Derrière le banc des jeunes insulaires Eric Boulton (à gauche), qui a évolué dans la LNH avec les Sabres, les Thrashers et les Islanders, est l’adjoint de l’ancien du Canadien de Montréal et des Citadelles de Québec Arron Asham. C’est la première fois qu’ils sont réunis au sein de la même équipe, eux qui ont joué l’un contre l’autre pendant une vingtaine d’années.

De la poigne derrière le banc des pee-wee

«Je ne sais pas de quoi tu parles, j’ai déjà réussi un tour du chapeau!»

Avec sa voix éraillée, Eric Boulton a tout du bagarreur qu’il a été dans la LNH durant 16 ans. Mais en vérité, c’était d’avoir trop crié après ses défenseurs qui l’a rendu presque aphone, mercredi matin, au Tournoi pee-wee de Québec. Ses petits Islanders de New York venaient d’arracher une victoire de 3-1 et se frotteront maintenant aux petits Remparts de Québec, jeudi, à 18h.

Derrière le banc des jeunes insulaires, Boulton sert d’adjoint à l’ancien du Canadien de Montréal et des Citadelles de Québec Arron Asham. Un autre qui ne disait jamais non à quelques claques sur la margoulette.

«On n’a jamais joué ensemble, mais on s’est affronté sur la glace durant 20 ans. On a même eu quelques combats l’un contre l’autre! Disons qu’on se connaît pas mal», lance Asham, sourire en coin.

Boulton, c’est 654 matchs de saison dans la LNH et 142 combats, selon le site HockeyFights.com, pour 1421 minutes de pénalité. Presque de 24 heures passées au cachot! Pour sa part, Asham aurait livré 98 combats au cours de ses 789 matchs pour 1004 minutes de punition.

«Il y a une raison pour laquelle on a duré dans la LNH», affirme celui qui a joué 52 matchs sur trois saisons (1999 à 2002) avec les Citadelles de Québec, alors équipe-école du Canadien dans la Ligue américaine.

«À la base, ça prend des habiletés. Puis à un certain niveau, tu trouves différentes façons d’aider l’équipe. Je marquais dans le junior et dans les mineures, mais j’ai dû changer de rôle pour rester le plus longtemps possible dans la LNH», dit Asham, qui montre des saisons dans le junior majeur de 45 et de 43 buts.

L’un des derniers durs à cuire dans la grande ligue, Boulton y a joué en 2016 son dernier match, où il n’a pas été puni. Et oui, il peut s’enorgueillir d’un tour du chapeau, en 2010 avec Atlanta, dans une victoire de 7-1 contre New Jersey. Il a atteint cette saison-là son record personnel dans la LNH de... six buts.

«Ce qui te permet de durer, c’est de faire attention aux détails et d’être un bon coéquipier. C’est ce que je veux maintenant enseigner aux jeunes», dit celui qui en est à sa deuxième expérience comme entraîneur au Tournoi pee-wee de Québec.

Il y dirige cette année son fils Ryder. «Tous les gars le savent [que j’étais bagarreur], mon fils le premier. Je lui souhaite de mettre plus de rondelles dans le filet que moi, mais si jamais c’est ce qu’il veut faire, je ne l’empêcherai pas. Par contre, je doute qu’il soit assez dur pour faire ça», ajoute l’homme de 42 ans.

Boulton travaille comme éclaireur des circuits professionnels pour les Islanders, alors cette semaine à Québec arrive comme des vacances pour lui. Asham en est à sa quatrième visite à Québec avec les pee-wee et s’occupe des programmes jeunesse des Islanders. Il dirige aussi une formation bantam avec son ancien coéquipier Garth Snow.

Après avoir été gardien, puis directeur général des Islanders durant 12 ans, Snow occupe dorénavant un poste de conseiller dans l’organisation. «En ce moment, il joue au golf en Floride!» le jalouse un peu son copain Asham.

NOTE: Ils sont maintenant 1279 joueurs qui ont joué au Tournoi pee-wee de Québec à avoir atteint la LNH. Sept se sont ajoutés dans les dernières semaines, dont Philippe Myers, grand défenseur des Flyers originaire de Moncton, et Kole Sherwood, premier produit de la région de Columbus à revêtir le gilet les Blue Jackets. Les deux ont joué à Québec en 2010.