Samuel Girard et Kasandra Bradette ont tiré un trait sur leur ancienne vie d’athlètes olympiques. Plus heureux que jamais, les tourtereaux bâtissent leur première maison, à Ferland-et-Boilleau.

De la patinoire olympique au chantier

«On était heureux quand on patinait, on a arrêté quand il le fallait et on est heureux dans notre après.» Les athlètes olympiques en patinage de vitesse courte piste, Kasandra Bradette et Samuel Girard, ont réellement tourné la page sur leur passé de sportifs. Six mois après l’annonce de leur retraite, Le Quotidien les a rencontrés, le week-end dernier, sur leurs terres de Ferland-et-Boilleau où ils s’activent à bâtir leur première maison. Visiblement, leur nouvelle vie leur sied à merveille et le bonheur semble vouloir s’inviter dans la demeure.

Le double médaillé olympique, Samuel Girard, opérait une pelle mécanique, lorsque la journaliste et le photographe sont débarqués chez eux, par un samedi matin nuageux. Tout sourire, le jeune homme de 23 ans semblait presque autant à l’aise aux commandes de la machinerie lourde que lorsqu’il chaussait ses lames.

Samuel Girard semble presque aussi à l’aise aux commandes de la machinerie lourde que sur ses patins.

Depuis l’annonce de leur retraite, au printemps dernier, les deux tourtereaux n’ont pas pris beaucoup de repos. Kasandra est retournée sur les bancs d’école, tandis que Samuel travaille dans le domaine de la construction, chez Constructions BDG de Saint-Félicien, la compagnie de son beau-père, Dany Bradette. Il a décroché ses cartes de compétence et il est présentement apprenti charpentier-menuisier. Un revirement complet de carrière, diront certains, mais qui comble le principal intéressé au plus haut point.

«Je vais être honnête, je ne m’ennuie pas du tout du patin! J’ai regardé les sélections récemment et ça ne m’a même pas fait un pincement au coeur. Je suis vraiment content de ma décision et j’adore ce que je fais présentement», raconte Samuel Girard, chaussé de ses bottes de travail et la casquette sur la tête.

Kasandra Bradette et Samuel Girard espèrent prendre possession de leur maison au printemps prochain.

Ses semaines, il les passe à Saint-Félicien, où il travaille en construction du lundi au vendredi. Il revient les week-ends à Ferland-et-Boilleau, son patelin natal, où il s’active à la construction de la future demeure du couple. «On n’arrête pas beaucoup! Et je n’ai même pas besoin de m’entraîner, puisque je travaille toujours physiquement. J’aime vraiment la rénovation et la construction, donc je m’investis beaucoup dans le projet de notre maison, c’est vraiment de l’autoconstruction et j’y travaille autant que je peux», explique le jeune athlète, qui a vraiment eu la piqûre pour la construction il y a deux ans, lorsque lui et Kasandra s’étaient lancés dans la rénovation de leur appartement, à Montréal.

Le choix du terrain à Ferland-et-Boilleau, sur lequel les fondations viennent à peine d’être coulées et qui est situé tout juste à côté de la maison des parents de Samuel, s’est fait naturellement. «Quand je suis venue ici la première fois, chez mes beaux-parents, je suis vraiment tombée en amour avec la place, la nature, la forêt, et quand on a commencé à jaser de se construire, le choix de l’emplacement s’est fait tout seul», ajoute Kasandra, qui est originaire de Saint-Félicien. «Tu étais mieux d’aimer ça!», réplique Samuel Girard, à la blague.

Le couple passe ses week-ends à travailler à la maison, alors que Kasandra étudie à l’université la semaine et que Samuel travaille à Saint-Félicien.

Les deux amoureux croient que leur nouvelle maison, de style chalet suisse avec mezzanine et vue sur le boisé, sera prête au printemps.

Kasandra en biologie

D’ici là, pendant que Samuel Girard passe ses semaines au Lac-Saint-Jean, Kasandra Bradette poursuit ses études à l’Université du Québec à Chicoutimi en biologie. Elle souhaite ensuite obtenir sa maîtrise en orthophonie. Si le domaine de la construction s’est imposé par lui-même pour «l’après-patin» de Samuel Girard, Kasandra a dû réfléchir un peu plus sérieusement à son avenir professionnel.

Toujours aussi dynamiques, les amoureux ne regrettent en rien leur choix de prendre leur retraite.

Elle qui a toujours été passionnée par les sciences avait songé d’abord à faire sa médecine vétérinaire, mais elle ne voulait plus s’éloigner de sa famille et de ses proches. «Il aurait encore fallu que je déménage à l’extérieur, car le cours se donne à Saint-Hyacinthe. Oui, j’aurais aimé devenir vétérinaire, mais je ne voulais plus faire de sacrifice sur ma vie personnelle. Avec ma carrière de patineuse, je n’étais jamais à la maison. Là, j’ai besoin d’être ici. J’ai donc rencontré un orienteur et l’orthophonie m’a beaucoup plu. Je ne sais pas où ça va me mener, mais j’aime beaucoup ce que je fais actuellement», raconte la jeune femme, qui prend également part au projet de construction de la résidence. «Pour le moment, je fais surtout à manger, mais je vais bientôt tomber dans les travaux de plastrage!», raconte-t-elle.

Si Samuel Girard a récemment décroché ses cartes d’apprenti menuisier, il va maintenant gravir les échelons pour devenir compagnon. «J’aimerais bien avoir ma propre compagnie. Être mon propre patron, c’est pas mal mon but!», lance le sympathique jeune homme.

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PLUS HEUREUX QUE JAMAIS

Si l’annonce de leur retraite a été accueillie par plusieurs comme une surprise, les deux athlètes olympiques n’ont jamais regretté leur décision, bien au contraire. Le rythme de vie effréné et les entraînements imposés ne manquent pas à Kasandra Bradette et à son conjoint, Samuel Girard. « Je regardais les sélections, l’autre jour, et j’étais contente de ne pas être là ! Le patin va toujours faire partie de nous, mais nos projets ne sont plus les mêmes », a souligné Kasandra Bradette. 

Évidemment, les deux jeunes sportifs se font encore saluer et féliciter sur la rue ou dans les commerces, lorsqu’on les reconnaît. « On nous demande parfois si on s’ennuie. Mais la réponse est non ! », ajoute la jeune femme, qui a récemment fêté son 30e anniversaire et qui continue d’entraîner des jeunes patineurs à Chicoutimi. 

Les parents de Samuel Girard, eux, ont vécu cette retraite hâtive un peu plus difficilement. « Je l’ai pris plus dur que mon fils, moi ! », confie la maman du patineur, Martine Bouchard, qui a suivi l’évolution sur la glace de son fils, avec son mari Grégoire Girard, de sa tendre enfance à sa médaille d’or, décrochée aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en 2018.

Mais les parents de Samuel sont très heureux d’avoir leur fils et leur belle-fille à proximité, soit à quelques mètres à peine de leur maison.

Le couple passe ses week-ends à travailler à la maison, avec l’aide de leurs proches, dont le père de Samuel, Grégoire Girard.
Les jeunes retraités ont troqué leurs patins pour des bottes de travail.