Marie-Claude Paré, présidente et chef de la direction de la fondation du CHU, l’ex-skieuse acrobatique Audrey Robichaud et le neurologue Nicolas Dupré

Commotions cérébrales: Audrey Robichaud et le projet du Dr Dupré

L’ex-skieuse acrobatique de Québec Audrey Robichaud a décidé d’imiter plusieurs autres personnalités sportives de la région de Québec : elle s’associe à l’initiative projetsportif.org du neurologue Nicolas Dupré qui vise à amasser 325 000 $ d’ici la fin de 2019 et 6 millions $ sur trois ans afin d’appuyer un projet de recherche pour prévenir les maladies résultant des commotions cérébrales à moyen et long terme.

Celle qui a pris sa retraite en 2018 est maintenant entraîneuse de l’équipe de ski du Centre de ski Le Relais de même qu’au programme sport-études en ski acrobatique. Elle avoue que, même si les commotions cérébrales chez les athlètes sont une cause qui lui tient à cœur, c’est un peu par hasard qu’elle s’est retrouvée associée au projet du Dr Dupré. «Ma tante est amie avec quelqu’un qui travaille à la Fondation du Centre hospitalier universitaire et m’a recommandée. J’ai accepté tout de suite, car les commotions cérébrales font un peu trop partie du sport», explique celle qui a commencé sa collaboration lundi soir en donnant une mini-conférence au restaurant La Cage de Lebourgneuf en compagnie du Dr Dupré.

Chanceuse

Audrey se considère comme chanceuse même si elle a subi quelques commotions durant sa carrière. «Il est arrivé que je doive prendre une ou deux semaines de repos, mais je n’en ai jamais eu une qui m’empêche de faire des choses ou qui ait eu des répercussions à long terme. Par contre, j’ai vu d’autres athlètes être obligés d’arrêter leur carrière à cause de ça, certains dont les commotions ont eu des répercussions sur leur vie en général, notamment des retours aux études qui sont plus difficiles à cause de cela», raconte l’ex-spécialiste des bosses en entrevue avec Le Soleil.

Plus près d’elle, son amoureux, le skieur américain Bradley Wilson, a subi une sévère commotion il y a quelques années, non pas sur les pentes de ski, mais après une très vilaine chute à vélo de montagne. «Il est passé par-dessus son guidon, il s’est rentré la tête vers l’intérieur et a roulé un peu sur la nuque. Il a été chanceux dans sa malchance car il aurait pu se briser le cou. Il s’est réveillé un peu mêlé dans l’ambulance, il ne se souvenait plus de s’être rendu à l’ambulance avec son vélo. Heureusement, il s’en est bien remis, mais ça a été long», confie celle qui dit s’intéresser encore davantage aux commotions cérébrales depuis cet événement.

Son travail d’entraîneuse et ses études en intervention sportive à l’Université Laval l’amènent aussi à garder cette question au cœur de son quotidien. «C’est très différent d’il y a 15 ou 20 ans. Aujourd’hui, il y a vraiment un suivi et un protocole et tout est pris beaucoup plus au sérieux. C’est une bonne chose, car ce sont des blessures à la tête qui peuvent sembler invisibles, mais elles ont des effets bien réels», poursuit Audrey.

«Pour un entraîneur, il y a toujours un professionnel de la santé qui nous dit si un athlète est prêt à revenir ou non. Et quand un jeune fait un retour progressif, j’y vais par étapes. Je ne commence pas par lui faire faire des doubles backflips!» illustre-t-elle.

Après-carrière

Par ailleurs, pour l’olympienne qui avait pris part aux Jeux de Turin, Sotchi et PyeongChang, l’après-carrière se déroule plutôt bien. «La compétition ne me manque pas tant que ça, mais davantage les voyages et mes coéquipiers. Je crois avoir fait mon deuil de l’excellence sportive que j’avais atteint à l’époque. Je suis heureuse de demeurer associée à mon sport, mais mon focus a rapidement changé du fait d’être un athlète à celui d’entraîner des athlètes et de reprendre mes études. La première année, j’avoue que ça faisait longtemps que mon cerveau n’avait pas été autant sollicité, mais maintenant, j’ai repris le rythme», avoue-t-elle en riant.

Elle confie être un peu jalouse des jeunes qui profitent aujourd’hui du programme sport-études en ski acrobatique, qui n’existait pas à ses débuts. «J’aurais vraiment tripé. Imagine : ils vont à l’école le matin et ensuite, ils skient tout l’après-midi!» poursuit celle qui dit s’inspirer d’un peu tous ses entraîneurs du passé.

«Quand je suis devenue coach, je voulais que ce soit un départ à zéro. Oui, j’utilise mon expérience d’athlète, mais je me suis toujours dit que j’étais ici pour apprendre et prendre de l’expérience. Maintenant, je veux être une entraîneuse que mes athlètes auront vraiment aimée et dont ils se souviendront. J’ai eu beaucoup d’entraîneurs dans ma vie et j’essaie de réunir les pièces du puzzle en sachant ce qui a marché et ce qui n’a pas marché», termine-t-elle.