Glen Constantin s’attend encore à un «grand match» entre le Rouge et Or et les Carabins.

Constantin se prépare aux surprises des Carabins

À l’approche du gros match contre les Carabins de Montréal, dimanche, l’entraîneur-chef du Rouge et Or se prépare à des guets-apens et embuscades en tous genres.

«On est prêts pour la prochaine surprise!» a lancé Glen Constantin, jeudi midi, lors de son point de presse hebdomadaire plus couru qu’à l’habitude.

Garde-t-il lui aussi quelques surprises en réserve pour l’équipe visiteuse qui s’amène au stade de l’Université Laval? «Oui. Et je te dis ça, mais peut-être que la surprise sera de ne pas avoir de surprises!»

Le ton est donné pour un autre classique entre les deux puissances du football universitaire québécois, affrontements où la différence réside toujours dans les menus détails. Au plus une dizaine de jeux permettront de trancher sur plus de 100 disputés durant l’après-midi.

Reconnaître les tendances, y lire des nuances, déceler le camouflage et déguisement de certaines tactiques pour parvenir à briser les propensions adverses. Puis c’est là qu’arrivent les surprises, les jeux truqués ou inattendus pour faire pencher la balance.

Comme lors de la dernière visite du R et O chez les Carabins, le 8 septembre. Quand une attaque plus musclée par l’ajout d’un sixième joueur de ligne ou de deux ailiers rapprochés a parfois donné du fil à retordre aux représentants de l’UL, quand même vainqueurs 12-7.

«On a bien beau le voir et s’ajuster sur notre tableau blanc, mais ce sont des athlètes-étudiants et ça prend un peu de temps à s’adapter sur le terrain», constate celui qui tient la barre de l’équipe pour une 18e saison.

Vers un stade comble

À quel point, les détails? Des 12 derniers affrontements entre le Rouge et Or et les Carabins, soit depuis la deuxième manche de 2014, 11 se sont conclus par un écart de six points ou moins. Une seule possession de ballon! Et devinez? Chaque équipe l’a emporté six fois.

Ajoutons que ces quatre dernières années, l’équipe qui a gagné le premier duel a ensuite perdu les deux suivants et, donc, la finale de conférence.

Constantin s’attend encore «à un grand match». Tout indique qu’en plus des téléspectateurs de TVA Sports, autour de 18 000 amateurs seront dans les gradins du stade du PEPS. Déjà jeudi, 14 500 billets avaient été vendus, ce qui ne laisse que 4000 places en admission générale pour remplir l’amphithéâtre extérieur de Sainte-Foy.

«C’est la plus grande rivalité au Canada dans le football universitaire et on aura peut-être la plus grosse foule cette saison au Canada. On ne peut rien demander de mieux! Sauf peut-être le soleil», laisse tomber le coach, mettant tout le monde au courant qu’on annonce de la pluie pour dimanche.

Plus de poids en attaque

S’il ne peut pas compter sur le beau temps, le Rouge et Or disposera de plus de poids en attaque avec les centres-arrières Alexandre Savard et Félix Garand-Gauthier, ainsi que le demi inséré Étienne Moisan, tous absents lors de la visite au CEPSUM en septembre. Près de 700 livres à trois. Savard mesure 6’5”.

Pas un hasard que le quart-arrière Hugo Richard avait dû encaisser cinq sacs durant la rencontre, même si Constantin estime que deux sacs auraient pu être évités si Richard s’était débarrassé du ballon au lieu de tenter d’étirer le jeu.

Il ne faut pas oublier que l’écart du premier match a été de cinq points. Donc en cas de victoire de Montréal, Laval tentera par tous les moyens de maintenir son recul à quatre points ou moins pour conserver l’initiative dans un éventuel bris d’égalité au sommet du classement en fin de saison. Cela signifie l’avantage du terrain pour tout le mois de novembre, car la demi-finale canadienne a lieu au Québec et la grande finale de la Coupe Vanier, à Québec.

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Mathieu Betts a récolté 31,5 sacs en carrière, ce qui le place à égalité avec Jim Aru pour le record de la conférence.

BETTS PAS OBSÉDÉ PAR LE RECORD DE SACS

L’ailier défensif du Rouge et Or Mathieu Betts est sur le point de battre le record de conférence de sacs en carrière universitaire. Il est à égalité au sommet à 31,5 depuis deux semaines. La marque établie par Jim Aru de Queen’s tient depuis 20 ans. S’il n’en tient qu’à Betts, elle pourrait tenir encore une semaine de plus.

«Ça me rappelle à ma première saison, quand j’approchais du record de sacs en une saison», affirme le numéro 9, qui a fait ses débuts à l’Université Laval en 2015. «On allait jouer le dernier match de la saison à McGill et, à entendre ce qui se disait, il fallait absolument que je le batte!» Avec un sac, Betts avait conclu la saison avec 12, à court du record de 12,5.

Selon toute vraisemblance, il ne lui reste que trois matchs réguliers à disputer au niveau universitaire. Même s’il aura droit à une cinquième année d’admissibilité l’an prochain, d’aucuns lui prédisent plutôt une entrée dans les rangs professionnels pour 2019. «Sans dire que c’est de la comédie, les records, c’est plus une distraction qu’autre chose. Je suis à égalité, je suis content! Je suis satisfait de ma production actuelle et j’espère continuer dans cette veine-là», résume celui qui a été nommé joueur de ligne universitaire par excellence au Canada ces deux dernières années.

Il fait l’objet d’une attention particulière des unités offensives adverses, qui déploient des couvertures renforcées du côté de Betts et du plaqueur Vincent Desjardins. Des 13 sacs enregistrés par le Rouge et Or cette saison, Betts en compte quand même cinq et Desjardins, deux.

Quant à la rivalité «un peu plus élevée» avec les Carabins, Betts croit que «tu as beau narguer l’adversaire, mais avec notre foule, on n’entendra pas grand-chose de ce que l’autre dit de toute façon. Alors ce sera une perte d’énergie inutile.»