Le spécialiste du 1500 m Charles Philibert-Thiboutot critique la lenteur du CIO à prendre une décision : «Il est clair que le sort des athlètes n’est pas la priorité du CIO. Mais dans le fond, le sport, on devrait un peu s’en foutre, présentement. Il faut d’abord sauver des vies. [...] Je trouve qu’il s’agit d’un manque de respect envers la population de se penser plus gros que le virus…»

Décision du Canada de renoncer aux JO en 2020: Philibert-Thiboutot soulagé

Un mot : soulagement. Le coureur Charles Philibert-Thiboutot a fort bien accueilli la décision du Comité olympique canadien de renoncer à envoyer des athlètes à Tokyo si les Jeux n’étaient pas remis à une date ultérieure.

«Ça envoie un message clair. Juste d’un point de vue de santé publique, c’est illogique de tenir les Jeux olympiques, cet été. Ça ne fait aucun sens. Même dans un scénario où il n’y aurait plus de pandémie, réunir tout le monde au même endroit serait la recette parfaite pour la relancer», disait-il, lundi matin.

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Demi-finaliste au 1500 m aux Jeux de Rio, en 2016, l’athlète de Québec a été surpris par la vitesse à laquelle les choses ont évolué, dimanche. À titre de représentant du comité des athlètes, il savait qu’Athlétisme Canada allait publier une lettre dans ce sens et la décision du COC est tombée, en fin de soirée.

«À l’intérieur de six heures, le COC a lancé cette bombe. Je suis soulagé, ça démontre que la santé des athlètes est importante pour le comité olympique, ça lui tient à cœur. Il y avait unanimité de la part des différentes fédérations nationales et le COC était à l’écoute», a ajouté le sportif de 29 ans.

Il n’a pas le même respect pour le Comité international olympique (CIO) qui tarde à prendre position et qui se donnait quatre semaines pour décider du sort des Jeux de Tokyo.

«Il est clair que le sort des athlètes n’est pas la priorité du CIO. Mais dans le fond, le sport, on devrait un peu s’en foutre, présentement. Il faut d’abord sauver des vies. On va tomber dans une récession économique. Je trouve qu’il s’agit d’un manque de respect envers la population de se penser plus gros que le virus…» dit-il sur un ton virulent envers le CIO.

Sur le plan sportif, la pause forcée pourrait lui être bénéfique. Au cours des dernières années, l’ancien du Rouge et Or a eu maille à partir avec diverses blessures. Ce n’est donc pas cet obstacle qui va le distraire.

«J’ai été malchanceux au cours des dernières années et j’ai souvent eu à modifier mon plan d’entraînement. Alors ce n’est pas différent, cette fois-ci, j’en ai l’habitude… De toute manière, je n’avais pas l’intention de prendre ma retraite après 2020, alors je vais continuer.»

Sa sélection olympique pour Tokyo n’était pas dans la poche, il devait se classer parmi le top 45 mondial et réaliser un podium canadien au cours des prochains mois pour y aller. «Ça aurait été une grosse commande, mais de 2015 à 2018, j’ai pas mal toujours été dans le top 45», a dit le spécialiste de 1500 qui regarde aussi l’option du 5000 m.

Desgagnés aussi

À 21 ans, Jean-Simon Desgagnés voit aussi d’un bon œil le possible report des Jeux olympiques. «Si c’est le cas, ça me donnera une année de plus pour optimiser mes chances d’y aller parce que pour le faire en 2020, il aurait fallu que je réussisse plusieurs records personnels. Il faudra bien sûr que ma courbe de progression se maintienne, mais ça ne serait pas à mon désavantage», a confié l’étudiant de troisième année en médecine qui poursuit ses cours à distance, comme les autres à l’Université Laval.