L’ancien attaquant des Canadiens de Montréal, Yvan Cournoyer

Cournoyer ne voulait plus retourner à Québec

Fidèle à sa réputation de gentleman, l’ancien attaquant des Canadiens de Montréal Yvan Cournoyer a eu de bons mots pour la Ville de Québec et son tournoi pee-wee samedi, lors de son passage pour la tournée «Le Hockey d’ici» de Rogers. Il s’est cependant aussi ouvert sur une époque où il ne voulait absolument plus retourner à Québec.

«Peu de gens s’en souviennent, mais j’ai joué quelques matchs avec les As de Québec en 1964-1965», a-t-il signalé en entrevue avec Le Soleil entre deux séances d’autographes. À sa première saison hors des rangs junior, Cournoyer avait été renvoyé aux As de la Ligue américaine. L’expérience avait duré sept matchs durant lesquels il avait marqué deux buts et obtenu une aide.

«C’était particulier d’aboutir avec les As, car quand j’étais jeune, le chandail vert des As avec les cartes à jouer sur le logo était mon préféré», raconte le natif de Drummondville.

«C’était pendant les séries avec les Canadiens de Montréal. Je m’étais blessé à une cheville pendant un entraînement, mais je ne voulais pas en parler, car je voulais jouer. Je me suis bercé une soirée de temps pour tenter de soigner la blessure, mais malgré tout, j’avais de la misère à patiner le lendemain», se souvient-il.

«Quand il a vu ça, Toe Blake [l’entraîneur des Canadiens] m’a rétrogradé aux As le temps que je retrouve la forme», poursuit Cournoyer. «J’aime beaucoup Québec, mais, par contre, quand je suis remonté avec les Canadiens, je suis obligé de te dire que je ne voulais plus y retourner!»

Le Roadrunner aura été exaucé : jusqu’à sa retraite en 1978-1979, il n’aura plus disputé un seul match dans la Ligue américaine, portant fièrement l’uniforme de la Sainte-Flanelle pour le reste de sa carrière.

Maintenant âgé de 76 ans, Cournoyer vient d’ailleurs de ratifier un autre contrat de trois ans comme ambassadeur des Canadiens. «Je fais du hockey, mais différemment», commente-t-il, incapable de s’imaginer à la retraite.

«J’ai travaillé toute ma vie, même quand j’étais très jeune. Je pense que je ne serai jamais retraité. À mon âge, je n’ai aucun problème de santé, alors je me tiens occupé. Je ne me verrais pas partir dans le Sud trois mois par année!»

Même s’il célèbre ses 61 ans cette année, le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec n’existait pas quand Cournoyer évoluait à ce niveau du hockey mineur. 

«On n’avait pas de gros tournois comme ça. J’aurais aimé participer à une telle compétition. D’ailleurs, demain je verrai mon premier match au Centre Vidéotron», poursuit-il, ajoutant qu’il ne se lasse pas des nombreuses séances d’autographes auxquelles il est invité à prendre part en tant qu’ambassadeur des Canadiens.

«Je trouve ça vraiment exceptionnel. Chaque fois que je reviens à la maison, je dis à ma femme que je n’en reviens pas qu’il y ait tant de gens même 40 ans après que je me sois retiré. Encore aujourd’hui, il faisait -15 °C et des gens ont quand même attendu une heure et demie dehors pour avoir mon autographe», poursuit celui qui apprécie toujours autant le contact avec les amateurs de hockey.

«Je dis souvent que j’ai grandi avec eux : eux, devant la télé et moi, sur la patinoire», termine le membre du Temple de la Renommée du hockey.