Pierre Rioux, directeur général-hockey du Drakkar de Baie-Comeau
Pierre Rioux, directeur général-hockey du Drakkar de Baie-Comeau

Comme un retour au camp d’entraînement dans la LHJMQ  

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
En congé forcé jusqu’au 28 octobre, les équipes québécoises de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) font contre mauvaise fortune, bon coeur. Alors que la saison venait à peine de débuter, elles ont droit à ce qui ressemble à un retour au camp d’entraînement alors que le circuit Courteau a décidé de suspendre tous ses matchs dans la Belle Province pour les deux prochaines semaines.

«Je le prends comme une continuité du camp d’entraînement», évoque Pierre Rioux, directeur général-hockey du Drakkar de Baie-Comeau. «Pour nous, c’est «business as usual»: les joueurs arrivent à 8h le matin, on prend leur température et ensuite il y a l’entraînement sur glace et l’entraînement hors glace. Ils dînent, et puis c’est l’école à distance de 13h à 16h. Tout se passe au Centre Henry-Leonard.»

«La seule différence, c’est qu’il n’y a pas de matchs la fin de semaine, mais plutôt une journée d’entraînement et une journée de récupération», poursuit Rioux.

Patrick Roy, entraîneur-chef et directeur général des Remparts de Québec, abonde dans le même sens. «Les joueurs, on leur a vendu que c’était quelque chose hors de leur contrôle et qu’il fallait plutôt travailler sur ce qu’on contrôlait. On met beaucoup d’emphase sur le développement des joueurs dans des pratiques sans contact», explique-t-il.

«L’accent est beaucoup mis sur les habiletés individuelles et j’avoue que c’est un aspect sur lequel je n’ai pas souvent mis l’accent. Je trouve ça excitant, ça permet de développer des choses auxquelles on n’avait pas beaucoup touché ces dernières années», poursuit Roy.

Les joueurs des Remparts participent à des entraînements séparés en deux parties. «On a d’abord des ateliers sur des éléments comme le tir, le positionnement de rondelle pour les attaquants, ensuite on fait des exercices pratiques qui rejoignent ce qu’on a travaillé.»

À quand la reprise?

Personne ne sait vraiment quand les activités de la LHJMQ pourront reprendre normalement, mais on sent tout de même que Roy a hâte de renvoyer ses guerriers sur la glace en situation de match. «Je vais attendre le 28 avant de me prononcer, là on verra ce qui arrivera. Cependant, j’ai confiance que la Covid va finir par nous lâcher et qu’on pourra reprendre notre envol», indique le Diable rouge en chef, qui a également eu une pensée pour les équipes qui ne sont pas situées en zone rouge.

«Je ne suis pas surpris que la saison ait été suspendue dans les régions qui sont dans les zones rouges, mais je trouve ça dommage pour les équipes en zone jaune et orange. Moi, ça ne m’aurait pas dérangé, par exemple, que l’Océanic de Rimouski joue ses matchs contre les Saguenéens de Chicoutimi. Pour le reste, c’était la chose à faire. Pour nous, ce ne sont que six parties. On regarde l’horaire de novembre et décembre et on ne joue que deux matchs par semaine. Ce sera facile de reprendre les matchs reportés en jouant le mercredi en raison de la proximité de nos adversaires.»

De son côté, Pierre Rioux ne prenait pas la décision de la ligue trop mal même si son équipe fait partie de celles qui pouvaient encore jouer des matchs parce qu’elle est située en zone jaune. «Je crois que c’est une décision responsable de la part de la ligue. Il y a quand même une question de santé dans tout ça. On reprendra l’action quand le Québec dérougira!»

«Nous avions dit à nos joueurs que nous allions vivre une saison assez spéciale, mais c’est en même temps la chance de mettre en place une structure où le développement personnel prend beaucoup de place. Dans l’ensemble, les joueurs le prennent bien, ils sont responsables face à la situation, les consignes sont respectées, ça on le voit. Ce sont des jeunes de 16 à 20 ans qui sont habitués d’avoir beaucoup plus d’activités, mais on sent aussi beaucoup d’entraide dans l’équipe», termine le DG du Drakkar.