Daniel Lequin, photographié lors d’un marathon à Barcelone, en Espagne, l’an dernier, prendra part à Québec en octobre à son 100e marathon à vie.

Daniel Lequin: la course vers un 100e marathon

AMQUI – Daniel Lequin court, court et court. Après avoir intégré la course à pied à son mode de vie il y a 25 ans, le chroniqueur et blogueur de RDS se dirige vers son 100e marathon. Sur sa route vers le Marathon Baie-des-Chaleurs de Carleton-sur-Mer de dimanche, qui était son 97e, dont son 16e en 17 mois, le sportif a fait un arrêt à Amqui, où Le Soleil est allé à sa rencontre.

Daniel Lequin a commencé à courir à l’âge de 40 ans. L’homme, qui était journaliste à l’hebdomadaire de Sorel, d’où il est originaire, venait d’être remercié et était en deuil. «Je venais de perdre mon père et mon travail, raconte-t-il. Je m’alimentais mal. J’ai eu un choc. Je me suis levé en pleine nuit, je suis sorti dehors sur le patio pour prendre l’air et c’est à ce moment-là que j’ai décidé de changer mes habitudes de vie.»

Il a commencé à courir sur un tapis roulant, puis ensuite dehors sur 5 km, puis ensuite sur 10 km. «Je me disais que 40 km, je ne serais jamais capable de faire ça, se souvient-il. J’avais peur!» Pourtant, cela ne l’a pas empêché de s’inscrire à son premier marathon : celui de Québec. «Il était réputé comme étant difficile à cause de son parcours cahoteux, indique-t-il. Je me suis rendu, mais j’étais complètement à bout. Je me suis dit que je n’en ferais plus.»

Qu’à cela ne tienne, il cherchait déjà à en faire un autre deux semaines plus tard. De fil en aiguille, il a participé à plusieurs marathons qui l’ont conduit aux quatre coins du Canada, des États-Unis et de l’Europe. «Mais, je ne pensais jamais faire 100 marathons», s’étonne-t-il encore.

Celui que l’on surnomme «Médaille», non pas parce qu’il a rapporté des honneurs, mais parce qu’il s’agit de son patois, ne porte jamais de montre pendant le parcours. «Je ne veux pas me mettre de pression, explique-t-il. Je ne regarde pas non plus le chrono, ni le nombre de kilomètres. Je rentre dans ma bulle et je me sens bien, surtout après 30 km, où il se passe quelque chose que je n’arrive pas à décrire. Il faut le vivre.» Son meilleur temps est de 3 heures 35.

Nombreuses anecdotes

Au cours de ses nombreux marathons, Daniel Lequin a vécu toutes sortes d’anecdotes, parfois heureuses, parfois tristes. Il se souvient du marathon de Memphis, dont une partie des profits était versée à un hôpital pour enfants. «Il y avait plein d’enfants atteints du cancer tout le long du parcours, raconte Daniel Lequin. Étouffé par l’émotion, il a fallu que j’arrête de courir. J’ai marché pendant 5 minutes pour reprendre mon souffle, pour calmer mes émotions. Quand je cours un marathon, c’est comme si j’entrais dans les entrailles des êtres humains.»

Il ne pourra jamais non plus oublier le marathon auquel il a participé avec un groupe de pompiers lorsque, derrière lui, un jeune homme s’est effondré. Maxime Fournier, 22 ans de Québec, est décédé. «Ça a été une expérience traumatisante, souligne M. Lequin. J’ai ensuite fait le marathon de Québec à sa mémoire.»

Le sportif a accompagné quelques personnalités connues lors de différents marathons, que ce soit Mario Saint-Amand, Dominic Arpin ou Maxim Martin. C’est à Québec, le 13 octobre, que Daniel Lequin participera à son 100e marathon.