L'entraîneur-chef du Canadien Claude Julien
L'entraîneur-chef du Canadien Claude Julien

COVID-19: Claude Julien fait entièrement confiance à la LNH

MONTRÉAL — Après les gardiens de but, on pourrait voir un deuxième groupe d’individus porter des masques pendant des matchs de la Ligue nationale de hockey au cours des prochains mois: les entraîneurs-chefs. Et si Claude Julien doit le faire, il le fera sans rechigner.

C’est ce qu’a déclaré l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal lors d’une téléconférence jeudi, la dernière organisée par l’équipe avant le début de la phase 3 d’une éventuelle relance des activités dans la LNH dans la foulée de la pandémie de coronavirus.

Au passage, il a exprimé sa pleine et entière confiance envers la Ligue nationale de hockey.

«Dans le fond, la LNH veut vraiment faire les choses correctement et va essayer de prendre toutes les précautions nécessaires pour faire en sorte que nous soyons tous en sécurité. Ce sont des situations qui fonctionnent seulement si les gens impliqués collaborent et je pense que c’est ce que nous allons voir», a fait remarquer Julien.

À la blague, Julien a déclaré que le port du masque pourrait s’avérer une bonne solution pour empêcher les gens de lire sur ses lèvres à partir d’images transmises au petit écran.

«En bout de ligne, on est quand même capable de parler avec ces masques, et si c’est ce qui est nécessaire, nous allons le faire», a renchéri Julien, plus sérieusement.

«Il s’agit d’une situation nouvelle pour tout le monde, a-t-il ensuite rappelé. Pour faire en sorte que ça fonctionne, nous devons garder l’esprit ouvert et faire les ajustements qui s’imposent. Je sais que le port du masque derrière un banc n’est pas quelque chose que l’on va voir pendant les 10 prochaines années. Nous souhaitons voir arriver un traitement pour cette COVID-19, ou un vaccin, ou quelque chose du genre et nous allons revenir à la normale éventuellement. Mais en attendant, c’est important de notre part de faire preuve de souplesse et faire tout le nécessaire pour demeurer en sécurité.

Julien a profité de l’occasion pour clarifier certains propos qui lui ont récemment été attribués quant à son niveau de confort à l’idée de retourner derrière le banc dans un contexte de pandémie.

«Mon niveau de confort est très bon. J’ai totalement confiance et j’ai 100 pour cent l’intention de revenir derrière le banc. Tout ce que j’ai dit à la fin, si on lit mot pour mot, c’est tout simplement si à un certain moment je ne me sentirais pas en sécurité, je me retirerais. Mais je ne vois pas cette situation-là arriver si la Ligue nationale fait ce qu’elle a l’intention de faire soit tester les joueurs, les entraîneurs, à tous les jours, les deux jours, nous mettre dans une bulle. Ils vont tout faire pour nous garder en sécurité. Je n’ai aucun problème avec ça. Tout ce que j’ai dit, et c’était la vérité, si je me sentirais vraiment, vraiment en danger, parce que j’ai 60 ans, à cet âge-là, on a de petites choses avec lesquelles on vit en vieillissant, ma vie et ma famille deviennent plus importants que mon travail. Je pense que n’importe quel joueur, n’importe quel entraîneur, n’importe qui dirait la même chose. Ce contexte-là, c’est totalement l’extrême et je ne vois vraiment pas ça arriver de la façon que la Ligue nationale semble nous expliquer de la façon qu’ils vont procéder.»

Préparation à long terme

Si le plan de relance de la LNH se concrétise, le Canadien affrontera les Penguins de Pittsburgh en ronde qualificative, dans une série trois de cinq.

Il y a maintenant quelques semaines que Claude Julien connaît l’identité de ses adversaires - si jamais la LNH est en mesure de relancer sa saison - ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, concède-t-il. Mais avec toute son expérience, Julien sait aussi qu’il doit être minutieux dans sa façon de livrer aux joueurs toute l’information acquise à force de scruter les vidéos.

«Pour les entraîneurs, ça donne beaucoup plus de temps pour te préparer à jouer contre l’équipe que tu vas affronter. D’un autre côté, tu peux seulement donner une certaine quantité d’informations à tes joueurs, parce qu’à un moment donné, trop d’informations peut ralentir ton équipe au lieu de l’aider. Il faut diluer le tout à des points vraiment importants qui, tu penses, vont faire la différence durant la série», a-t-il précisé.

«C’est ce qu’on a fait. Ça fait plusieurs mois qu’on se rassemble toutes les semaines pour faire de la vidéo. On a des appels téléconférence. Je pense que ç’a été bon pour nous garder à point, mais ça nous a donné aussi beaucoup de temps pour nous préparer pour jouer contre l’équipe qu’on sait qu’on va affronter. Ça va être Pittsburgh et on a hâte d’avoir cette occasion-là», a également déclaré Julien.

Ce duel verra le Canadien livrer bataille à une formation qui a gagné la coupe Stanley en 2016 et en 2017 et qui est nettement plus aguerrie que le Tricolore à cet égard.

«Parfois, ce n’est pas une mauvaise chose», a déclaré Julien au sujet du niveau comparatif d’expérience.

«Si tu es bien préparé, si tu as un plan en place de la façon qu’on veut jouer contre Pittsburgh et que tu fais ce que tu as à faire, tu as toujours de bonnes chances de gagner. Chaque année, tu as des surprises, tu as des équipes qui jouent du bon hockey, il y a ce qu’on appelle les ‘dieux du hockey’, tu as des ‘breaks’ qui vont de ton côté. Tout ce que tu peux faire, c’est bien te préparer, et te préparer à jouer avec confiance. C’est ce qu’on va tenter de faire avec notre équipe. Bâtir une confiance où on peut sentir qu’on peut bien jouer contre Pittsburgh. Je sais que les séries, c’est différent de la saison régulière, mais on a toujours bien joué contre Pittsburgh dans le passé. Je ne vois pas de raisons pourquoi ça changerait.»

Par ailleurs, Julien s’est dit satisfait du niveau de préparation de ses joueurs, même si plusieurs se sont entraînés chacun de leur côté.

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LE SUCCÈS EN SÉRIES AVANT LAFRENIÈRE

Il existe sans doute des partisans du Canadien de Montréal qui souhaitent voir leur équipe favorite subir l’élimination à l’issue de la ronde qualificative pour que le Tricolore ait une chance de remporter la deuxième loterie de la LNH et de mettre le grappin sur Alexis Lafrenière. Si c’est bien le cas, Claude Julien ne s’en formalisera pas.

«C’est tout à fait normal. Je ne vois aucun problème là», a déclaré Julien, en conférence téléphonique jeudi matin.

«Certains amateurs, et avec raison, sont excités à l’idée qu’il est possible d’avoir ce joueur. Mais comment vont réagir les partisans si nous ne gagnons pas la première ronde et que nous n’obtenons pas Lafrenière?, a également fait remarquer Julien. C’est l’une de ces situations, en tant qu’organisation, équipe, groupe de joueurs, entraîneurs, tout le monde, où nous allons sur la patinoire pour gagner et avancer. La meilleure façon d’avancer est de faire de notre mieux.»

Les chances que le Canadien gagne ce deuxième tirage au sort ont repris vie après la loterie de vendredi, à l’issue de laquelle le premier choix du prochain repêchage a été remporté par l’une des huit équipes qui subiront l’élimination lors de la ronde qualificative. Le Tricolore doit croiser le fer avec les Penguins de Pittsburgh, qui feront figure de favoris dans cette série trois de cinq.

«Je dirais que ça rend les choses assez intéressantes, sans doute, a commenté Julien, en faisant allusion au dénouement du tirage au sort de vendredi. Il y a plusieurs équipes présentement qui se ‘lichent les babines’, comme on dit en bons termes français, en pensant qu’elles vont avoir l’occasion (de sélectionner Alexis Lafrenière).»

En vertu des règlements mis en place par la LNH, chacune des huit formations qui aura été éliminée aura 12,5 pour cent des chances de remporter ce deuxième tirage. Ainsi, dans les faits, il y a beaucoup plus de chances qu’une équipe ne soit pas favorisée par le sort.

«On sait que ça va être entre huit équipes, a-t-il renchéri. Les chances sont quand même là, mais les chances de ne pas l’avoir sont encore plus élevées que les chances de l’avoir, a noté Julien en ricanant. C’est sûr qu’une situation comme celle-là a fait jaser plusieurs personnes. C’est quelque chose qu’on n’avait pas vu depuis longtemps, même qu’on n’avait jamais vu dans la Ligue nationale.»

Julien ne le cache pas: il aimerait beaucoup voir Lafrenière revêtir l’uniforme tricolore. Mais il revient sur la raison d’être des athlètes professionnels.

«En fin de compte, nous sommes bâtis pour gagner. Nous sommes des athlètes professionnels, nous sommes compétitifs. Il n’y a aucune raison au monde de penser autrement. C’est dans cette direction que nous allons.»