Les Alouettes ont choisi Marc-Antoine Dequoy, des Carabins de l’Université de Montréal, même s’il a été mis sous contrat par les Packers de Green Bay, de la NFL.
Les Alouettes ont choisi Marc-Antoine Dequoy, des Carabins de l’Université de Montréal, même s’il a été mis sous contrat par les Packers de Green Bay, de la NFL.

Danny Maciocia a tenu parole et les Alouettes ont misé sur des joueurs du Québec

MONTRÉAL — Danny Maciocia a tenu parole. Au moment de son embauche avec les Alouettes de Montréal, le directeur général avait affirmé qu'à talent égal, il allait privilégier des joueurs du Québec. Au repêchage de la Ligue canadienne de football, jeudi, il a sélectionné cinq Québécois sur ses 10 choix disponibles.

«Ça n'a rien à voir avec le fait d'être Québécois, a-t-il nuancé. Je n'arrive pas à comprendre, quand on regarde les neuf dernières années dans mon cas, les meilleurs programmes au pays sont au Québec. Il faut voir le nombre de joueurs qui sortent du RSÉQ qui gagnent leur vie dans la Ligue canadienne. Il n'y a pas une équipe qui n'en a pas choisis.»

Ce qui n'a pas toujours été le lot des Alouettes au fil des ans.

«Je ne peux pas vous dire que chaque année, nous allons frapper des coups de circuit, mais de voir des joueurs d'ici repêchés en sixième ou huitième ronde et qui deviennent des joueurs d'impact avec leur équipe, il faut changer notre mentalité et les garder chez nous, a poursuivi Maciocia. Je sais que ce sont des joueurs qui aimeraient jouer à Montréal. Ils vont le faire avec une certaine fierté.

«Le football est vraiment en santé au Québec. Plusieurs joueurs sont prêts à faire le saut chez les pros, même dans la NFL. C'est très important de garder ces joueurs chez nous. C'était l'objectif de l'organisation, ce n'est pas que moi. Tout le monde est d'accord qu'il faut continuer de les encourager, de les sélectionner et de leur donner une opportunité. En faisant ça, on va ramener cette fierté qui, selon moi, manque depuis quelques années (aux Alouettes).»

Ainsi, avec ses 10 choix, Maciocia a notamment sélectionné le demi défensif Marc-Antoine Dequoy (14e), le joueur de ligne défensive Benoît Marion (25e), le secondeur Brian Harelimana (33e), le secondeur Jersey Henry (51e), ainsi que le demi inséré Vincent Alessandrini (60e).

Tous les joueurs repêchés par Maciocia et les Alouettes jeudi proviennent par ailleurs d'universités canadiennes.


« Ce n'était pas prévu de choisir que des joueurs de U Sports. (...) Quand nous avons fait le bilan à la fin de la soirée, nous avons réalisé que nous avions cinq joueurs du RSÉQ. Je pense que nous étions bien représenté à la grandeur du pays et comme j'ai déjà mentionné, à talent égal, on va prendre des gars de chez nous. »
Danny Maciocia, directeur général des Alouettes de Montréal

Aussi bizarre que cela puisse paraître, il appert que la pandémie de COVID-19 soit venue en aide aux Alouettes sur ce point.

«Dans les dernières années, les autres équipes ont beaucoup repêché au Québec. L'avantage que nous avions cette année, c'est malheureux de le dire, c'est cette pandémie qui a forcé l'annulation du camp d'évaluation à Toronto. L'information que nous avions était (...) de l'information accumulée au cours des dernières années auprès de joueurs qui ont soit joué pour (les Carabins), soit que nous avons recrutés et qui sont allés jouer ailleurs.»

Paris

D'avoir 10 choix en huit tours a permis à Maciocia de prendre quelques paris, notamment avec la sélection de Dequoy au deuxième tour, ainsi que du joueur de ligne à l'attaque Carter O'Donnell.

Ces deux joueurs ont signé des pactes avec des clubs de la NFL à titre de joueurs autonomes - les Packers de Green Bay pour Dequoy et les Colts d'Indianapolis pour O'Donnell - et rien ne garantit que les deux hommes joueront dans la LCF.

«C'était de loin le meilleur joueur disponible en deuxième ronde, a dit Maciocia au sujet de Dequoy. On sait que c'était un choix de premier tour, mais il a signé un contrat avec les Packers. Nous en sommes conscients. Nous avons eu plusieurs discussions avec eux. Ce que nous avons compris, c'est qu'il va participer au camp avec l'occasion de se tailler une place parmi la formation de 53 joueurs ou l'équipe d'entraînement. Il n'y a toutefois aucune garantie.

«On sait aussi qu'après le repêchage, les Packers ont signé plusieurs joueurs autonomes, dont quelques demis défensifs. Eux aussi auront l'occasion de se tailler une place et les Packers ne pourront pas garder tout ce monde.»

C'est un peu la même chose dans le cas d'O'Donnell.

«Il n'y avait aucune chance qu'on passe par-dessus O'Donnell au troisième tour. Il est seulement un trop bon joueur de football. Je sais qu'il vient de signer un beau contrat et qu'il a un peu d'argent devant lui, mais son entraîneur au niveau universitaire m'a bien fait comprendre que s'il revient au Canada, c'est le genre de joueur qui sera un partant dès le jour 1 dans la LCF. Je trouvais que ça valait l'investissement.

«D'avoir autant de choix nous donnait de la flexibilité, a poursuivi Maciocia. Dequoy et O'Donnell ont signé des contrats après le repêchage de la NFL. Chaque équipe dispose de 123 000 $ US. Quand tu signes pour 50, 75, 80 000 $, c'est parce qu'ils ont des plans à long terme avec eux. Mais quand tu touches 10 000 $ ou moins, ça change la donne. On pense que ces joueurs-là vont faire partie de notre équipe à un certain moment.

«À titre d'ancien entraîneur-chef des Carabins et de la personne qui a recruté Marc-Antoine, je lui souhaite bonne chance. On s'est parlé souvent pendant ce processus-là. Je veux qu'il puisse réaliser son rêve au sud de la frontière. Si jamais ça n'arrive pas, il m'a fait comprendre qu'il souhaitait vraiment jouer à Montréal.»