Michel Blier et André Borys font une petite pause au pied du mythique chêne près du chalet du club Augusta National.

De retour à Augusta pour le rêve et pour André

AUGUSTA — Michel Blier a cru rêver pendant un an, soit depuis sa première visite au Tournoi des maîtres en avril dernier.

«Je me disais que je rêvais», a expliqué le professionnel en titre du club de golf Bic. «C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de revenir cette année : pour m’assurer que ce n’en était pas un. Et c’est bien vrai, ce n’était pas un rêve.»

Michel Blier est arrivé tôt lundi, en compagnie d’André Borys, un représentant de la compagnie Ping. «Nous étions dans la boutique de souvenirs à 7h», dit-il, et c’était déjà plein. «C’est incroyable ce que les gens du Augusta National ont réussi à faire. C’est bien plus facile de circuler et il y a tellement de choses à vendre que c’est difficile de résister. L’an dernier, à ma première visite dans la boutique, j’ai dépensé une centaine de dollars. J’en ai fait une deuxième et j’ai acheté un peu plus, puis une troisième visite et ce fût encore plus d’achats.»

Lors de notre entretien, à l’ombre du mythique chêne près du chalet du Augusta National, c’était l’heure de départ de Tiger Woods pour sa ronde d’entraînement. «C’est incroyable l’atmosphère qu’il y a ici, on sent un vibe qu’on ne retrouve pas ailleurs. Finalement c’est bien que l’on se soit donné rendez-vous à cette heure-ci, car nous n’aurions pu assister à cette scène.»

Le professionnel du Bic est du genre plutôt calme et discret. «Je te dirais que je suis capable de passer inaperçu, mais je réussis toujours à me faufiler à quelque part. Mais pas ici. Tout le monde respecte tout le monde et tu ne peux et ne veux pas déroger à cette règle. Tout est tellement bien organisé. La circulation se fait rondement dans les concessions pour la nourriture et je te dirais que c’est même le fun d’aller aux toilettes parce qu’encore là, l’organisation est impeccable.

«Pour quelqu’un qui travaille dans le domaine du golf, je crois que de venir au Tournoi des maîtres, c’est un genre de consécration.»

Grave accident

Son compagnon de voyage, André Borys, pour qui c’était une première visite, abondait dans le même sens. «André est la deuxième raison pour laquelle je voulais revenir absolument à Augusta», souligne Blier. «Après ce qu’il a vécu, je ne pouvais faire autrement que de l’amener ici.»

Représentant de Ping depuis 2004, André Borys n’a recommencé à travailler qu’il y a quelques mois, à la suite d’un grave accident. «J’étais à vélo quand une auto filant à 90 km/h m’a frappé par en arrière. J’ai eu la vertèbre C1 fracturée en trois endroits. J’étais encore conscient quand j’étais étendu sur l’asphalte et ma première pensée a été pour ma famille. Puis je me suis dit que je n’étais pas encore allé au Tournoi des maîtres et que peut-être ça n’arrivera jamais.»

Après une période de réadaptation et quelques mois de repos, il a repris le boulot. «Quand j’ai gagné des billets au tirage, il était le premier sur ma liste d’invitation», a ajouté Michel Blier.

Pendant sa convalescence, André Borys, dont les grand-parents maternels habitaient Saint-Apollinaire, a réalisé pleinement les valeurs de la famille Karsten, les propriétaires de la compagnie Ping. «John, le petit-fils du fondateur de la compagnie, est parti de la Californie pour venir me rendre visite à l’hôpital à Ottawa. Ce fut une surprise totale pour moi. Et quelle considération de sa part.»

Et ce n’est pas tout. Quand André a acheté sa première maison, la compagnie lui a offert un prêt sans intérêt. Rien de moins.

«Ça fait longtemps que l’on parlait du Augusta National et du Tournoi des maîtres et qu’on m’en disait de belles choses», ajoute-t-il. «Je crois que ça dépasse l’imagination. Une chose est certaine, pour moi, c’est comme un miracle de me trouver ici. J’apprécie vraiment chaque minute de mon séjour ici.»

André a aussi été émerveillé par la nouvelle boutique. «J’ai pris une tasse dans une étagère et je l’avais à peine dans les mains qu’une autre tasse prenait la place. Il y avait quelqu’un derrière la tablette qui remplissait les espaces vides au fur et à mesure.»