Daniel Abesque, vice-champion canadien de bras de fer, soutient que la grosseur des bras n'a aucune importance pour bien performer dans sa discipline.

Daniel Abesque en route vers le Mondial de tir au poignet

Un petit clin d’œil, au prochain! L’époque des compétitions amicales dans les soirées d’amis n’est pas si lointaine, mais Daniel Abesque a atteint un niveau qui n’est pas réservé à tous les amateurs de tir au poignet.

Le sportif de Québec s’est qualifié pour le Championnat du monde de bras de fer, qui auront lieu à Antalya, en Turquie, au mois d’octobre. L’étudiant en génie civil à l’Université Laval ne possède pas le profil que l’on peut s’imaginer d’un adepte de sport de force. Mais dès qu’on lui serre la pince, on comprend qu’il puisse renverser un rival en une fraction de seconde.

«La grosseur des bras n’est pas une indication qu’une personne va l’emporter. Ça ne veut vraiment rien dire. Je vais faire les Mondiaux chez les 154 livres, mais je suis capable de coucher des gars de 300. Ça m’arrive de leur faire un petit sourire, et ensuite de les coucher», raconte-t-il sans malice.

Abesque, un nom d’origine française, a découvert le talent qui l’habitait en s’amusant avec ses amis dès l’adolescence. Du bras droit ou du bras gauche, il l’emportait à tout coup. Et même quand ses opposants sont devenus plus imposants, plus vieux, et même s’ils se servaient parfois de leurs deux mains pour essayer de le vaincre, le résultat était le même. Il tire depuis toujours, sa première compétition remonte à 2014, mais il le fait sérieusement depuis environ un an.

Il a récemment participé à son premier Championnat canadien, où il a perdu face à un solide junior québécois qui l’accompagnera en Turquie. Son titre de vice-champion national lui a procuré son billet pour Antalya. Une campagne de financement participatif est d’ailleurs en marche pour l’aider à assurer tous les frais du voyage sur le site www.gofundme.com. Près du tiers de l’objectif a déjà été amassé. Il est aussi bien appuyé par l’Association de bras de fer du Québec (ABFQ), dont Alain Goyer et Marc-André Campeau.

Ambidextre

Daniel Abesque est aussi puissant d’un bras que de l’autre. Il est d’ailleurs inscrit dans les épreuves pour les droitiers et les gauchers, en Turquie. Il aimerait bien revenir avec un titre mondial en poche, mais préfère parler d’un objectif modeste.

«Je n’ai jamais été au Mondial, j’y vais un peu pour l’expérience. J’ai regardé des séquences sur YouTube, histoire de me familiariser un peu, de ne pas arriver là sans trop savoir comment ça fonctionne. Je ne connais pas le calibre, mais j’ai tiré avec un Ontarien qui a déjà fini parmi les huit premiers chez les 143 livres et je l’ai battu facilement. Pour moi, la meilleure façon de performer, c’est d’y aller dans le but de m’amuser, car ça se passe beaucoup dans la tête. Je me dis que je ne veux pas finir dernier, ça m’enlève un peu de pression sur les épaules.»

Il s’est aussi mis à l’entraînement avec des adeptes d’arts martiaux mixtes, histoire de perdre environ 20 livres pour atteindre le poids visé pour le Mondial.

«Je ne suis pas un athlète, je pousse des crayons. Mais j’ai un style particulier qui peut donner de la misère à mes adversaires. Dans mon cas, on parlerait d’un petit “nerfé”, je suis l’un des plus rapides pour mettre fin à un match. Dès fois, ça va tellement vite qu’on n’a pas le temps de cligner des yeux», illustre avec le sourire celui qui originaire de Stoneham-et-Tewksbury.

Il est aussi capable de regarder son rival, le laisser un peu forcer, et décider de le renverser. Et il peut aussi s’installer à sa table pendant quelques heures et défiler les matchs. «Tu peux avoir une file de 100 gars, je vais tous les passer, je suis capable de tirer longtemps.»

Il s’entraîne désormais plus fréquemment avec des adeptes de son sport. Il l’a fait toute la semaine, tout juste avant de partir pour une partie de chasse à l’orignal au nord du 50e parallèle. Ensuite, ce sera la rentrée universitaire.

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UN FUTUR SPORT OLYMPIQUE?

Daniel Abesque ne pratique pas le bras de fer pour l’argent, même qu’il ignore si des bourses seront offertes aux gagnants lors du Mondial d’Antalya, en Turquie, en octobre. Par contre, il a l’intention de pratiquer ce loisir encore longtemps. «Il y a des discussions pour que le bras de fer soit accepté comme sport aux Jeux paralympiques, en 2024, et aux Jeux olympiques, en 2028. J’ai 23 ans, je serai donc à mon sommet, dans 10 ans», estime celui qui, preuve à l’appui, peut vous renverser le bras droit à la vitesse de l’éclair!