David Lemieux (à gauche) a fait le poids sans problème pour son premier combat chez les super-moyens où il affrontera l’Ukrainien Maksym Bursak, samedi.

David Lemieux tient promesse

MONTRÉAL — David Lemieux a tenu promesse : la pesée n’a pas été une aventure à son arrivée chez les 168 livres.

Pour son premier combat chez les super-moyens face à l’Ukrainien Maksym Bursak, Lemieux a facilement respecté la limite, affichant un poids de 166,8 livres.

Son adversaire a quant à lui fait osciller le pèse-personne à 167,8 livres. Le combat constitue la finale d’un gala de 10 duels présenté au Centre Bell, samedi soir, par Eye of the Tiger Management.

L’expérience a été bien différente qu’à ses dernières sorties à 160 livres, où le processus de perte de poids s’est souvent avérée une aventure cauchemardesque pour l’ex-champion du monde.

En décembre dernier, son combat prévu contre Tureano Johnson, au Madison Square Garden, a été annulé lorsque Lemieux (40-4, 34 K.-O.) a été hospitalisé en raison de problèmes de santé liés à son processus de perte de poids. C’était la troisième fois de sa carrière que cela lui arrivait, ce qui avait amené son promoteur, Camille Estephan, à jurer qu’il ne se rebattrait plus chez les moyens.

«Il a très bien fait ça, a souligné Estephan. Je crois qu’il n’a pas eu à se déshydrater. Il a moins de gras, ça veut dire que la formule fonctionne.»

Pour ce duel face à Bursak (35-5-2, 16 K.-O.), la préoccupation de la perte de poids n’a pas occupé une part aussi importante du camp du Lavallois qui aura 31 ans, le 22 décembre. Il s’est présenté détendu à cette pesée officielle, ayant l’air en pleine santé au lieu d’avoir les traits tirés et d’être à cran.

«Ça va super bien. Je me sens en très bonne forme, c’est ça le message que je voulais passer, a déclaré Lemieux. Ç’a été super facile de faire le poids. Je me sens en très bonne forme et je crois que samedi, je vais être une bombe.»

Son entraîneur, Marc Ramsay, a même noté que mentalement, il avait passé une meilleure fin de camp d’entraînement. Lemieux s’est même adressé aux journalistes sur place, ce qu’il ne faisait pas par le passé.

«Vers huit heures hier soir [jeudi], il faisait déjà le poids, a-t-il raconté. On lui a permis de prendre un shake de protéines avant d’aller se coucher et il s’est levé en dessous du poids ce matin [vendredi]. C’est certain que j’en suis heureux : dans les derniers jours, nous avons été en mesure de parler tactique et stratégie et non pas de faire une obsession avec le poids et d’oublier de nous concentrer sur le travail à faire.

«Ça draine ton énergie mentale et physique d’avoir à perdre tout ce poids. Je ne suis jamais nerveux dans les rounds 1 à 5 d’un combat, mais dans les rounds 7, 8, 9 et plus, quand tu sais que ton boxeur a forcé la note pour faire le poids, c’est inquiétant.»

Inactif depuis 15 mois, Lemieux n’est pas nerveux à l’idée de remonter dans le ring.

«Je ne ressens aucune rouille et je vais le prouver, a dit Lemieux. Ça fait longtemps que je suis à l’entraînement, même si l’entraînement, ce n’est pas un combat. Les gens vont voir que je suis de retour et prêt pour de très grands noms. [...] J’ai la rage en moi et je vais le prouver face à Bursak.»

Pour cette première soirée de boxe au Centre Bell en plus de deux ans et demi, EOTTM a préparé une affiche très intéressante, avec trois de ses principales vedettes en action et quatre ceintures en jeu.

En plus de Lemieux, Arslanbek Makhmudov (9-0, 9 K.-O.) tentera de défendre son titre des lourds de la North American Boxing Federation (NABF) face à Samuel Peter (38-8, 31 K.-O.). Juste avant, le Trifluvien Simon Kean (17-1, 16 K.-O.) disputera la ceinture International Silver des lourds du WBC au vétéran de 43 ans Siarhei Liakhovich (27-7, 17 K.-O.), inactif au cours des deux dernières années.

Kim Clavel (10-0, 9 K.-O.) affrontera Esmeralda Gaona Sagahon (7-3, 0 K.-O.) pour le championnat des mi-mouches de la NABF; tandis que le jeune boxeur de Québec Lexson Mathieu (7-0, 6 K.-O.) disputera la ceinture NABF junior des super-moyens au Mexicain Rolando Paredes (16-8-2, 11 K.-O.).

Des mots durs pour Ulysse

Estephan a profité de la présence des journalistes pour lancer un message très clair à son protégé Yves Ulysse fils, qui a livré une contre-performance, jeudi, face au Vénézuélien Ismael Barroso. Le patron d’EOTTM a eu des mots très durs à son endroit.

«Il était beau à voir et il est très talentueux, mais quand tu tombes en amour avec ton style, ce n’est pas une bonne chose, a dit Estephan. C’est ce que j’ai vu [jeudi]. Il faut qu’il réalise qu’il devra être plus agressif pour gagner des combats. De nos jours, les juges veulent voir de l’agression, c’est ce qu’ils récompensent.

«Junior était très précis : disons qu’il lançait quatre coups, il en plaçait trois. Barroso envoyait 10 coups pour toucher quatre fois : on perd le round quand même dans ce scénario. C’est ce que je veux qu’il change dans sa boxe. [...] Tu ne gagnes pas comme ça. C’est une très bonne personne, mais il a fait une très grosse gaffe [jeudi].»

Ulysse (18-2, 9 K.-O.) a ainsi perdu une belle occasion d’attirer l’attention et de gravir les échelons de la division. Détenteur de la ceinture Gold de la World Boxing Association (WBA), Ulysse pointait aux septièmes échelons du World Boxing Council et de la World Boxing Organization avant ce duel. Aux dires d’Estephan, la prochaine étape pour le Montréalais était un combat de championnat du monde, soit contre le super champion Josh Taylor ou le champion Mario Barrios.

«C’est certain que nous avons pris un gros pas de recul [jeudi], a laissé tomber Estephan. On n’a pas livré la marchandise. Il faut faire les choses différemment. J’ai ma petite idée; on va s’asseoir avec l’équipe. Je crois avoir identifié ce qu’il faut faire et on va le faire.»