Denis Vachon a connu ses plus belles années sur la scène nationale et internationale de ski de fond au début des années 2000. Aujourd’hui, il est ingénieur en hydrogéologie.

Denis Vachon: toujours bien branché

Comme bien des gens, Denis Vachon sera sur les Plaines en fin de semaine afin d’assister à la finale de la Coupe du monde de ski de fond. Mais il ne se contentera pas d’apprécier le spectacle. Profitant d’informations privilégiées, il pourrait jouer au gérant d’estrades. Car même s’il a mis un terme à sa carrière de fondeur il y a une quinzaine d’années, il demeure encore très branché sur le petit monde du ski de fond.

«J’ai décroché du milieu parce que je ne suis plus sur le circuit de compétition, mais je continue de suivre tout ce qui se passe par la bande», confie celui qui a bien hâte d’analyser les différentes stratégies des coureurs. «Mon grand ami, c’est Louis Bouchard, l’entraîneur-chef de l’équipe nationale. Et on se parle souvent. Et quand Devon Kershaw allait s’entraîner dans l’Ouest, il habitait chez un de mes amis. Le ski de fond, c’est un petit milieu. On connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un. On peut donc rester informé sur ce qui se passe.

«Comme j’ai passé les 10 dernières années dans l’Ouest, ce sera la première fois que j’aurai l’occasion d’assister à la Coupe du monde sur les Plaines. Je devrai donc me familiariser avec le parcours. Mais j’ai des amis qui m’ont dit où je devrais me placer. Et j’ai eu déjà quelques insides

Vachon a été initié au ski de fond par son père. Il a eu ses premiers succès sur la scène régionale au milieu des années 90. Après s’être imposé chez les juvéniles et les junior B, il a été appelé à se joindre au Centre national d’entraînement où il a retrouvé les Denis Blanchard, Donald Farley, Guido Visser, etc.

«Une belle gang. J’étais le petit jeune du groupe. Me retrouver avec tous ces athlètes, c’était à la fois plaisant et motivant. Je n’avais aucune pression. J’espérais faire l’équipe nationale et eux, les JO. Il y avait un gros gap entre nous. Leur présence, c’était un bon coup de pouce pour m’aider à monter. Sauf qu’avec les années, mes mentors sont devenus mes rivaux. C’est quand j’ai commencé à leur tenir tête lors de certaines épreuves que j’ai commencé à me dire que les Jeux, c’était peut-être possible pour moi aussi.»

La fin du rêve

Vachon a connu ses plus belles années sur la scène nationale et internationale au début des années 2000. Il a cependant renoncé à poursuivre son rêve olympique en 2004. Une décision motivée par une mauvaise saison, mais aussi par le fait qu’il avait perdu sa place au sein du programme de l’équipe nationale et, du coup, son financement d’athlète. Inscrit à l’université, il a opté pour terminer son bac en génie hydrogéologique. Et parallèlement, il a skié au sein d’une équipe semi-professionnelle.

«J’ai fait ça pendant trois-quatre ans. N’ayant pas arrêté de skier du jour au lendemain, la transition vers mon après-carrière a été beaucoup plus facile. J’avais du plaisir et je pouvais continuer à pousser et à souffrir. Quand je gagnais, c’était super le fun, mais quand je finissais 62e, ce n’était pas grave. Je trouvais donc mon compte.»

C’est quand il a commencé à être moins compétitif que Vachon a renoncé à la compétition. Installé à Vancouver, c’était plus difficile pour lui de s’entraîner, les beaux centres de ski étant loin de la ville. Il s’est alors contenté de skier avec des amis dans un cadre social. Aujourd’hui, il ne garde que de beaux souvenirs de sa carrière, à commencer par toutes les amitiés qu’il a développées.

«Même si le ski de fond est un sport individuel, on forme quand même comme une petite famille. Aujourd’hui, peu importe où je vais, je suis presque certain d’y retrouver un ami ou une connaissance qui pourra m’héberger ou me faire découvrir des trails.

«Ma carrière m’a aussi permis d’acquérir plein de choses. Mon anglais, c’est à elle que je le dois. Et j’ai pu voyager. Est-ce que j’ai des regrets de ne pas avoir réalisé mon rêve olympique? Non. Les Jeux, ce n’était peut-être pas pour moi. Je n’étais peut-être pas prêt à faire tous les sacrifices pour y arriver. Je me console en me disant que même si j’y étais allé, je n’aurais probablement pas pu faire mieux qu’un top 30 ou quelque chose comme ça. Ma plus grande déception, ç’a été d’avoir été écarté de l’équipe nationale. Mais j’avais un plan B.»

Ingénieur en hydrogéologie minière, l’ex-fondeur est spécialisé dans les eaux souterraines. Il a passé une dizaine d’années sur la côte Ouest. De retour à Québec depuis quelques semaines, sa conjointe et lui se sont mis à la recherche de l’endroit idéal où ils pourraient s’installer avec leurs deux jeunes enfants. Adeptes d’activités de plein air, ils souhaitent trouver une maison située à proximité du centre-ville et près d’un terrain de jeu naturel où ils pourront faire du vélo, du vélo de montagne, du ski de fond, du ski alpin, etc.

«On veut pouvoir profiter de la vie de plein air. Pour nous, l’activité physique, c’est sacré. Et c’est ce style de vie que l’on veut inculquer à nos enfants. On ne veut pas nécessairement qu’ils fassent du sport de haut niveau. On souhaite juste que ça soit dans leur culture de sortir dehors et de bouger.»

+

QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Personnalité marquante

R  Louis Bouchard. Pour son amitié et sa grande ouverture. C’était une bonne personne. Tout au long de ma carrière, il m’a épaulé.

Q  Fait marquant

R  Mes courses de début de saison à Silver Star Mountain en 2001, je crois. J’ouvrais en force, avec de bons résultats. Ça me permettait quasiment de donner le ton à ma saison pour le reste de l’année.

Q  Performances marquantes

R  Mes courses aux Championnats canadiens junior B (1996). Je ne m’attendais à rien, mais j’avais terminé sur et pas loin du podium. J’ai découvert mon potentiel. Ça m’a lancé.

Q  Ce qui te manque le plus

R  Les camps d’entraînement pour les amitiés que tu développais, mais aussi après avoir eu des difficultés et sortir fatigué, mais sentir une grande satisfaction et pouvoir dire «mission accomplie».

Q  Plus grande qualité

R  Ma détermination et être capable de souffrir, d’aller au-delà de mes limites.

Q  Ce qui te manque le moins

R  Le ski à roulettes sous la pluie. Mes skis à roulettes, c’est la première chose que j’ai vendue. Je n’y retoucherai plus jamais.

Q  Dans 20 ans

R  Posséder un petit motorisé et aller faire du vélo, de route et de montagne, un peu partout afin de profiter au maximum des week-ends.