David Lemieux a fait osciller le pèse-personne à 162 livres, vendredi, deux de plus que la limite, ce qui veut dire que même s’il l’emporte contre Karim Achour, samedi, il ne pourra s’emparer des ceintures du Français. De plus, il devra verser 20 % de sa bourse à son rival.

David Lemieux échoue à la pesée

David Lemieux a (encore) échoué la pesée. Mais cela ne l’empêchera pas d’affronter Karim Achour samedi, à Québec, dans ce qui devrait toutefois s’avérer son dernier combat chez les poids moyens.

«Après avoir vu ce que j’ai vu cette semaine, j’ai peur pour sa santé. David a tout fait ce qu’il fallait et j’ai vraiment de la misère à le voir souffrir comme ça. Honnêtement, je ne veux pas compromettre sa santé. Je ne veux plus le voir à 160 livres. Faut mettre un plan en place pour la division des 168 livres», a vite tranché son promoteur et président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, aussi organisateur du gala de samedi.

Deux livres. C’est ce que le boxeur québécois de 29 ans avait de trop sous la peau vendredi midi. On l’a inscrit à 162 livres pour une limite de 160, tandis que son adversaire faisait 159.

Les deux heures de sursis ensuite fournies par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec n’auront pas suffi. À une demi-heure de la seconde pesée et avec toujours 161,6 au compteur, son équipe a jeté la serviette.

Estephan venait de voir son puissant cogneur grimper une première fois sur la balance, dans le grand hall du Centre Vidéotron. Émacié, le joyau de la couronne d’Eye of the Tiger manquait visiblement d’éclat.

Une fois que la décision a été prise de renoncer à cette ultime perte de poids, Lemieux est allé se coucher. Pour reprendre les forces perdues durant une nuit blanche passée à suer.

Plus lourd, moins riche

Faire le poids n’est pas un problème nouveau pour Lemieux. En mars 2016, il avait surpassé la limite de 163 par 2,6 livres et son combat contre James De La Rosa avait été annulé.

Une avenue que le clan Achour n’a pas songé à emprunter. Lemieux devra toutefois verser 20 % de sa bourse à son adversaire, la plus lucrative des deux puisqu’il est le favori, et ne pourra pas enfiler les ceintures WBC internationale et francophone autour de sa taille en fin de soirée samedi, peu importe le résultat de leur affrontement. Les titres demeureront entre les mains du Français ou deviendront vacants.

«Ça change les plans», reconnaît Estephan. «On va refaire le plan de match et monter dans la catégorie des 168 livres. «On en avait parlé à quelques reprises, mais on voulait rester à 160 livres parce que c’est la division intéressante où les grands combats d’envergure sont, avec les Canelo [Alvarez] et [Gennady] Golovkin.

«On va aller dans une autre direction», poursuit le promoteur. «Je vous confirme aujourd’hui que je ne veux plus le voir à 160. Je serais fâché si David n’avait pas tout fait ce qu’il fallait faire. Mais on voit qu’il a de la misère à gérer ça depuis le combat contre Golovkin [en octobre 2015]. On a essayé de plusieurs façons et maintenant, on se rend à l’évidence.»

Catégorie moins glamour

Pour la suite de sa carrière, Lemieux, qui mesure 5’9”1/2, passerait donc dans la catégorie des poids super-moyens. Où dominent des gars de 6’ et plus comme James De Gale, Jose Uzcategui, David Benavidez, Gilberto Ramirez ou encore Callum Smith, ce dernier du haut de ses 6’3”.

Plus grands et moins connus, donc moins payants que ses projets d’un choc contre Saul «Canelo» Alvarez et d’une revanche contre Golovkin, immenses vedettes des 160 livres.

Fort d’une fiche de 38 victoires, dont 33 décrochées avant la fin, en 42 combats professionnels, Lemieux évolue chez les poids moyens depuis 2008, après avoir livré ses 11 premiers affrontements chez les super-mi-moyens (154 lb).

Achour (26-4-3, 4 K.-O.) évolue aussi dans cette catégorie depuis 10 ans, soit l’ensemble de sa carrière professionnelle. Sa force de frappe s’avère par contre moindre que celle de Lemieux, comme en témoignent ses quatre victoires seulement par mise hors de combat.

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ROY EST DE RETOUR

Après sa belle victoire aux dépens du Mexicain Rodolfo Lopez au début d’avril, Sébastien Roy (3-0, 1 K.-O.) revient se battre au Centre Vidéotron pour une deuxième fois. Le boxeur de 25 ans de Thetford Mines affronte samedi Patrick Lafleur (1-2-1, 1 K.-O.), 34 ans, un gars de Sherbrooke qui habite à Edmonton. «J’ai fait belle figure la dernière fois, j’ai pu montrer mes compétences comme il faut et c’est pour ça que je suis encore là», croit Roy. Son collègue du club de boxe de Robertsonville, Dave Leblond, défait la dernière fois à Québec, n’est pas de retour.

Après deux combats au Centre Mario-Gosselin, l’aréna local de Thetford, Roy aura autant de présence au Centre Vidéotron. «C’est pas la même game pantoute!» reconnaît-il. «Mais là, je sais plus à quoi m’attendre devant une grosse foule, je suis moins stressé.» Lafleur est un ancien combattant d’arts martiaux mixtes converti en boxeur. 

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