Sérieux sur la patinoire ou lorsqu’il plonge le nez dans ses livres d’école, Colten Ellis aime bien rire lorsqu’il enlève ses jambières ou ferme ses bouquins.

Colten Ellis: le rieur masqué

RIMOUSKI — «J’adore rire», lance Colten Ellis en esquissant un sourire convaincant. D’un calme olympien et d’une nature plutôt discrète sur la patinoire et dans la chambre des joueurs, il dissimule pourtant bien son côté hilare. Même son entraîneur est surpris d’apprendre ce trait de caractère chez son gardien no 1.

«C’est un gars très tranquille dans le vestiaire», perçoit plutôt Serge Beausoleil. «Il est dans son coin, très sérieux. Ça reste un gars calme, discret et effacé. Il est posé dans tout ce qu’il fait.»

Le pilote des Bleus concède toutefois qu’il arrive à Ellis de «rire des niaiseries des autres, qu’il aime rigoler en temps opportun et qu’il est moqueur». Ses coéquipiers ne manquent d’ailleurs pas eux aussi de le taquiner. Mais Beausoleil n’aurait pas cru que le gaillard de 6’1” et 183 livres puisse se bidonner en écoutant des comédies!

«Je l’apprends», laisse tomber Beausoleil d’une mine à la fois étonnée et ravie. Lors de l’entrevue en anglais avec Le Soleil, les éclats de rire ont d’ailleurs été naturellement fréquents de la part du rouquin.

Quand le Néo-Écossais d’origine ne joue pas au hockey ou qu’il ne se consacre pas à ses études, il aime aller au cinéma. «L’été, tous les lundis, je vais m’entraîner à Sydney», raconte-t-il. «En même temps, avec ma famille, on va au cinéma. Mon frère et moi, on regarde aussi des émissions de télé, la plupart du temps des comédies. Je vais parfois voir des films d’action, mais je n’aime jamais autant ça que des comédies! J’ai un grand sens de l’humour!»

Outre le cinéma, il aime aussi jouer à différents sports avec ses amis, pour le plaisir. Il conserve d’ailleurs d’excellents souvenirs de ceux qu’il a pratiqués à l’école lorsqu’il était plus jeune, que ce soit du basketball, du volleyball ou du soccer.

Le nez dans les livres

Lorsque le gardien n’est pas sur la glace, il a le nez dans ses livres. On le décrit comme un étudiant sérieux et ambitieux. D’ailleurs, il a été nommé le joueur étudiant du mois de novembre au sein de sa formation.

«Ça exprime pas mal qui il est», décrit son entraîneur. «C’est un joueur dédié, qui a de très bonnes aptitudes de travail, autant sur la glace qu’à l’extérieur. Dans ses études, il est appliqué et sérieux dans ce qu’il fait. Il est très cérébral.»

L’étudiant termine sa 12e année au Trimble High School, dont les cours sont offerts en ligne au Cégep de Rimouski. Son programme comporte des cours d’arts, de technologies de l’information et d’anglais. Par la suite, il compte s’inscrire à l’université en kinésiologie, pour éventuellement pratiquer sa profession auprès des sportifs, idéalement les hockeyeurs.

À sa deuxième année à Rimouski, a-t-il l’intention d’apprendre le français? «Mon français était bon quand je suis arrivé l’an dernier», raconte-t-il. 

«Mais maintenant, j’en ai perdu. J’espère que l’an prochain, je serai meilleur. Il faudrait que je pratique avec mes coéquipiers francophones, mais ils me parlent en anglais. Quand je prête attention, je comprends quelques mots en français.»

Parfois, il se risque à dire quelques phrases dans la langue de Molière : «Merci», «Allô», «Comment ça va?», S’il-vous-plaît», «Bonne journée»... «Je suis vraiment bon pour commander au Tim Hortons», ajoute-t-il avec son air pince-sans-rire.

Sa logeuse de Rimouski tente de lui inculquer des notions de français. «Marie Soucy est incroyable pour moi», mentionne-t-il avec beaucoup de reconnaissance. «Elle essaie de m’apprendre le français. Elle fait plein de petites choses pour moi. Elle veut toujours être sûre que tout va bien. Elle est toujours là pour répondre à mes besoins. Elle est vraiment extraordinaire!» Originaire d’Edmundston (N.-B), la dame héberge également son coéquipier Carson MacKinnon.

Il adore Rimouski

Ellis adore Rimouski. «Les fans sont spectaculaires. C’est vraiment plaisant. Tous les gens et les fans sont vraiment aimables. Ça rend mon séjour intéressant. C’est une grosse ville de hockey!»

D’ailleurs, s’il compare son village natal de Whycocomagh à Rimouski, il considère celle-ci comme une grosse ville. Il faut dire que sa municipalité, dont le nom signifie «tête des eaux» en micmac, ne compte que quelque 800 âmes!

Né le 5 octobre 2000, il est l’aîné d’une famille de trois enfants. Il a un frère et une sœur : Matthew, 16 ans et Haylee, 11 ans. Son père, Brian Ellis, est entrepreneur de machinerie lourde et sa mère, Jo-Ann Campbell, est réceptionniste pour une clinique vétérinaire.

Ellis raconte les premières années de sa vie avec ravissement. «J’ai eu une enfance amusante», relate-t-il avec une étincelle dans les yeux. «J’étais très actif. J’ai essayé différents sports. J’ai fait des voyages scolaires très intéressants. La communauté à laquelle on appartenait était très gentille. 

J’ai plusieurs amis avec qui j’ai grandi et dont je suis resté proche.»

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LE HOCKEY DANS L'ADN FAMILIAL 

RIMOUSKI — Le hockey fait partie de l’ADN de la famille de Colten Ellis. «Quand j’étais petit, je regardais le hockey et ça captait toute mon attention», raconte le gardien de l’Océanic. «Mes parents adorent le hockey. Mon père et ma mère jouaient au hockey avec des amis. C’est véritablement une passion familiale. On regardait le hockey ensemble. Quand j’avais deux ou trois ans, ma mère prenait des photos de moi avec un bâton de hockey dans les mains.»

Son frère cadet, Matthew, joue aussi au hockey et il a été sélectionné par l’Océanic au 7e rang (110e au total) en 2018. Il évolue comme ailier gauche au sein des West Islanders du Cap-Breton, là même où son grand frère a terminé sa carrière midget AAA. Une blessure au genou l’a empêché de faire le camp d’entraînement de l’Océanic à la fin de l’été.

Colten parle aussi fièrement de son cousin, l’attaquant Chase Ellis, premier choix des Voltigeurs de Drummondville (50e au total) au dernier repêchage. Le gardien de but se remémore d’ailleurs avec plaisir les moments où il a joué au hockey avec son frère et son cousin.

Ellis a appris à patiner à l’âge de 4 ans. À 5 ans, il a fait ses débuts au hockey. Ce n’est que vers l’âge de 10 ou 11 ans qu’il a décidé de porter le masque, les jambières, la mitaine et le bouclier. Dès l’âge de 13 ans, le rêve de jouer un jour pour la LNH est apparu et ne l’a jamais plus quitté.

En 2016, il a amorcé sa carrière dans la LHJMQ après avoir été repêché en quatrième ronde par les Screaming Eagles du Cap-Breton, l’équipe dont il rêvait depuis son enfance. L’aventure aura été de courte durée : trois matchs seulement. Avec le recul, cela aura été pour le mieux, croit-il.

Il est alors retourné dans le midget AAA, où il est devenu le premier gardien de l’histoire à mener une équipe des Maritimes à la conquête de la Coupe Telus, l’emblème national du hockey midget. C’est à ce moment que l’Océanic l’a remarqué. Il faut tout de même dire qu’il avait présenté la meilleure moyenne de buts alloués par match (2,05) et le meilleur pourcentage d’arrêts (,920). En juin 2017, la transaction était conclue.

«Apprécié de tout le monde»

À sa première année chez les Bleus, Ellis a écrit une page du livre des records du circuit Courteau. À 17 ans seulement, il a réussi une saison de six blanchissages, un sommet dans l’histoire de la Ligue.

Nommé gardien de la deuxième équipe d’étoiles du circuit, il est aussi élu gardien de l’équipe d’étoiles des recrues lors du gala des Rondelles d’or. À sa deuxième saison, le cerbère de 18 ans continue à offrir une performance exceptionnelle.

«Pour chaque match, il se prépare de la même façon, avec beaucoup de professionnalisme», souligne son entraîneur-chef Serge Beausoleil. «C’est un gars formidable, qui est apprécié de tout le monde. C’est ça qui m’a vraiment épaté de lui, dès le départ l’an passé. Puis, il poursuit sur cette lancée. Bon an mal an, il maintient bien le cap.»

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COLTEN ELLIS EN 6 QUESTIONS

  • Ton rêve?
    «Jouer dans la LNH.»
  • Tes deux équipes favorites?
    «Les Maple Leafs de Toronto et les Oilers d’Edmonton».
  • Ton idole?
    «Mon père, Brian Ellis.»
  • Ton modèle au hockey?
    «Marc-André Fleury, des Golden Knights de Las Vegas.»
  • Ton moment de gloire?
    «Quand mon équipe a gagné la Coupe Telus dans la Nova Scotia Major Midget Hockey League.».
  • Une amoureuse?
    «Oui! Elle s’appelle Hannah MacDonald. Originaire de l’Alberta, elle étudie à Antigonish, en Nouvelle-Écosse.»