Rémi Cadoret et Maud Chapleau, des équipes masculine et féminine de volleyball du Rouge et Or, amorceront leur nouvelle saison en fin de semaine lors de la présentation du Défi SSQ.

Da Costa, un vent de fraîcheur pour les filles du Rouge et Or

Les joueuses de l’équipe féminine de volleyball de l’Université Laval considèrent comme un «vent de fraîcheur» la venue de Danny Da Costa comme entraîneur du Rouge et Or après une saison éprouvante où l’ex-entraîneur Olivier Caron, dont les relations n’étaient pas au beau fixe avec ses joueuses, a quitté dans des circonstances troubles en décembre.

«Le changement d’entraîneur est un vent de fraîcheur», a confié Maud Chapleau mardi, en marge de la conférence de presse du Défi SSQ qui aura lieu samedi au PEPS pour donner le coup d’envoi à la saison. L’attaquante n’a cependant pas voulu s’étendre sur le départ de Caron. «Je n’ai pas le droit d’en parler, car toutes les joueuses ont dû signer des feuilles où on s’engageait à garder le silence là-dessus», a-t-elle ajouté, avouant cependant que certaines joueuses avaient songé quitter l’équipe l’an dernier. «Mais je n’en fais pas partie», précise-t-elle. 

«Certaines filles, dont des joueuses d’expérience, m’ont dit que c’était la première année qu’elles ne se sentaient pas stressées», indique pour sa part Da Costa, précisant du même souffle que les relations entre les joueuses et Justin Boudreault, qui a assuré l’intérim avant son arrivée, étaient excellentes.

Défi

«Je pense qu’il y a assez de stress en situation de match qu’on n’a pas besoin d’aller en ajouter ailleurs», poursuit le nouvel entraîneur. «Mais il y a quand même une façon de s’entraîner qui demeure importante», ajoute celui qui a dû repartir de zéro après être arrivé en poste au mois de mai en plus d’avoir à composer avec un alignement réduit de 12 joueuses, dont trois liberos, deux passeuses et seulement sept attaquantes, toutes positions confondues.

«C’est un défi d’arriver à la dernière minute, d’apprendre à connaître les filles qui ont eu trois coachs en un an. Certaines ont gradué, certaines ont quitté, certaines sont venues proches de quitter, mais l’organisation a fini par réussir à les garder. Il me faut maintenant instaurer un mode de fonctionnement. J’essaie des choses avec mon alignement qui compte quand même quelques bonnes joueuses de troisième et quatrième année comme Maud Chapleau, Anne-Sophie Tanguay et Émie Gaboury. Je vais y aller un match à la fois. Il y a une cohésion d’équipe et une relation avec le personnel d’entraîneurs à rebâtir.»

Système non conventionnel

Da Costa devra aussi bâtir un nouveau système de jeu avec des effectifs réduits de façon à éviter les blessures qui pourraient laisser l’équipe en situation précaire. «À l’Université, on joue toutes les semaines, alors je leur laisse plus de temps de récupération. Pour le reste, j’ai regardé beaucoup de vidéos de l’an dernier pour voir les forces et les faiblesses et j’ai vu entre autres que si on n’avait pas un bon premier contact, l’adversaire savait toujours où la balle allait. J’essaie de trouver des solutions à cela avec un nouveau système qui n’est pas un système standard», a-t-il expliqué en se gardant de donner les détails de sa stratégie.

La façon de voir les choses de Da Costa plaît à Maud Chapleau, meilleure marqueuse de sa conférence l’an dernier et membre de la première équipe d’étoiles du Réseau de sport étudiant du Québec pour une deuxième année consécutive. «Je pense que son système de jeu non conventionnel est parfait pour notre équipe», précise celle qui veut tourner la page sur l’an dernier, où le Rouge et Or n’a pas atteint la finale du Québec. «C’était la première fois depuis que je suis avec l’équipe et je n’ai pas le goût de revivre ça», poursuit-elle en précisant qu’elle ne se met tout de même pas toute la pression sur les épaules. «Je sais qu’il faut que je garde mon rôle de leader. De la pression, il y en a, mais j’essaie de ne pas m’en mettre davantage, car je ne voudrais pas que ça nuise à mon jeu», conclut-elle. 

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LE SILENCE RADIO: LA MEILLEURE FAÇON DE FAIRE

Pour le président du conseil d’administration du club de volleyball du Rouge et Or, François Bégin, faire signer des documents aux joueuses les empêchant de commenter de quelque façon que ce soit le départ de l’ex-entraîneur Olivier Caron dans des circonstances troubles était la bonne manière de faire les choses, même si ce n’est pas pratique courante dans le monde du sport. «Moi, je viens du domaine artistique, du domaine de la danse, alors je ne peux pas dire comment ça se passe ailleurs dans le sport. Mais c’était la meilleure façon de faire. C’était une situation unique et ce qui a été fait a été fait au bénéfice de tout le monde. Je n’ai aucun regret sur la façon de faire», a-t-il commenté brièvement en marge de la conférence de presse du club mardi.  

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LE DÉFI DE «L’APRÈS-VICHO»

Après le départ de l’attaquant-réceptionneur chilien Vicente Ignacio Parraguire Villalobos, alias Vicho, qui a épuisé toutes ses années d’admissibilité, l’entraîneur de l’équipe masculine de volleyball du Rouge et Or, Pascal Clément, a eu envie de proposer un défi à ses joueurs après une saison où ils ont remporté le bronze aux championnats canadiens.

«Alors que l’an passé, le podium était un objectif, pour moi cette année c’est le défi. Un objectif était un peu une finalité, mais cette année, j’ai le goût de leur proposer d’essayer de faire aussi bien que l’an passé ou même mieux», a déclaré l’entraîneur en point de presse. 

Difficile à remplacer

«Qui remplacera “Vicho”? Il y a un vieux dicton qui dit que personne n’est irremplaçable, mais “Vicho” est une “bébite” qui venait du bout du monde, un joueur et un être humain exceptionnel. Par contre, par le passé, des Gino Brousseau, Éric Le Breton, Karl de Grandpré et Michel Cazes ont été remplacés. Ce sont cependant de grosses chaussures à chausser et je crois qu’ils peuvent le faire en équipe», a analysé l’entraîneur, qui fonde de grands espoirs en Alexandre Obomsawin pour assurer une partie du travail que faisait auparavant «Vicho».

«On a vu Alexandre émerger au championnat national. On le sentait dans sa zone. Son nouveau défi sera de canaliser et de partager ce niveau de jeu aux autres joueurs et d’assumer une forme de leadership. Il a atteint sa maturité physique et, en plus, il s’est entraîné tout l’été. Il n’est pas très grand, mais il est très puissant et, maintenant, on en voit des signes au service. Au volleyball, le service est une arme de destruction massive et Alexandre a grandement amélioré le sien. Ses services exceptionnels de l’an passé sont devenus la norme. Les “bombes” à 105 km/h, ça n’a plus l’air difficile, alors je me dis, on essaie tu 110 km/h? Là journée qu’il atteindra ça, ça va être quelque chose», analyse l’entraîneur.

Coéquipier et ami

Le libero Rémi Cadoret s’ennuiera également de «Vicho» qui a aussi été son colocataire pendant deux ans. «Pas juste pour le volleyball, mais aussi pour le côté humain. Il a joué pour moi le rôle d’un grand frère et dans l’équipe, c’était le go to guy. Quand on était dans la m..., on envoyait la balle à “Vicho”», illustre-t-il, ajoutant qu’il voit tout de même une belle saison devant lui malgré le départ de son ami avec la montée d’Obomsawin et l’arrivée de nouveaux joueurs talentueux comme Nicolas Fortin.

«Je crois qu’une médaille aux championnats canadiens, qui auront lieu à l’Université du Manitoba, est quand même un objectif atteignable. La conférence du Québec, qui comprend les universités Laval, de Montréal, de Sherbrooke, du Nouveau-Brunswick et Dalhousie, a deux places assurées pour les championnats canadiens alors que les conférences de l’Ontario et de l’Ouest en ont trois pour une vingtaine d’équipes chacune», signale-t-il.