Aucun joueur des Dinos et des Carabins n’était en lice pour les sept prix individuels remis U Sports. Rien de tragique pour les deux équipes qui ne convoitent que la Coupe Vanier, le seul trophée pour lequel personne ne vote.

Coupe Vanier: le seul trophée pour lequel personne ne vote

Alors que les deux meilleures équipes de football universitaire au pays s’apprêtent à s’affronter pour la Coupe Vanier, aucun de leurs porte-couleurs n’était en lice jeudi soir pour les sept prix individuels remis chaque année par le réseau U Sports. Une situation rare et pour le moins inusitée qui est cependant loin d’empêcher de dormir les entraîneurs des Dinos de l’Université de Calgary, Wayne Harris Jr., et des Carabins de l’Université de Montréal, Danny Maciocia.

Seuls des candidats des universités McGill et Concordia, qui ont joué pour .375 et .250 respectivement cette année, représentent le Québec dans la course aux trophées remis à la recrue de l’année, au joueur de ligne de l’année, au joueur défensif de l’année, à l’athlète impliqué dans la communauté, au joueur par excellence du réseau Usports et à l’entraîneur adjoint bénévole de l’année. Glen Constantin, du Rouge et Or, est pour sa part en lice pour le trophée Frank Tindall remis à l’entraîneur de l’année. 

Du côté de la conférence Canada West, cinq représentants des Huskies de la Saskatchewan, battus 29 à 4 par les Dinos en finale de l’ouest, sont en lice pour ces honneurs en plus de Greg Nesbitt des Rams de Regina comme entraîneur adjoint bénévole de l’année et du joueur de ligne défensive Derek Dufault des Bisons du Manitoba pour le titre d’athlète impliqué dans la communauté.

La Coupe seulement

«Nous, ce qu’on veut, c’est le trophée que personne ne peut voter pour. C’est celui-là qu’on cherche!», a déclaré Maciocia en point de presse en faisant référence à la Coupe Vanier qui se trouvait à quelques centimètres de lui. L’entraîneur-chef des Carabins a cependant rappelé que même au niveau provincial, aucun de ses joueurs n’avait remporté un seul honneur individuel cette année. «C’est la première fois que ça arrive dans notre conférence depuis que je dirige les Carabins. Pour ne pas faire le voyage seul, j’avais même amené avec moi mon joueur par excellence: mon père!», a-t-il raconté. 

Wayne Harris Jr. était dans le même état d’esprit que son homologue montréalais. «On a parlé de ces choses-là. Les trophées individuels, c’est quelque chose de très très bien. Cependant, il y a des années où nous avions 11 joueurs sur l’équipe d’étoiles canadienne, mais où on n’a pas atteint la finale», a-t-il rappelé.

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LA BATAILLE POUR LE COEUR DE LA FOULE

Lorsque deux des plus grands rivaux historiques du Rouge et Or s’affrontent pour la Coupe Vanier sur le terrain de l’Université Laval, on est en droit de se demander de quel côté penchera le coeur de la foule. Danny Maciocia avait déjà lancé un appel à appuyer ses Carabins «pour que la Coupe Vanier demeure au Québec», mais les Dinos de Calgary voudraient eux aussi recevoir l’appui du public de la capitale.

«J’espère vraiment que les spectateurs vont être avec nous», a déclaré le quart-arrière des Dinos, Adam Sinagara, un Québécois natif de Pointe-Claire. «En tout cas, je sais que si les Golden Bears de l’Université de l’Alberta disputaient un match de la Coupe Vanier sur notre terrain à nous, on ne voudrait certainement pas que nos partisans les appuient!», a-t-il déclaré aux médias.

Son entraîneur Wayne Harris Jr. n’est pas allé aussi loin, mais il n’a pas manqué de lancer des fleurs au public de Québec. «Québec a les meilleurs partisans au pays et on sait très bien qu’ils donnent toujours un bon spectacle», a-t-il laissé tomber.

Trop demander

Chez les Carabins, le secondeur Brian Harelimana ne s’attend pas à ce que les partisans passent du rouge et or au bleu et blanc même si son frère Kean fait partie de la formation lavaloise. «Je ne m’attends à rien. On sait tous qu’il y a une très grande rivalité entre les deux équipes. C’est comme au hockey: on ne demandera jamais à un fan des Canadiens de Montréal de se mettre à prendre pour les Maple Leafs de Toronto!», a-t-il illustré. Son coéquipier Raphaël Major-Dagenais abondait dans le même sens. «Ce serait beaucoup demander aux partisans du Rouge et Or! On ne peut pas leur demander ça!», a déclaré le receveur de passes.

Maciocia, lui, a décidé d’en remettre un peu en disant exactement le contraire de ce que Sinagara prétend. «Si les Carabins ou l’Université Laval jouaient à Calgary contre l’Université de l’Alberta, je suis à peu près certain que les spectateurs seraient tous contre toute équipe de notre conférence. Moi, je veux que le a Coupe Vanier reste au Québec. Je ne pense pas que le Québec et l’Alberta aient beaucoup de choses en commun, alors je souhaite que les Québécois veuillent aussi que la Coupe Vanier demeure au Québec», a conclu l’entraîneur des Bleus. Ian Bussières