Le quart-arrière des Eagles de Philadelphie Nick Foles aimerait être pasteur dans une école après sa carrière dans la NFL.

De quart-arrière à... pasteur

BLOOMINGTON, Minn. — Nick Foles a «ressenti» un appel qui lui a dicté de faire bien plus que de lancer des passes de touché.

Pas de doute, Foles pourrait être un héros à Philadelphie lundi si le LIIe Super Bowl a tourné en faveur des Eagles.

Mais pour le principal intéressé, ce ne serait qu’une étape, Foles pouvant déjà dire quelle sera la grande mission de sa vie. 

«Je veux être pasteur dans une école», a lancé Foles jeudi. «Je le ressens dans mon cœur. J’ai fait un acte de foi l’an dernier et je me suis inscrit à des cours pour accomplir ma mission. C’est une manière pour moi d’aller plus loin dans mes croyances. C’est un beau défi, car le pasteur doit dire et écrire des choses qui s’inspirent de la Bible et qui auront un impact dans le cœur des gens.»

Foles est un des nombreux membres des Eagles qui n’hésitent pas à afficher ouvertement leurs croyances religieuses. Plusieurs joueurs de l’équipe passent donc du temps ensemble pour prier, étudier la Bible et échanger sur leurs croyances.

Foles était déjà très actif dans cet aspect lors de son premier passage avec les Eagles (2012 à 2014) et il est devenu un genre de guide pour les jeunes joueurs, qui n’hésitent pas à le consulter pour discuter de leurs débats intérieurs.

Un autre joueur qui joue un rôle similaire est le garde Stefen Wisniewksi, dont les plans d’après-carrière sont similaires à ceux de son quart-arrière.

«Des gars comme Nick et ‘‘Wis’’ peuvent vous en apprendre beaucoup sur les Saintes Écritures, c’est très inspirant», confie Kamu Grugier-Hill, un secondeur qui excelle dans les unités spéciales.

Désir d’aider les jeunes

Ce qui incite Foles à emprunter cette voie, c’est le désir d’aider les jeunes à trouver leur chemin dans la vie. L’expérience qu’il acquiert sur et hors du terrain lui sera sans aucun doute utile pour inspirer les jeunes.

«Lorsque je leur parle [aux étudiants], je garde en tête que ces jeunes hommes et ces jeunes femmes font face à la pression de la société. Ils sont confrontés à tellement de tentations via Internet et les réseaux sociaux. Il ne faut pas hésiter à parler de ça, à se confier sur nos faiblesses. Je sais de quoi je parle, car moi aussi, j’ai cédé aux tentations dans ma vie», souligne Foles. «Je dois penser à ce que je vais faire, car je sais que je ne jouerai pas au football toute ma vie. Je me considère privilégié que Dieu m’ait ouvert cette porte. Mais j’ai encore beaucoup à apprendre, cette aventure et cet apprentissage ne font que commencer.»

Dilemme

Cet appel divin a définitivement suscité des interrogations dans la tête du quart de 29 ans, lui qui a pensé prendre sa retraite après avoir demandé aux Rams de St. Louis de le libérer à la fin de la saison 2015. Finalement, deux événements ont fait en sorte qu’il a décidé de demeurer sur le terrain de football.

Premièrement, il n’a pu résister à la tentation d’être réuni à Kansas City avec Andy Reid, qui l’avait repêché en troisième ronde en 2012 alors qu’il dirigeait les Eagles. 

Surtout, c’est à travers la prière qu’il a pu résoudre son dilemme et poursuivre sa carrière sportive qui, par un heureux hasard, l’a ramené à Philadelphie.

Et maintenant, c’est une blessure qui lui a permis de revenir sous les projecteurs. Lorsque le quart-arrière partant Carson Wentz est tombé au combat le 10 décembre dernier contre les Rams de Los Angeles, l’entraîneur Doug Pederson a remis les clés de l’attaque entre les mains de Foles, qui a su faire taire ceux qui doutaient, notamment lors de la finale de la Conférence nationale où il a lancé quatre passes de touché dans un gain de 38-7 contre les Vikings du Minnesota. 

Cette performance a permis à Foles de se hisser au sommet pour le ratio d’efficacité chez les quarts qui ont lancé au moins 75 passes dans les séries en carrière. Avec une cote de 116,4 — avant le match de dimanche —, Foles devance même Tom Brady, dont le ratio s’élève à «seulement» 90,1.

«J’ai vraiment dû creuser au fond de moi-même pour décider ce que je devais faire, si je devais continuer à jouer ou si je devais prendre une autre direction», explique Foles. «L’une ou l’autre des options était la bonne pour moi, je devais simplement faire confiance à Dieu. Je suis content de l’avoir écouté.

«Mais, au bout du compte, mon amour du football a vraiment pesé dans la balance. Je joue à ce jeu depuis mon enfance, j’aime faire du sport et j’aime faire partie d’une équipe. Ça aussi, ça compte. Je dois remercier Dieu de m’avoir ouvert les yeux là-dessus.»