L'ancien Nordiques Curtis Leschyshyn a confié que Québec méritait une nouvelle concession de la LNH, surtout qu'elle s'installerait au Centre Vidéotron, dont la beauté a surpris l'ex-défenseur.

Curtis Leschyshyn: du hockey aux taureaux

«J'aimerais mieux me faire rentrer dans la bande 100 fois par Eric Lindros ou Cam Neeley que de monter un taureau!»
Curtis Leschyshyn était de retour à Québec, lundi. Promotion pour la compétition de monte de taureaux du circuit Professionnal Bull Riders, qui se tiendra au Centre Vidéotron les 2 et 3 juin.
L'ancien défenseur des Nordiques élève des taureaux expressément pour ce genre de compétition. Il en possède 15, plus une dizaine de femelles pour la reproduction. Ses bêtes sont au Texas, lui en Saskatchewan. Il sera à Québec dans trois semaines, pas ses bêtes.
Les journalistes ont vite ramené le premier choix des Fleurdelisés en 1988 sur le plancher des vaches. Alors, ce retour des Nordiques? «Ça va arriver, mais je ne sais pas quand. Quelqu'un de la LNH qui vient dans cet aréna ne peut que se demander : pourquoi il n'y a pas d'équipe ici? La ville le mérite», a affirmé Leschyshyn, sans ciller sous son grand chapeau de cowboy noir.
L'occasion d'obtenir une nouvelle franchise est toutefois passée, constate-t-il; Las Vegas en a profité. «Québec était un meilleur endroit, à cause de l'histoire et de ce fantastique immeuble», le Centre Vidéotron. «Mais il y a tellement de gens qui passent à Vegas, ils vont être capables de remplir l'aréna.»
À ses yeux, ce sera un déménagement. «Trois ou quatre équipes sont sur les genoux et peuvent déménager. Quand ça va arriver, Québec va être à pleine vapeur», laisse entendre celui qui a disputé 1101 matchs dans la LNH, séries incluses, dans sept chandails différents.
Leschyshyn a gagné une Coupe Stanley, lors de la première campagne de l'Avalanche. Un an après le transfert de la concession de Québec au Colorado. Il a cru que l'organisation viendrait parader le fameux trophée dans la Ville de Champlain. «Mais certaines personnes auraient pu interpréter ça mal», concède-t-il du même souffle.
«Quand on a gagné, une partie de Québec était avec nous. Mais si on était restés, on n'aurait pas gagné. Les échanges [dont celui de Patrick Roy] ne se seraient sans doute jamais produits» avec Québec, analyse celui qui a aussi vécu le déménagement des Whalers de Hartford en Caroline, deux ans après celui des Nordiques.
Épaté par le Centre Vidéotron
Il dit avoir été «soufflé» par la beauté du Centre Vidéotron, en janvier, lors du Match des meilleurs espoirs LCH-LNH. Son fils, Jake, devrait être choisi à la prochaine séance de sélection de la LNH. Le duo père-fils avait effectué sa précédente visite chez nous au Tournoi pee-wee de 2011. Sa fille, Anna, évolue dans le midget AAA féminin, à Saskatoon. 
Le gris dans sa barbe témoigne des années passées depuis que Leschyshyn a posé les lames sur la patinoire du Colisée pour la première fois, à seulement 18 ans. «Il y a plusieurs parallèles à tracer entre un jeune joueur de hockey et un jeune taureau, dit-il.
«Un match, le joueur a l'air du prochain Mario Lemieux et le lendemain, il ne va nulle part. Même chose pour le taureau : tu penses avoir un futur champion du monde un jour et le lendemain, tu te demandes ce qui lui arrive.»
Comme pour le hockey, son esprit de compétition aiguisé a guidé le Leschyshyn retraité vers la monte de taureau. Même s'il ne monte pas. Et ne pensait jamais revenir à Québec pour ça. «Je suis surtout très content que vous ne me demandiez pas pourquoi j'ai fait cette mauvaise passe hier soir qui a coûté le match à notre équipe...» laisse tomber à la blague le cowboy-hockeyeur.