cet hiver des tests afin d’optimiser le système de flottaison permettant la remise à flot du canot.

Il est également question d’installer dans les canots à glace «des petits bateaux gonflables, comme pour les voiliers. Tu tires là-dessus, ça se gonfle et tu peux embarquer jusqu’à ce que le couvert de glace arrive», explique Anderson.

N’empêche que la formation des canotiers demeure l’arme principale contre les tragédies. Cette année, le Circuit québécois de canot à glace compte 350 canotiers et canotières, dont 35 nouveaux qui ont reçu plusieurs séances de formation pour être en mesure de se lancer à l’assaut du Saint-Laurent.