Crosby accueilli en héros à Rimouski

«Rimouski a eu un impact incroyable dans ma vie et dans ma carrière», a souligné Sidney Crosby à son arrivée à Rimouski, lundi après-midi, pour expliquer la raison qui l'avait poussé à venir célébrer son 30e anniversaire et à venir partager la coupe Stanley avec les partisans de son ancienne équipe, l'Océanic, «qu'il n'a jamais pu oublier».
Accompagné de sa famille, le capitaine des Penguins arrivait d'Halifax où, en avant-midi, il avait défilé avec le fameux trophée. Pour les Rimouskois, ce retour de l'enfant prodigue revêtait un caractère à la fois historique et unique.
À sa descente d'avion, le célèbre numéro 87 s'est empressé d'aller faire une chaleureuse accolade à Maurice Tanguay et à Doris Labonté, qui étaient respectivement propriétaire et entraîneur-chef de l'Océanic, du temps où il évoluait pour ce club. L'actuel propriétaire de l'organisation, Alexandre Tanguay, ainsi que des ex-coéquipiers, étaient également là pour l'accueillir.
«Je suis impressionné que tout cela ait pu être organisé en l'espace de 24 heures, a affirmé Sidney Crosby. Je ne suis pas surpris de l'accueil des gens de Rimouski. C'est un endroit vraiment spécial. Je suis très heureux d'être de retour ici, où j'ai passé deux merveilleuses années.» Ce sont les premiers mots qu'a prononcés le capitaine des Penguins de Pittsburgh après avoir été accueilli sous la chanson We are the Champions, devant une foule record réunie dans le stationnement du Colisée Financière Sun Life. 
«Même si ça fait déjà quelques années que je joue dans la Ligue nationale, je ne peux pas oublier mes années de hockey junior, surtout à cause de l'importance que les gens de la région accordent au hockey junior majeur», a indiqué «Sid the Kid». Parmi les plus beaux souvenirs, le joueur étoile a mentionné son tout premier match à domicile dans l'uniforme de l'Océanic contre les Wildcats de Moncton. «Dès ce premier match, j'ai senti que je me retrouvais dans un endroit très particulier pour amorcer ma carrière junior», a-t-il admis.
Humble
Avec l'humilité qui le démarque, le joueur vedette a tenu à s'exprimer brièvement en français, en ne manquant pas d'humour. «Merci pour les deux belles années icitte», a-t-il dit en riant, avant que ses paroles ne soient submergées de cris et d'applaudissements nourris de la foule. Je suis vraiment très content d'avoir apporté la coupe Stanley ici.»
L'annonceur maison de l'Océanic, Michel Germain, a ensuite invité Crosby a descendre de la scène afin de recevoir un cadeau des mains du président fondateur, Maurice Tanguay. Le capitaine des Penguins a reçu une toile créée spécialement pour lui par l'artiste-peintre Stéphane Dufresne. Une fois revenu sur scène, la foule a entonné en choeur «Mon cher Sidney, c'est à ton tour...» afin de souligner son 30e anniversaire. Visiblement ému, le joueur étoile a applaudi la foule qui, spontanément, a repris le fameux refrain une deuxième fois
Des fans aux anges
Le prodige d'origine néo-écossaise a paradé dans les rues de Rimouski. Des gens étaient massés des deux côtés de la route 132 et de la rue Rouleau. Ils étaient des milliers et des milliers à acclamer le retour de leur joueur chéri. Dans la ville, presque toutes les rues étaient congestionnées. Le cortège a pris fin dans le stationnement du Colisée Financière Sun Life, où l'attendait une foule record. L'ancien troupier de l'Océanic a été reçu en véritable héros. De mémoire de plusieurs Rimouskois, ceux-ci n'avaient jamais vu une foule aussi grande dans leur ville. Pour le capitaine des Penguins de Pittsburg, c'était une première visite à Rimouski depuis 2005. 
Les deux soeurs Caroline et Marjorie Poirier de Rimouski n'auraient pas manqué cette visite pour rien au monde. «C'était important, pour nous, de venir le remercier pour les belles années qu'il nous a fait passer à Rimouski et à Pittsburg, s'est exprimée Caroline Poirier, qui arbore le drapeau des Penguins sur sa voiture jaune. Je suis contente qu'il pense encore à nous malgré toutes ses années dans la Ligue nationale.» «Je voulais souhaiter une bonne fête à Sidney et aussi pouvoir voir la coupe Stanley pour la première fois», a ajouté Marjorie Poirier.
Ce qu'ils ont dit...
«C'était très important pour moi d'être là. Un geste comme ça, c'est exceptionnel! Ça prenait Sidney Crosby pour faire une affaire de même. En plus d'être le meilleur joueur au monde, c'est un gars intelligent, qui est reconnaissant envers son public et envers l'organisation qui l'a amené à Rimouski. Je le remercie du fond du coeur. Je n'ai jamais vu ça encore qu'un type, la journée de sa fête, emmène la coupe Stanley à Rimouski et qu'il vienne nous voir. Pour toute la population, merci!» 
- Maurice Tanguay, président-fondateur de l'Océanic
«Avec Sidney, j'ai toujours maintenu le contact. Il est toujours très généreux de sa personne pour nous recevoir et prendre soin de nous autres. On sait qu'il avait le potentiel et le vouloir de venir nous voir et de nous présenter la coupe, mais des fois, il n'avait pas le temps parce que la coupe, il ne l'avait pas plus de deux jours. Entre sa grosse parade de ce matin à Halifax et son souper d'anniversaire, il a pensé de venir ici entre les deux, de prendre le temps, douze ans après. Ça montre vraiment un côté que, souvent, les gens ne connaissent pas. Derrière le joueur de hockey un peu malin sur la patinoire, il y a une grande personnalité.»
Doris Labonté, ancien entraîneur-chef de l'Océanic
En attendant le retrait du numéro 87...
Sidney Crosby n'exclut pas la possibilité de revenir à une date ultérieure pour une cérémonie lors de laquelle il verra l'organisation de l'Océanic retirer son chandail pour le hisser au sommet du Colisée Financière Sun Life. «Ce serait un grand honneur, a admis le principal intéressé. Ce serait un moment très particulier à vivre.»
Les dirigeants de l'Océanic espèrent ce moment depuis que le célèbre numéro 87 a quitté l'Est-du-Québec pour se joindre à l'alignement du club de Pittsburgh. Mais, jusqu'à maintenant, il semble bien qu'il ait été impossible de trouver une fenêtre dans l'horaire chargé du capitaine des Penguins. 
Les partisans du club rimouskois réclament ce moment depuis longtemps. «On espère un jour retirer son chandail, confirme Caroline Poirier. J'ai entendu qu'ils attendraient qu'il prenne sa retraite pour le retirer.» «Il a le temps de gagner d'autres coupes d'ici à ce qu'il soit retiré», se console sa soeur Marjorie.
«Sid the Kid» a marqué l'histoire de l'équipe de hockey junior majeur du Bas-Saint-Laurent après avoir connu deux saisons exceptionnelles de 2003 à 2005. Lors de la saison 2004-2005, Crosby a remporté la coupe du Président à Halifax, puis il a conduit son équipe à la finale de la coupe Memorial à London. Lors de ses deux saisons au sein de l'Océanic, il a participé au Championnat du monde junior où il a compté 8 buts et obtenu 6 mentions d'aide. Dans l'uniforme des Bas-Laurentiens, il a marqué, en saison, 120 buts et a obtenu 183 assistances en 121 matchs, pour un total de 303 points. En séries, il a été l'auteur de 21 buts et de 26 passes en 22 matchs, pour cumuler 47 points. Au sein du club de Mario Lemieux depuis la saison 2005-2006, le capitaine a une fiche de 1027 points en 782 parties en saison.
Jusqu'à maintenant, cinq chandails de l'Océanic flottent au plafond de l'amphithéâtre de Rimouski. Il s'agit du 12 d'Allan Sirois, du 4 de Vincent Lecavalier, du 39 de Brad Richards, du 9 de Jonathan Beaulieu et du 28 de Michel Ouellet.