Crashed Ice: un rêve de jeunesse réalisé

Comment vous exprimer le grand plaisir que je ressens à vous écrire cette chronique avec mes deux mains! Je n'aurais laissé aucun de mes membres à la traîne sur ce parcours 2014 du Red Bull Crashed Ice, même si la décharge signée au début n'avait rien pour me rassurer.
<p>Notre journaliste Gabrielle Thibault-Delorme est fière d'être en un seul morceau!</p>
<p>Une position moins élégante...</p>
Les organisateurs prédisaient un parcours idéal pour les hockeyeurs : moins de descentes abruptes, plus de sauts, de tournants et de bosses. Moi qui espérais que mes années de ski et de patinage allaient suffire, mon absence d'expérience en hockey allait forcément me nuire. Surtout que je n'étrenne que depuis un mois seulement de merveilleux petits patins de hockey, avec lesquels j'ai passé de longues heures sur la patinoire du quartier. 
En entrant sur la piste, je fais rapidement ce constat : mes heures d'entraînement ne me seront pas très utiles ici. La glace est molle et raboteuse, et la météo qui s'est déchaînée pendant la nuit a laissé une épaisse couche de neige sur le parcours. Pendant quelques secondes, mon esprit étourdi a cru se trouver sur une pente de ski. 
On a grimpé la piste en patins pour atteindre le point de départ. Au sommet, les mains se sont tendues pour m'aider à monter. Seule représentante de la gent féminine du lot, j'ai été invitée par mes comparses à partir en premier : «Les dames d'abord.» L'invitation n'était pas si tentante, vu la pente escarpée; j'ai laissé les plus impatients partir en premier. 
Certains journalistes, très à l'aise sur le parcours, s'y risquent depuis des années. L'ancien joueur de la Ligue nationale de hockey Simon Gagné se trouve avec nous. Il a descendu la piste avec moins d'assurance que nous l'aurions cru, comme quoi on ne peut jamais vraiment se préparer à affronter la bête. 
De toute son expérience, Claudio Caluori nous explique les difficultés de la piste, nous rappelle de bien plier les genoux et de garder constamment un pied devant l'autre. Nous allons descendre l'un après l'autre sur environ 75 % du parcours, commençant après la grosse descente et terminant avant la tranchée de trois mètres. On a descendu la piste en trois sections. On se lance d'abord du haut de la côte, pour être accueillis par deux bosses, suivies d'un grand virage incliné. À partir de là, on se risquait dans une grande descente en tire-bouchon, suivie d'un virage et d'un saut. 
Es-tu tombée? Mes collègues m'ont tous posé la question à mon retour. Certains me prédisaient une descente extraordinaire. Plus réaliste, je ne prévoyais certainement pas réaliser le parcours avec la grâce d'une ballerine. Je croyais plutôt tomber fréquemment, et naturellement, c'est ce qui est arrivé. 
Les chutes ont été nombreuses, une en descente, une en montée, quelques-unes dans les bosses. Pour mettre un petit baume sur mon orgueil blessé, je peux dire que je me suis constamment améliorée, ma dernière descente s'est passée sans chute, sans être pour autant élégante. À la fin, je me suis affalée, épuisée mais heureuse. Loin d'être douée, je me sens quand même très fière, surtout que la descente s'est faite dans le plaisir et non dans la terreur.