Les entraîneurs des Dinos, Wayne Harris, et des Carabins, Danny Maciocia, se sont serré la main une dernière fois avant l’affrontement ultime de samedi.

Coupe Vanier: Maciocia comme en 2005

Même vendredi soir, impossible d’arracher à Danny Maciocia le nom de son quart-arrière partant pour le match de la Coupe Vanier à moins de 24 heures du botté d’envoi. Comme en 2005, alors qu’il dirigeait les Eskimos d’Edmonton en finale de la Coupe Grey, l’entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal gardera le secret jusqu’à la dernière minute.

Frédéric Paquette-Perrault avait été le quart partant du match de la Coupe Uteck contre les Axemen d’Acadia, mais il avait été remplacé par Dimitri Morand peu avant la demie après avoir subi une légère blessure.

«Moi, j’ai déjà vécu cette situation par le passé», a indiqué Maciocia lorsque questionné par les médias à savoir qui de Paquette-Perrault ou Morand commencerait la grande finale contre les Dinos de Calgary.

«En 2005, tout le monde se demandait si j’embarquerais Jason Maas ou Ricky Ray comme quart-arrière. J’y suis allé avec Ray, qui a ensuite été élu joueur du match dans la victoire de 38 à 35 sur les Alouettes de Montréal. J’espère que ça se répétera cette année», a raconté Maciocia, relatant ses souvenirs de la Ligue canadienne de football.

Dinos prêts

«Bref, le nom de notre partant, on va garder ça pour demain. J’ai parlé avec les quarts-arrière, avec l’équipe médicale, on va jouer avec le quart-arrière qui sera en santé. On a gagné avec les deux, on est confiant que les deux puissent embarquer», a-t-il enchaîné.

Maciocia est toutefois conscient que les Dinos de Calgary se prépareront pour les deux éventualités. «Je pense qu’ils seront prêts pour les deux. Les deux peuvent gérer l’attaque, distribuer le ballon, établir le jeu au sol, mais Fred arrive avec un autre élément que Dim n’amène pas», poursuit-il en faisant référence à la capacité de Paquette-Perrault de se servir de ses jambes pour courir avec le ballon.

Renseignement

Le pilote des Carabins assure qu’il a un plan pour faire face aux Dinos, une équipe «qui peut marquer 50 points contre nous», a-t-il lancé avant d’ajouter un bémol. «Par contre, on est tellement bons en défensive que peut-être qu’ils ne feront même pas un touché...»

Il compte aussi sur quelques «spécialistes du renseignement» pour l’aider à décrypter les dinosaures. «J’ai une couple d’amis qui jouent dans la conférence Canada West et aussi des dépisteurs dont le mandat est dans cette conférence. On a partagé quelques informations dans les derniers jours.»

Danny Maciocia s’attend à un match serré et estime que les unités spéciales pourraient faire la différence. «Je crois que les unités spéciales auront leur mot à dire. Récemment, on a souvent bloqué des bottés, retourné des interceptions pour des touchés. Ça pourrait nous favoriser un peu si c’est serré.»

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UNE FINALE PAR DÉCENNIE POUR PAT SHEAHAN

Invariablement, le coordonnateur de l’offensive des Dinos de Calgary Pat Sheahan aboutit en finale de la Coupe Vanier tous les 10 ou 11 ans. D’abord en 1987 avec les Redmen de McGill, en 1998 avec les Stingers de Concordia, puis en 2009 avec les Golden Gaels de Queen’s et, finalement, cette année avec les Dinos.

«Il ne faut pas trop que je parle de celle de 2009!» précise Sheahan en riant. C’est que cette année-là, sur le terrain du Stade Telus, les Gaels l’avaient emporté 33 à 31 contre les... Dinos pour procurer à Sheahan une première Coupe Vanier comme entraîneur-chef.

En 1987, il avait remporté un premier titre national en tant qu’entraîneur adjoint des Redmen, qui avaient renversé les Thunderbirds de l’Université de Colombie-Britannique pour gagner le trophée du général Vanier.

En 1998, comme pilote des Stingers de Concordia, il avait eu la main moins heureuse au Skydome de Toronto quand ses protégés, qui menaient pourtant 17-14 après trois quarts, s’étaient inclinés 24 à 17 devant les Huskies de la Saskatchewan.

On est bien sûr tenté de demander à un vieux routier du football comme Sheahan les recettes pour remporter un championnat universitaire canadien.

«Pour gagner la Coupe, tu as besoin d’un match clean sans échappé et sans interception et tu dois fournir un grand effort», a-t-il déclaré à propos des «clés» de la Coupe Vanier.

«De notre côté, il nous faudra contrer l’attaque au sol des Carabins et leur défensive, qui est l’une des deux meilleures au Canada. N’oublions pas non plus qu’on vient de battre deux très bonnes défensives : celles des Bisons de l’Université du Manitoba et des Huskies.»

Sheahan aimerait bien sûr ajouter une autre bague de la Coupe Vanier à sa collection au terme de sa première saison avec les Dinos. Il a aussi cru un moment cette année que les Dinos allaient peut-être affronter les Gryphons de Guelph, dirigés par son fils Ryan, en finale de la Coupe Mitchell. «Quand j’ai vu que les Gryphons alignaient six victoires d’affilée, je me disais que ça allait peut-être arriver. Ce serait spécial, car il a coaché avec moi à Queen’s, avec les Tigers Cats de Hamilton, mais jamais contre moi. Qui sait? Peut-être que ça arrivera l’an prochain!», termine-t-il. Ian Bussières

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LA FIN IDÉALE POUR DEQUOY

Pièce maîtresse de la défensive des Carabins au cours des quatre dernières saisons, le demi défensif Marc-Antoine Dequoy pouvait difficilement imaginer meilleur scénario pour conclure sa carrière universitaire.

«Tout ça est vraiment excitant. Je réalise que mon dernier match aura lieu en finale de la Coupe Vanier et j’ai juste envie de jouer. Honnêtement, je trouve le temps long en attendant!», a déclaré Dequoy en entrevue avec Le Soleil vendredi.

Après avoir gagné la Coupe Dunsmore et la Coupe Uteck, Dequoy est pressé de sauter de nouveau sur le terrain pour ajouter un autre trophée à la collection que les Carabins ont commencé à accumuler cette saison.

«Je fais souvent de la visualisation avant les matchs. Je visualise des situations dans lesquelles je pourrais me retrouver, des jeux que je pourrais avoir à faire. Ça me permet de me mettre en situation», poursuit-il, stimulé par le défi que représentent les Dinos de Calgary.

«Adam Sinagara est le meilleur quart-arrière que j’aie affronté et on ne demande rien de moins pour une finale de la Coupe Vanier. Leur groupe de receveurs de passes est aussi le meilleur que j’aie eu à affronter», a poursuivi Dequoy, lançant quelques fleurs à l’adversaire.

Malgré tout, il dit cependant ne pas craindre la rapidité des frères Tyson et Jalen Philpot. «On verra ça sur le terrain. Sur vidéo, j’ai vu qu’ils étaient très agiles. Mais il y a aussi des receveurs qui ont de la vitesse dans le RSEQ, notamment Antoine Dansereau-Leclerc du Rouge et Or qui est très rapide», a-t-il pondéré. Ian Bussières

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GIRAUD Y SERA

Si le mystère plane toujours quant à la présence ou non du quart des Carabins de l’Université de Montréal Frédéric Paquette-Perrault en finale de la Coupe Vanier, celle du porteur de ballon Ryth-Jean Giraud est maintenant assurée. 

«Son retour est un gros plus pour nous. Ryth-Jean peut faire la différence dans un match de foot. Il peut courir et aussi attraper le ballon», a déclaré vendredi l’entraîneur Danny Maciocia à propos de celui qui a cumulé 575 verges par la course et 276 par la passe cette année.

Blessé, Giraud était absent du match de la Coupe Uteck contre les Axemen d’Acadia. «Je ne peux pas dire si j’aurais été capable de jouer. Ce n’est pas moi qui prends ces décisions, c’est le médecin de l’équipe», précise-t-il. «Maintenant, je me sens à 100 %. Je suis vraiment content de revenir au jeu», a déclaré Giraud, qui s’est entraîné avec les Carabins toute la semaine. Ian Bussières