Antoine Valois-Fortier a lâché un soupir de soulagement après avoir appris que la décision du Comité olympique canadien de renoncer à sa participation en cas de maintien du rendez-vous prévu pour le 24 juillet, au Japon.

Décision du Canada de renoncer aux JO en 2020: un effet boule-de-neige souhaité

Après le Canada, dimanche, des pays comme l’Australie, la Pologne et la Norvège ont aussi pris la décision de ne pas participer aux Jeux olympiques de Tokyo si ceux-ci n’étaient pas reportés. Médaillé de bronze aux Jeux de Londres, en 2012, le judoka Antoine Valois-Fortier émet le souhait que l’effet boule-de-neige se poursuive pour faire entendre raison au Comité international olympique (CIO).

L’athlète de Beauport a lâché un soupir de soulagement après avoir appris que la décision du Comité olympique canadien (COC) de renoncer à sa participation en cas de maintien du rendez-vous prévu pour le 24 juillet, au Japon. Et si l’information émanant de Dick Pound, membre canadien du CIO, voulant que les Jeux seraient repoussés à 2021 s’avérait juste, ce serait encore mieux.

«Il s’agit de la bonne décision à prendre, je suis vraiment fier du Canada et j’espère que ça fera un effet boule-de-neige à travers le monde. Je comprends qu’il y a beaucoup d’argent en jeu, mais comme athlète, il faudrait vraiment avoir des réponses rapides», expliquait Valois-Fortier, rejoint à Montréal, où il est basé depuis plusieurs années.

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Le judoka de 30 ans n’a pas eu se mettre en quarantaine volontaire puisque le voyage qu’il devait faire pour une compétition tenue en Russie a été annulé la journée même de son départ.

«J’ai évité le pire, c’est un coup de chance que je ne sois jamais parti. Et on s’entend pour dire qu’avec les contacts physiques, il n’y a aucune distanciation sociale au judo, c’est sûr que j’aurais attrapé le virus», racontait celui dont la troisième sélection olympique est à peu près assurée.

Après avoir obtenu le bronze, en 2012, Valois-Fortier avait terminé septième aux Jeux de Rio, en 2016. Ralenti dans la dernière olympiade des blessures au dos et à la hanche, il était présentement au sommet de sa forme. Il ne voit pas de problème à retarder le tout d’une année, si on en arrive à cette décision.

«Il n’y a aucune garantie, mais je pense bien que je pourrais me remettre dedans. Dans un monde idéal, j’aurais préféré que les Jeux aient lieu cet été, mais c’est clair que mon horaire sera plus mollo dans les prochains mois. Ma décision à savoir si j’allais continuer après les Jeux de 2020 était plutôt incertaine, mais il ne fait aucun doute maintenant que je vais le faire.»

Valois-Fortier pensait à ses rivaux européens, confinés à l’isolement, qui n’auraient pas le temps de retrouver la forme et de se qualifier si les Jeux étaient maintenus. «Il faut que le CIO pense à la préparation des athlètes, comme ceux de l’équipe italienne, par exemple», ajoutait l’athlète de l’année à Québec en 2012 et 2016, présentement plus préoccupé par la santé publique de la population que le sport.

Karen Paquin

Karen Paquin était sortie de sa retraite afin de participer aux Jeux.

Installée à l’autre bout du pays, la joueuse de rugby de Québec Karen Paquin était déchirée. Si l’athlète de 32 ans vivait une grande déception personnelle, la citoyenne se rangeait 100 % derrière la décision.

«Égoïstement parlant, c’est dur. J’ai fait une quantité d’efforts assez grande pour être ici, mais logiquement, c’était la seule chose à faire. Les athlètes sont un peu les promoteurs de la santé, ça n’aurait pas eu de sens qu’on aille aux Jeux dans l’état actuel de la situation.»

Paquin était sortie de sa retraite afin de participer aux Jeux. La médaillée de bronze de Rio en rugby à sept se trouve toujours à Victoria, en Colombie-Britannique, où l’équipe canadienne est centralisée. Sa quarantaine de 14 jours prend fin, mardi.

«Présentement, on vit ça au jour le jour comme tout le monde, on s’entraîne individuellement comme on peut, on fait des réunions d’équipe par vidéo. Je vais sûrement rentrer à Québec bientôt pour retrouver mon conjoint et ma famille. Ce n’était déjà pas facile de vivre une année à distance, il faudra peut-être en faire une autre si les Jeux ont lieu en 2021. Au moment où l’on se parle, je ne suis pas capable de dire que je n’irais pas aux Jeux s’ils étaient reportés d’une année…», disait celle qui aurait souhaité que le CIO tranche avant que le COC ne le fasse.