L’ouverture des terrains de golf à travers le Québec, mercredi, coïncidait avec la date du tout premier élan effectué club Lorette, il y a 100 ans.
L’ouverture des terrains de golf à travers le Québec, mercredi, coïncidait avec la date du tout premier élan effectué club Lorette, il y a 100 ans.

Club de golf Lorette: retour sur les verts en plein centenaire 

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
À 7h03, Anne-Léa Lavoie a frappé un long coup de départ de 200 verges en plein centre de l’allée pour lancer ce qui s’avérait être bien plus qu’un début de saison de golf au Club Lorette. L’adolescente de 15 ans marquait aussi l’histoire, puisqu’elle propulsait en même temps le club longeant la rue Monseigneur-Cooke dans son deuxième centenaire!

L’ouverture des terrains de golf à travers le Québec, mercredi, coïncidait avec la date du tout premier élan effectué club Lorette, il y a 100 ans. Le 20 mai 1920, une vingtaine de golfeurs se réunissaient pour fonder le club qui compte, 100 ans plus tard, 375 membres. Environ 250 joueurs devaient défiler sur le terrain, pour cette première journée. Même la température était au rendez-vous, tout comme le député fédéral du coin, Gérard Deltell.

«La première ronde de la saison était plus spéciale, cette année, en raison de la situation de la COVID-19. Nous étions excitées de jouer. Je fais des tournois, mais je n’étais pas préparée à ça», disait la joueuse de catégorie junior à la sortie du 18e vert à propos de son coup historique.

Sur le tertre de départ du premier trou, le professionnel Jean Mercure accueillait chaque groupe, histoire de souligner ce début de saison particulier et de rappeler les nouvelles consignes de distanciation à respecter. En résumé, il rappelait à chacun que des yeux les observaient, qu’ils soient d’employés du club, de joueurs, de voisins, d’automobilistes ou de cyclistes, etc.

«Il faut penser à ne pas faire certaines choses habituelles, comme se frapper dans la main après un bon coup ou donner une balle à l’autre joueur, mais pour le reste, c’est comme avant. L’accueil au club est bien organisé, le mécanisme pour sortir la balle du trou fonctionne très bien. Aujourd’hui, tout était beau», notait Lucie Lachance, sa partenaire de jeu.

Par le passé, celle-ci avait l’habitude de jouer à la bonne heure, en matinée. Pour mercredi, elle voulait être dans le groupe de tête afin de se libérer assez tôt pour le travail. Elle a été jumelée à Anne-Léa par hasard, mais les deux se connaissaient déjà bien.

«Nous avons été surprises de voir autant d’intérêt pour notre départ. Le fait que ce soit deux femmes qui lancent la saison qui soulignent le 100anniversaire démontre bien l’évolution du club, qui a toujours fait preuve d’ouverture», ajoutait celle qui avait prévu disputer seulement neuf trous.

«Mais Anne-Léa m’a transportée par la qualité de son jeu. On a sûrement bien fait, car le groupe qui nous suit a pris du retard sur nous», ajoutait-elle à la blague, sachant que son conjoint et son beau-frère jouaient tout juste derrière.

«Place aux dames et à la jeunesse! L’image est très forte, car je me doute bien qu’en 1920, ce n’est pas une femme qui a frappé la première balle», illustrait Robert Desbiens, le président du conseil d’administration.


« Il faut penser à ne pas faire certaines choses habituelles, comme se frapper dans la main après un bon coup ou donner une balle à l’autre joueur, mais pour le reste, c’est comme avant. L’accueil au club est bien organisé, le mécanisme pour sortir la balle du trou fonctionne très bien. Aujourd’hui, tout était beau »
Lucie Lachance, golfeuse

En temps normal, le club Lorette aurait probablement ouvert la semaine dernière. Le petit délai causé par la pandémie a permis au surintendant, aux employés et aux bénévoles de bien préparer et de nettoyer le terrain. On s’attend à des journées encore achalandées jusqu’à la fin du week-end. «Il y a des gens qui se cherchent des choses à faire, ils ont fini de préparer leur propre terrain, alors l’ouverture de la saison de golf tombe au bon moment», précisait Jean-Mercure.

À l’origine, le club Lorette était situé près de la rivière, à Château-d’Eau. En 1927, il est déménagé sur le site actuel, et en 1964, on y ajoutait un deuxième parcours de neuf trous. Il y a 100 ans, le droit d’entrée pour devenir membre était de 5 $.

«Pour cette première journée de la saison, j’ai noté qu’il y avait beaucoup de bonheur, de camaraderie et de joie dans l’air, c’est l’esprit qu’on recherche, au golf», indiquait M. Desbiens.

Cette semaine, la direction a annulé toutes les activités en lien avec le 100e anniversaire. On soulignera plutôt le centenaire en 2021. Le championnat canadien junior, qui devait avoir lieu à Loretteville, a aussi été victime de la pandémie.

«Ce n’est que partie remise. Si jamais les règles de distanciation s’adoucissaient au cours de l’été, peut-être qu’on pourrait tenir une couple d’événements avec des groupes restreints, mais l’important, c’est de pouvoir jouer et de permettre à nos membres et invités de jour d’avoir le plus de satisfaction possible»», notait celui qui vise un équilibre budgétaire malgré la perte d’une dizaine de tournois corporatifs.

AUTRES CLUBS

Plus d’une quarantaine de clubs de golf ont ouvert mercredi dans la région.

Le club Lorette n’était pas le seul à ouvrir, mercredi. Plus d’une quarantaine en ont fait autant. Au club Royal Cherbourg, par exemple, la réponse était aussi très bonne.

«Pour les trois premiers jours [mercredi, jeudi et vendredi], on n’a pratiquement plus de départs disponibles. On parle de plus de 200 golfeurs par jour. Ça fait huit ans que je suis ici, et je n’ai jamais vu ça pour un début de saison», notait Kevin Montplaisir, directeur des opérations au club Royal Charbourg, à Lac-Saint-Charles.

Selon lui, les golfeurs respecteront les nouvelles consignes à la lettre. «Il y a déjà une étiquette au golf, on ne fait qu’ajouter quelques règles. J’ai confiance qu’elles seront bien suivies. De toute manière, ils n’auront pas le choix, parce que s’ils ne le font pas, les autorités peuvent fermer les terrains en tout temps, et personne ne souhaite ça», ajoutait-il.

Quelques clubs ont attendu au-delà du 20 mai pour ouvrir. Mais la saison ne saurait tarder, notamment, au club Trois-Saumons de Saint-Jean-Port-Joli (jeudi), au Royal Québec (vendredi), au Grand Vallon du Mont-Sainte-Anne (vendredi) et à Cap-Rouge (mercredi prochain).

Bonne saison de golf!