Échangé de New York à Cincinnati le 8 mai, Matt Harvey n’aura pas la chance de grimper sur le monticule du Citi Field, puisque son tour dans la rotation n’arrivera pas lors de cette série de trois rencontres entre les Mets et sa nouvelle équipe, les Reds.

De retour au Citi Field, Matt Harvey avoue avoir fait des erreurs

NEW YORK — Lancer lors de la Série mondiale, entendre les applaudissements qui lui étaient destinés au Citi Field, devenir le «Chevalier noir» : ces souvenirs pas très lointains sont très frais dans la mémoire de Matt Harvey.

Mais d’autres souvenirs, encore plus récents, lui reviennent : être suspendu pour ne pas s’être présenté au stade, s’être fait frapper solidement au point d’être chassé de la rotation des partants et avoir subi les foudres des fans de New York. 

«Je me souviens surtout des applaudissements... et un peu des huées», affirme l’ancien as de la rotation des Mets. 

Échangé à Cincinnati le 8 mai en retour du receveur Devin Mesoraco, Harvey revenait lundi dans le stade dans lequel il a régné de 2012 à 2015, avant que les choses ne se dégradent petit à petit. 

N’étant pas supposé lancer lors de la série de trois rencontres entre les Mets et les Reds, Harvey quand même eu la chance de «tester» la mémoire des fans new-yorkais, puisque certains ont pris soin de l’interpeller lorsqu’il s’est présenté sur le terrain pour lancer quelques balles avec les autres joueurs des Reds avant la rencontre.

«Dark Knight!» («Chevalier noir», en référence à Batman), lui ont lancé ces amateurs, afin de lui souhaiter la bienvenue.

A-t-il un message à transmettre à la foule de New York? «J’ai fait beaucoup d’erreurs, et je veux que les gens sachent que je les regrette», répond-il franchement. «J’espérais que les choses ne se terminent pas ainsi [par une transaction].»

Des cris qui rappellent sa rapide ascension au statut de vedette. 

Promu avec le grand club en 2012, Harvey a été le lanceur partant de la Ligue nationale au Match des étoiles, disputé au Citi Field la saison suivante. Lors de cette saison 2013, qu’il a terminée avec une fiche de 9-5 et une moyenne de points mérités de 2,27, il a eu le dessus lors d’un duel mémorable avec l’as des Nationals de Washington Stephen Strasburg, soirée au cours de laquelle les fans des Mets scandaient «Harvey est le meilleur!». 

Dès cet instant, le visage de Harvey est devenu familier pour les lecteurs des journaux, puis le lanceur s’est mis à fréquenter le jet-set new-yorkais, vivant pleinement la vie de vedette. 

Le natif du Connecticut a atteint son zénith en 2015, lorsque ses deux victoires en éliminatoires ont aidé les Mets à atteindre la Série mondiale. Le Citi Field n’avait jamais été plus bruyant avant que Harvey grimpe sur le monticule en neuvième manche lors du cinquième match de cette série, alors que New York menait 2-0 face aux Royals de Kansas City. 

Le début de la fin

Harvey avait été absolument intraitable avant la neuvième, mais après un but sur balles et un coup sûr des visiteurs, tout s’est effondré pour les Mets et leur lanceur vedette. Les Royals ont réussi à inscrire deux points en neuvième pour créer l’égalité, avant de l’emporter en 12e- manche pour s’emparer du titre.  Puis, les choses ont commencé à se gâter pour le droitier de 6’4’’.

Après avoir raté la totalité de la saison 2014 afin de se remettre d’une opération de type Tommy John, d’autres blessures sont apparues. «J’ai vraiment tout donné [pendant la saison 2013] et mon corps n’a pas du tout suivi», constate Harvey. 

Harvey affirme ensuite que les frustrations liées à ces blessures «m’ont amené à me questionner sur mon désir de continuer à jouer au baseball.»

Après une série d’incidents hors du terrain et un début de saison catastrophique (0-2 et une mpm de 7,00 en quatre départs et quatre sorties en relève), les Mets en ont eu assez du lanceur de 29 ans, l’expédiant à Cincinnati.  «J’ai pleuré, j’étais triste. J’ai eu bien du mal à accepter [la transaction]», admet-il. 

Depuis son arrivée en Ohio, Harvey s’est un peu retrouvé avec les Reds, qui croupissent au dernier rang de la section Centrale de la Nationale. Sa fiche de 5-5 et sa moyenne de 4,79 en 15 départs ne sont pas à proprement parler extraordinaires, mais son rendement est assez satisfaisant pour que certaines rumeurs subsistent au sujet d’une éventuelle transaction qui lui permettrait de terminer la saison avec une équipe impliquée dans la course aux séries. 

«J’avais besoin de ressentir de la confiance et d’obtenir des manches de travail», dit Harvey. «Je suis très reconnaissant envers l’organisation des Reds de me laisser la chance de me ressaisir.»

Le gérant par intérim des Reds, Jim Riggleman, a simplement souligné que le passé de Harvey à New York ne l’intéressait pas, préférant donner la chance au coureur. 

«Bien sûr, on a entendu plusieurs histoires à son sujet, mais on ne se sentait pas concerné par tout ça», a déclaré Riggleman, qui a eu de bons mots pour son protégé, prédisant qu’il pourrait retrouver son aplomb d’antan. «Il est encore en ‘‘reconstruction’’. Je crois qu’il sera bien meilleur la saison prochaine.»