Pascal Lochard, du Rouge et Or, aura encore une fois la défensive des Carabins à ses trousses, samedi, en finale de la Coupe Dunsmore.

Coupe Dunsmore: plus gros que la Coupe Vanier?

Québec-Montréal, Rouge et Or-Carabins. La finale avant la finale. C'est l'impression que donne encore le match de la Coupe Dunsmore de samedi en mettant aux prises les vainqueurs des trois dernières Coupes Vanier.
«L'an passé, les deux meilleures équipes au Canada se sont rencontrées pour la Coupe Dunsmore. Ça reste un quart de finale!» regrette l'entraîneur-chef des champions en titre, les Carabins de l'Université de Montréal.
Danny Maciocia souhaite que la grande finale du football universitaire canadien oppose un jour les deux meilleures équipes au pays, point à la ligne. Que ce soit le Rouge et Or et les Carabins, deux autres formations du Québec ou Western et McMaster, rivaux ontariens.
Il propose ainsi un système de sélection comparable à celui existant aux États-Unis pour les bowls de la NCAA, sans empêcher les finales de conférence. «Des fois, on voit un meilleur match dans une Coupe Dunsmore que la semaine suivante», fait valoir Maciocia, à propos des demi-finales canadiennes parfois inégales.
«Ce n'est pas plus gros que la Coupe Vanier, mais il n'y a pas de Coupe Vanier si tu ne passes pas la Dunsmore», commente pour sa part le pilote du club de l'Université Laval, Glen Constantin. Qui répétait après les 11 championnats de conférence consécutifs de sa troupe qu'il devenait ensuite plus facile pour ses joueurs d'affronter des numéros au lieu de rivaux connus.
Constantin a été nommé entraîneur de l'année au Québec pour la sixième fois de sa carrière, vendredi, cinquième honneur du genre pour lui en huit ans. «Un trophée d'équipe» pour celui qui se voit comme un chef d'orchestre heureux de travailler «avec des passionnés devenus des chums».
Soulignons que les deux entraîneurs-chefs au Bol d'or de première division collégiale, samedi, à Saint-Jean-sur-Richelieu, sont deux anciens joueurs du Rouge et Or. «On leur a montré à jouer au football avec fierté et intégrité et je suis content de voir que pas moi, mais le Rouge et Or a fait des petits», indique Constantin.
Betts dans la mire
Pas besoin du titre de recrue de l'année qui lui a été décerné vendredi pour savoir que l'ailier défensif de l'UL Mathieu Betts fera encore l'objet d'une surveillance serrée de la part du front offensif des Carabins.
«On ne peut pas juste se fier sur Mathieu, on a besoin d'un bon match d'Edward Godin [l'autre ailier défensif] et de nos joueurs à l'intérieur», analyse Constantin, qui avait vu Montréal courir pour 220 verges lors de la visite du 17 octobre du Rouge et Or au CEPSUM.
Betts succède à son coéquipier Hugo Richard comme meilleure recrue au Québec, le quart-arrière ayant ensuite obtenu la récompense au niveau canadien l'an dernier.
«C'est la première fois que je gagne quelque chose comme recrue de l'année. Je n'avais pas eu ça ni au secondaire ni au cégep, alors c'est cool. Mais c'est un peu drôle de recevoir ça avant la fin de la saison, la veille de la Coupe Dunsmore. Je suis content, mais je suis moins d'humeur pour ça en ce moment», explique celui qui a enregistré 12 sacs en 8 rencontres régulières, tout près du record canadien de 12,5.
Betts avait quand même été nommé joueur par excellence de la première division juvénile en 2011 et meilleur joueur défensif du collégial en 2013 et en 2014.
Roch déçu et absent
Absent, Jérémi Roch ne boudait pas. L'étudiant à la maîtrise donnait un cours à l'Université de Sherbrooke. Le quart-arrière finissant du Vert & Or était néanmoins déçu de voir ses performances aussi peu reconnues par le RSEQ. Son coach aussi. «En gros, à Sherbrooke, on n'a pas de joueurs et on n'a pas de coachs. Mais on est tout le temps dans le top 10 canadien et on finit troisième [au Québec]», fulminait David Lessard, venu récupérer le prix de leadership et engagement social remis au passeur le plus prolifique de l'histoire du football universitaire canadien. L'auteur de 11 477 verges de gains aériens en saison, un record, se retire sans avoir été étoilé à ses quatre dernières campagnes. Le Vert & Or a obtenu une seule nomination dans l'équipe d'étoiles québécoise cet automne, contre 11 pour Laval, 10 pour Montréal et 5 pour Concordia. «On fait confiance au réseau, mais on reste perplexes par rapport aux choix. Mais on les respecte», résume Lessard.
<p>Charles Vaillancourt</p>
Vaillancourt dans la lignée
Charles Vaillancourt s'inscrit dans une longue lignée des grands joueurs de ligne passés à Laval. Il est le sixième du front offensif honoré de la sorte sur la scène québécoise après David Bouchard (2009), Dominic Picard (2005), Carl Gourgues (2001, 2003), François Boulianne (2002) et André Trudel (1999). Le prix revient à un représentant du Rouge et Or pour la sixième fois dans les huit dernières années. Quant au titre de meilleur joueur des unités spéciales décerné au retourneur du Rouge et Or Anthony Dufour, il s'agit d'un peu de baume sur la blessure au genou qui a mis fin à sa saison, il y a deux semaines. La plaie a été remise à vif quand l'animateur de la cérémonie lui a demandé au micro s'il était prêt pour le match de samedi...