La semaine formidable qu'est en train de connaître le Canadien Denis Shapovalov lui attire des éloges de partout.

Concert de louanges pour Shapovalov

Si Denis Shapovalov a créé un engouement au Québec et au Canada par son jeu et sa personnalité, il a ouvert les yeux d'au moins un citoyen du sud de la frontière : l'analyste Patrick McEnroe.
Présent à Montréal avec l'équipe du réseau ESPN, le frère cadet de John aime ce qu'il voit du jeune Canadien, tombeur de Rafael Nadal, jeudi à la Coupe Rogers. Au point de le croire capable de connaître une belle carrière professionnelle.
«Il a beaucoup d'outils. Il est dynamique, athlétique, il possède un remarquable coup droit, un excellent service, un bon coup du revers, il se déplace bien. Sur le plan talent, il a tout ce que vous recherchez. Et ce qu'on a vu hier [jeudi], c'est qu'il a beaucoup de cran», a noté McEnroe avant d'assister à la victoire de Shapovalov en quarts de finale contre le Français Adrian Mannarino.
Laurendeau émerveillé... et incrédule
Un refrain similaire a été entonné au Québec une douzaine d'heures après l'exploit de Shapovalov contre Nadal. Devant les médias vendredi midi, son entraîneur Martin Laurendeau a paru à la fois émerveillé, mais aussi un peu incrédule, devant tour de force de son protégé, qui avait déjà frappé les esprits en battant Juan Martin del Potro, mercredi.
«Il s'entraîne fort, il met beaucoup d'heures de travail sur les terrains d'entraînement et dans les petits tournois pour se mettre dans cette position-là. Chaque fois qu'il joue contre un joueur mieux classé que lui, il n'a pas froid aux yeux, il tient sa place et il monte son niveau de jeu. Ça ne me surprend pas parce que je l'ai vu plusieurs fois cette année, mais de le faire contre des joueurs comme del Potro et Nadal, c'est remarquable.»
De son côté, Louis Borfiga, le directeur du Centre national d'entraînement de Tennis Canada, a noté le fait que Shapovalov n'a montré aucun complexe contre un adversaire dont la force de caractère est légendaire. «Ce qui m'a le plus étonné, c'est la façon dont il est rentré sur le terrain et dont il a joué. Au lieu d'être un petit peu timoré, il a tout lâché.
«On savait qu'il aimait jouer sur les grands courts, on savait qu'il aimait affronter les grands joueurs. Mais de là à faire ce qu'il a fait hier [jeudi] contre une légende du tennis, qui venait chercher en plus sa première place mondiale, ça dépassait nos espérances, c'est certain.»
L'ex-tennisman Réjean Genois, premier Québécois à percer le top 100 de l'ATP vers la fin des années 70, était encore «sous le choc» à la suite de la performance Shapovalov face à Nadal. «Ç'a été un moment de grâce pour Shapovalov», a raconté le président de Tennis Québec en entrevue téléphonique «Va-t-il toujours jouer comme ça, je ne le sais pas. Mais hier [jeudi], il avait la grande scène devant lui, il avait beaucoup de pression, et il en a profité. Il s'est éclaté et il nous a offert une grande performance. Et ça explique tout son potentiel pour devenir une grande vedette du tennis.»
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Federer ajoute ses compliments
Roger Federer a mérité sa place en demi-finale de la Coupe Rogers, vendredi après-midi à Montréal. Mais après sa victoire de 6-4 et 6-4 en 68 minutes contre l'Espagnol Roberto Bautista Agut, il a répondu à plus de questions sur un match auquel il a assisté du confort de sa chambre d'hôtel, la veille, que sur celui qu'il venait de disputer. La deuxième tête de série du tournoi n'a pas pu éviter le sujet de l'heure au Stade Uniprix : la prestation du Canadien Denis Shapovalov contre Rafael Nadal, jeudi soir.
«Ce fut un match fabuleux. Il a été fantastique pour les fans ici à Montréal et au Canada, et aussi pour Denis. Il a joué un match extraordinaire. Oui, il n'avait rien à perdre. Mais "Rafa" ne va jamais te donner un match. Il faut toujours aller le chercher. Il l'a fait. C'est bon pour lui. C'est bon pour le tennis aussi. Quand un jeune joueur de 18 ans bat une légende comme "Rafa", c'est toujours bon pour le tennis parce que vous parlez d'autres joueurs», a noté le Suisse de 36 ans, qui croisera le fer en demi-finale avec le Néerlandais Robin Haase, vainqueur 4-6, 6-3 et 6-3 de l'Argentin Diego Schwartzman.