Natif de Thetford Mines, Dave Leblond espère que son combat, samedi au Centre Vidéotron, lui permettra de trouver sa place sur l’échiquier de la boxe québécoise.

Dave Leblond: à la recherche de reconnaissance

Dans les rues de Kingston, en Jamaïque, il ne passe pas inaperçu. Mais au Québec, sa renommée reste encore à faire. Natif de Thetford Mines, Dave Leblond espère que son combat, samedi au Centre Vidéotron, lui permettra de trouver sa place sur l’échiquier de la boxe québécoise.

Leblond (4-6-0, 1 KO) met les gants pour la 11e fois dans les rangs professionnels, cette fois contre le Canadien Chann Thonson (5-0-0, 3 KO) dans le gala qui met en vedette la championne du monde Marie-Ève Dicaire.

«Je suis content d’avoir l’occasion de me battre sur une grosse carte comme celle-là. Il s’agit d’un combat important pour moi. Il peut me faire mal, comme il peut me remettre sur la mappe», admet le poids moyen de 26 ans.

Ce n’est pas une balade dans le parc qui l’attend. Mais il a l’habitude de ces défis relevés, son parcours jusqu’à présent n’ayant pas été une sinécure.

«Je n’ai pas de promoteur, alors à la base, on prend les combats qui passent devant nous. Les gens regardent ma fiche, mais j’ai toujours affronté de bons boxeurs. J’ai un bon test devant moi, mais je n’ai pas peur de le passer. Je me bats contre un gars qui compte cinq victoires en cinq combats, dont trois par KO, mais je suis prêt, bien préparé et j’ai hâte à samedi», soulignait celui qui se bat dans la catégorie des 140 livres.

Il ne se produit pas au Centre Vidéotron pour la première fois. Il était de la carte du 7 avril 2018, qui regroupait plusieurs boxeurs québécois. Il s’était alors incliné par décision unanime de six rounds contre Whitney Baille.

«Le combat de samedi est très important, je pourrais me refaire un nom. La boxe est ma passion, je veux monter le plus haut possible et je suis prêt à tout donner», dit celui qui travaille aussi dans une entreprise de bain et de douche dans la région de Thetford Mines en plus de s’entraîner sous la gouverne de François Duguay, à Québec.

«Ce n’est pas facile de faire les deux, mais quand tu es passionné, tu fais les efforts en conséquence. Avec François, je boxe de façon plus intelligente, mes coups de poing sont choisis, alors qu’avant, je frappais pour rien, j’entrais dans une bagarre au lieu de bien planifier mes coups.»

Ouvrir des portes

Le réputé entraîneur admet que ce combat pourrait ouvrir les portes de son protégé, dont il compare la feuille de route à celle de Sébastien Bouchard, qui a aussi attendu longtemps avant d’obtenir la confiance d’un promoteur.

«Si Dave fait une bonne performance contre Thonson, ça pourrait l’aider. Yvon [Michel] prévoit faire une série et Dave pourrait y participer. Ce serait incroyable pour lui, je serais très content qu’il puisse le faire», indiquait Duguay.

Il rappelait qu’en 2017-2017, Leblond avait participé à un tournoi de boxe à la télévision de la Jamaïque où il avait fait un tabac, poussant à la limite un boxeur local qui devait l’emporter facilement. Malgré sa défaite, Leblond avait été invité à poursuivre l’aventure, et il avait livré trois combats au total.

«Il n’était même pas dans a catégorie de poids et il avait bien performé. Ici, au Québec, personne ne sait qui il est, mais dans les rues de Kingston, on le reconnaît», indiquait Duguay.

Surnommé «Fast and Furious», le rapide et dangereux Leblond s’inspire de Mikaël Zewski, le boxeur de Trois-Rivières qui fait aussi partie de cette soirée.

«Il est mon idole depuis que je suis tout jeune, mes amis et moi, on regardait ses combats, c’est un honneur de me battre sur le même gala que lui. Il m’a toujours impressionné par sa vitesse et son style. Je suis aussi reconnu pour ma rapidité et mon explosion et je veux le démontrer, samedi», ajoutait Leblond.

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Mikael Zewski

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ZEWSKI N'A PAS L'INTENTION DE REPARTIR LES MAINS VIDES 

Débarqué à Québec avec quelques ceintures et le titre de 8e aspirant WBO, Mikaël Zewski n’a pas l’intention de repartir les mains vides du Centre Vidéotron, samedi.

«À ce moment-ci, on ne peut pas ne pas être fin prêt pour son combat. Je me vends comme étant un futur champion du monde, alors je me prépare à 100 % pour tous mes adversaires», soulignait-il, cette semaine, en marge de la conférence officielle où le point de mire était Marie-Ève Dicaire et sa rivale vénézuélienne, Ogleidis Suarez.

Détenteur des titres NABO et IBF Nord-Américain qui seront à l’enjeu, Zewski (33-1-0, 22 KO) a rendez-vous avec le Mexicain Alejandro Davila, invaincu en 21 combats (19-0-2, 7 KO).

«Les gens doivent comprendre que chaque combat est hyper important. Mon adversaire arrive ici avec l’occasion de repartir avec deux titres, de percer les classements mondiaux, de passer d’inconnu à un gars qui pourrait livrer un combat de championnat du monde dans un avenir rapproché.

«Personnellement, je suis aussi éligible à en avoir, ça pourrait arriver aussi dès le prochain ou dans 10 combats. On essaie de forcer les choses, de monter dans les classements pour éventuellement devenir l’aspirant obligatoire. D’ici là, je fais de mon mieux et je me prépare en conséquence.», disait-il, respectueux envers celui qu’il croisera sur son chemin.

Plus tôt que tard

Zewski aimerait que cette invitation pour un combat au sommet arrive plus tôt que tard, d’où l’importance du rendez-vous de samedi.

«Il n’y a pas de moment plus critique pour moi que maintenant. Si j’avais subi une défaite à mes débuts, j’aurais eu beaucoup de temps pour revenir. J’ai des titres, mais si je les perds, ça pourrait vouloir dire la fin de ma carrière. J’ai 30 ans, le temps presse, alors à chaque combat, je mets tout sur la table.»

Il se disait touché d’apprendre qu’il était l’idole de Dave Leblond, qui se bat sur la même carte que lui. «C’est vraiment flatteur, si on peut inspirer des jeunes, tant mieux. Je fais des conférences dans les écoles, on essaie de laisser un message positif. On boxe pour nous, pour se dépasser et gagner notre vie, mais c’est une belle récompense de savoir qu’on a inspiré quelqu’un.»