De nombreuses épreuves sportives internationales prévues en Chine, dont des tournois de qualification pour les JO de Tokyo, ont déjà été annulées ou déplacées en raison de l’épidémie.

Coronavirus : l'agence antidopage chinoise suspend ses contrôles à six mois des JO de Tokyo

LAUSANNE — À six mois des Jeux olympiques de Tokyo, l’agence antidopage chinoise Chinada a décidé de suspendre «momentanément» ses activités de contrôles «dans un souci de protection de la santé» en raison de l’épidémie de coronavirus, a-t-on appris lundi auprès de l’Agence de contrôle internationale (ITA).

L’agence antidopage chinoise «reprendra graduellement ses activités de contrôles aussitôt que la situation s’améliorera», a précisé l’ITA, basée à Lausanne et interrogée par l’AFP.

La décision de Chinada, communiquée lundi à l’ITA, a été prise «dans un souci de protection de la santé et au vu de l’état d’urgence international décrété par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)».

Cette annonce intervient à six mois des Jeux olympiques de Tokyo qui se tiennent du 24 juillet au 9 août et alors que Chinada réalise, selon son site internet, quelque 15 000 contrôles antidopage et analyses par an.

Véritable puissance sportive, la Chine, 3e nation au classement des médailles aux JO de Rio, dominé par les États-Unis, nourrit de grandes ambitions pour les JO de Tokyo.

Le programme antidopage précédant les JO, habituellement renforcé et confié par le Comité international olympique (CIO) à l’ITA, revêt donc une importance particulière notamment en Chine, un pays ambitieux qui n’échappe pas aux affaires de dopage.

Ainsi le nageur Sun Yang, star en Asie et triple champion olympique, déjà suspendu trois mois en 2014 pour un contrôle positif à la trimétazidine, risque-t-il de 2 à 8 ans de suspension pour un contrôle antidopage rocambolesque au cours duquel il avait détruit son échantillon avec un marteau. Le verdict du Tribunal arbitral du sport (TAS) est attendu très prochainement.

Contrôles avec «d’autres prestataires»

L’ITA dispose «d’autres partenaires en Chine et évalue si des contrôles peuvent tout de même avoir lieu dans les jours/semaines à venir avec d’autres prestataires privés».

«La situation est toutefois à la prudence afin de ne mettre en danger ni les athlètes, ni les officiels de contrôle et bien que reconnaissant l’importance des activités antidopage, les priorités sont au maintien de la santé publique pour tous», a ajouté l’agence.

Avec plus de 17 000 personnes contaminées, dont plus de 360 mortellement, le bilan du nouveau coronavirus dépasse désormais celui du SRAS en Chine continentale.

De nombreuses épreuves sportives internationales prévues en Chine, dont des tournois de qualification pour les JO de Tokyo, ont déjà été annulées ou déplacées en raison de l’épidémie.

Ainsi les Championnats du monde d’athlétisme en salle, prévus à Nankin en Chine du 13 au 15 mars, ont été repoussés d’un an.

Une étape de la Coupe du monde masculine de ski alpin prévue à 50 km au nord de Pékin, site des JO d’hiver 2022, a été annulée et reprogrammée en Autriche.

En boxe, le tournoi de qualification asiatique pour les JO, programmé initialement en février à Wuhan, centre de l’épidémie du nouveau coronavirus, a été reprogrammé à Amman (Jordanie) début mars.

Sur un certain nombre de ces épreuves, l’ITA avait été mandatée pour effectuer des contrôles antidopage et le restera, notamment sur le tournoi de boxe en Jordanie.

«Nous continuerons à exécuter le programme que nous avons préparé, même si les concours se déroulent dans d’autres lieux», a ainsi expliqué l’ITA.

Interrogée pour savoir, si à proximité des JO un déficit de contrôles sur les sportifs chinois était à redouter, l’ITA répond qu’il n’est «pas possible de le dire pour l’instant, nous sommes encore à six mois des jeux de Tokyo».

Mais «si la situation devait continuer à évoluer en ce sens, il est en effet probable que cela ait un impact sur les missions de contrôles en Chine et que des solutions devront être trouvées».