Le gérant des Diamants, Dominik Walsh, ne le cache pas : sa philosophie n’a jamais été celle des «cycles» du baseball junior où une année de succès est suivie de quelques années de vaches maigres.
Le gérant des Diamants, Dominik Walsh, ne le cache pas : sa philosophie n’a jamais été celle des «cycles» du baseball junior où une année de succès est suivie de quelques années de vaches maigres.

De grands espoirs pour les Alouettes et les Diamants

Alors qu’il a failli ne même pas y avoir de saison, les Diamants de Québec sont prêts à défendre leur titre de champions de la Ligue de baseball junior élite du Québec (LBJEQ) alors que leurs frères ennemis, les Alouettes de Charlesbourg, voudraient bien profiter de cette saison écourtée pour viser eux aussi les plus aux sommets. Le Soleil s’est entretenu avec Dominik Walsh, gérant des Diamants, et Frédéric Lajoie, nouveau gérant des Alouettes, quelques jours avant le début de la saison.

Dominik Walsh ne le cache pas : sa philosophie n’a jamais été celle des «cycles» du baseball junior où une année de succès est suivie de quelques années de vaches maigres. «Nous, on veut être compétitifs et aspirer aux grands honneurs chaque année. Il y a des années où nous étions à un ou deux gros joueurs d’un championnat, mais où on n’a pas transigé, car on ne voulait pas être dans la cave les saisons suivantes», explique le gérant dont les protégés lanceront leur saison jeudi à Trois-Rivières contre les Aigles Junior Élite.

Avec cinq participations à la finale et trois championnats au cours des six dernières années, on ne peut pas dire que la stratégie de Walsh est mauvaise.

Sans Ruel et Marchand 

Cependant, le gérant qui avait l’habitude de gagner avec ses lanceurs aura un grand défi cette saison puisque ses deux meilleurs partants de l’an passé, l’as gaucher Vincent Ruel et le droitier Derek Marchand, ont terminé leur stage junior. Pour couronner le tout, les deux autres membres de la rotation de 2019, Étienne Leroy-Audit et David Leclerc, débuteront la saison sur la liste des blessés.

«Cette année, nous n’avons pas un lanceur «trop fort pour la ligue» qui va gagner presque tous ses départs comme Vincent le faisait l’an dernier. Par contre, on a plus de profondeur au niveau des lanceurs. Ce que je veux, c’est avoir des surprises. Il y a des joueurs de position qu’on ne faisait pas lancer souvent, mais qui, cette année, auront leur chance au monticule. Je pense à Émile Boies et Jonathan Landry, deux arrêts-courts qui vont lancer plus souvent et, pour cette raison, on fera plus attention à leurs bras. Le lendemain d’un départ, ils pourraient jouer au deuxième but, une position moins difficile pour le bras, plutôt qu’à l’arrêt-court», explique Walsh. 

Attention aux blessures

Avec un camp d’entraînement d’un mois seulement, le gérant ménagera aussi ses artilleurs. «C’est le grand danger suivant un camp écourté : les blessures. Personne n’a eu assez de temps pour bien se préparer. De plus, avec huit matchs en dix jours pour lancer la saison, il faudra être vigilants.» 

Par contre, Walsh est certain que les siens pourront tenir leur bout offensivement. «Je crois qu’à l’attaque, on pourra être parmi les meilleurs de la ligue. On a un beau mélange de puissance et de vitesse et, en plus, nos joueurs sont aussi très fiables en défensive», résume-t-il.

En l’absence des Capitales et avec un calendrier bâti pour diminuer le nombre de déplacements, Walsh s’attend également à voir la rivalité avec les Alouettes de Charlesbourg augmenter d’un cran. «On les rencontrera huit fois en un mois, soit presque la moitié de la saison, et ils ont une bonne équipe, ce qui est normal, car la structure de développement des jeunes est tellement bonne à Québec», poursuit-il en notant qu’il connaît très bien les joueurs de «l’autre» équipe de Québec. «J’ai dirigé 90 % d’entre eux au programme Sports-Études.»

Nouveaux Alouettes

Frédéric Lajoie est à la barre des Alouettes.

Pendant ce temps, c’est le Trifluvien Frédéric Lajoie qui prend la relève de l’ancien espoir des Blue Jays de Toronto Kevin Denis-Fortier à la barre des Alouettes. Lajoie a eu l’occasion d’analyser les forces de son équipe et il est très heureux de ce qu’il aura sous la main cette saison.

«Je crois sincèrement qu’on aura l’une des meilleures équipes de la ligue, tant au bâton qu’au niveau de la rotation. Beaucoup de gars frappent pour .300, courent très bien et on a un bon mélange de frappeurs de puissance et de frappeurs de contact», résume-t-il.

Lajoie pourra compter sur le retour des lanceurs Olivier Morin-Larocque et Zachary Allard, qui ont été accablés par les blessures au cours des dernières saisons. Mathieu Massicotte, de retour d’un collège américain, viendra aussi aider la brigade des lanceurs des Alouettes.

Morin-Larocque sera cependant limité à 45 lancers en début de saison après avoir subi l’opération Tommy John qui a permis de reconstruire le ligament latéral interne de son coude droit en le remplaçant par un tendon venant d’une autre partie du corps.

Un sprint

Lajoie est cependant bien conscient que la dynamique sera différente dans une saison de 20 matchs disputés en 31 jours. «Ce sera un sprint, pas un marathon!» illustre-t-il en espérant que des changements aux règles sanitaires n’empêchent pas la ligue de compléter la saison.

«Ceci étant dit, même si toutes les équipes participeront aux séries, nous, on veut entrer par la grande porte. On vise le top! Ça fait longtemps qu’on voit Québec gagner, alors on aimerait bien pouvoir leur ravir la couronne cette année», résume-t-il. En attendant, lui et les siens se rendront à Saguenay mercredi pour lancer leur saison contre les Voyageurs. «C’est une équipe qui est encore en reconstruction. Mais peuvent-ils surprendre? La réponse est oui, alors il faudra être prêts.»