Selon des spécialistes en santé publique, tous les membres de l’équipe des Sénateurs d’Ottawa qui ont participé au voyage en Californie, du 6 au 12 mars, sont à risque d’attraper la COVID-19.
Selon des spécialistes en santé publique, tous les membres de l’équipe des Sénateurs d’Ottawa qui ont participé au voyage en Californie, du 6 au 12 mars, sont à risque d’attraper la COVID-19.

COVID-19: tout le monde à risque chez les Sénateurs

Des médias russes ont identifié le joueur des Sénateurs d’Ottawa qui aurait contracté le coronavirus.

Ça reste une rumeur.

Les Sénateurs refusent de confirmer l’information qui circule.

« Conformément aux lois qui encadrent la vie privée en Ontario, et par respect pour nos employés, nous ne partagerons pas, publiquement, des renseignements sur la santé des individus », réagit, par écrit, la direction des communications de l’équipe.

L’agent du joueur qui a été identifié dans les réseaux sociaux n’a pas répondu aux messages lancés par Le Droit.

Les Sénateurs ont annoncé en fin de soirée, mardi, qu’un membre de l’équipe avait subi un contrôle positif à la COVID-19. Dans le premier communiqué envoyé par l’équipe, on s’est empressé de préciser que tous les joueurs avaient reçu la directive de s’isoler.

Deux spécialistes en santé publique qui ont accepté de répondre à nos questions, au cours des dernières heures, sont arrivés au même constat.

Tous les membres de l’équipe qui ont participé au voyage en Californie, du 6 au 12 mars, sont à risque.

« Quand je pense aux équipes sportives, je vois des athlètes qui sont à proximité, qui sont assis côte-à-côte dans leur local. Ils prennent des douches ensemble. Dans le sport, on peut tousser, éternuer... Quand un athlète est infecté, tous ceux qui l’entourent sont à risque », estime le docteur Marc-André Langlois.

« Il faut que ce soit suivi de très proche », ajoute le Professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la virologie moléculaire et l’immunité intrinsèque, à l’Université d’Ottawa.

Le docteur Earl Brown a côtoyé le docteur Langlois à l’Université bilingue de la capitale.

Le virologue retraité s’inquiète et se préoccupe davantage des contacts que les joueurs auraient pu avoir avec le monde extérieur, durant leur séjour sur la côte ouest américaine.

« J’ai jeté un coup d’œil à leur calendrier. Ils ont eu quelques soirées libres dans la région de Los Angeles. Ça leur a donné l’occasion de visiter la région. Certains auraient pu assister à des spectacles ou à des matches de la NBA. Dans ces sorties, ils auraient pu entrer en contact avec beaucoup de gens », estime l’homme.

L’État américain le plus populeux a décrété l’état d’urgence le 4 mars dernier. Il y avait alors 53 cas confirmés de COVID-19.

La maladie n’a pas cessé de progresser, depuis. En fin de journée, jeudi, le Los Angeles Times annonçait 958 cas confirmés — et 19 décès — à travers la Californie.

« Les dirigeants des Sénateurs font bien de garder un œil sur tous les membres de l’équipe. On doit leur laisser le temps de bien récupérer », dit le docteur Brown.

Une année perturbée

Les joueurs de la Ligue nationale ont de la chance. Ils sont âgés dans la vingtaine ou dans la jeune trentaine. Ils sont en forme et en santé. Les statistiques laissent croire qu’ils peuvent surmonter le virus.

« C’est ce que les statistiques nous disent, acquiesce le docteur Langlois. Il faut quand même prendre la situation au sérieux. Dans certains cas graves, ceux qui nécessitent l’intubation, des patients sont à risque de développer des dommages permanents aux poumons. »

« Il faut accepter que nous vivons une année perturbée. Pour tout le monde. On ne peut pas continuer de vivre comme si tout était normal. »