De prime abord attiré par le baseball, le destin de Radamel Falcao a basculé lorsque sa famille a décidé de quitter le Venezuela pour rentrer en Colombie, pays où le soccer promettait un meilleur avenir.

Colombie : Falcao a bien failli choisir le baseball

BOGOTA — Il aurait pu faire carrière dans le baseball, mais le sport le plus populaire du monde a gagné le cœur du Colombien. Aujourd’hui, Radamel Falcao réalise un rêve : jouer au Mondial de foot.

Buteur historique de l’équipe de Colombie et un des attaquants les mieux payés de la planète, le joueur de l’AS Monaco compte prendre sa revanche après la dramatique blessure au genou qui l’avait privé du Mondial-2014 au Brésil alors qu’il était à l’apogée de sa carrière.

Il avait quatre ans quand sa famille, les Garcia Zarate, partent s’installer au Venezuela, suivant l’étoile footballistique du père, Radamel Garcia, recruté par le Deportivo Tachira. Avec le sport dans les gènes, le «Tigre de Santa Marta» — surnom lui venant de la ville caribéenne qui l’a vu naître il y a 32 ans — passait son temps entre bâtons et gants de baseball.

Il s’entraînait au baseball les samedis et dimanches matin, passant les après-midi à taper dans un ballon. À ses débuts à l’Union Athlétique de Tachira, son premier club, il marque quatre buts, raconte sa mère Juana Zarate.

«L’influence du baseball au Venezuela était très forte. Les copains à l’école de football portaient des gants et s’échauffaient en se lançant des balles», ajoute-t-elle.

Le cœur de Falcao se partageait entre les buts du Néerlandais Marco van Basten, le championnat mondial de baseball de 1994 et les exploits des joueurs vénézuéliens évoluant dans le baseball majeur en Amérique du nord.

La carrière de son père mène la famille à Merida, ville de l’ouest vénézuélien. À sept ans, Falcao est convoqué pour une pré-sélection au niveau de l’État du même nom. «Il s’en est sorti très, très bien», se souvient sa mère.

Avec le succès, les amis de Radamel père ont commencé à le taquiner sur son rejeton. «Ils lui disaient qu’il allait changer de sport, mais lui répondait que Falcao se consacrait au football», ajoute-t-elle.

Déménagement

Dans les années 90, la faiblesse du foot vénézuélien était connue dans toute la région et ne promettait pas un avenir brillant. «Mon père a décidé que nous devions rentrer en Colombie et que je devais me concentrer uniquement sur le football», raconte le «Tigre».

Ainsi, les Garcia Zarate ont atterri à Bogota en 1996, puis le nom de Radamel Falcao Garcia commence à se faire entendre dans les stades de la capitale colombienne.

À dix ans, il se fait remarquer au sein de La Gaitana, une équipe de Bogota. De là, il passe à Fair Play, une école d’inspiration évangélique dirigée par l’Argentin Silvano Espindola.

Contre l’avis de sa mère, en août 1999, âgé d’un peu plus de 13 ans, il débute comme professionnel au Lanceros de Boyaca, équipe de deuxième division colombienne. Quelques mois plus tard, il part en Argentine pour passer des tests avec le mythique River Plate.

Là-bas, il devient une idole. Puis il traverse l’océan pour triompher à Porto dans le Championnat portugais et ensuite à l’Atlético Madrid.

Blessé à quelques mois du Mondial-2014, après avoir signé à Monaco, il effectue sa convalescence aux États-Unis où il retrouve le baseball et renaît de ses cendres pour diriger une sélection colombienne avide de victoires.

D’ailleurs, les Colombiens, surpris 2-1 par le Japon d’entrée jeu,  auront grandement besoin d’une victoire, dimanche (14h), contre la Pologne, un duel qui des allures de match sans lendemain, les Polonais ayant également perdu leur premier match, contre le Sénégal.